
Dapaong, 20 oct. (ATOP) – Un atelier bilatéral sur la traçabilité du bétail commercialisé entre les régions frontalières du Burkina Faso et du Togo s’est tenu les 20 et 21 octobre à Dapaong.
La rencontre est organisée par l’ONG (GEVAPAF) en collaboration avec le Réseau de communication sur le pastoralisme (RECOPA) et le Réseau Billital Maroobé (RBM). Elle a bénéficié de l’appui financier de l’Union européenne (UE) et des ONG Acting for life (AFL) et Mobilité pastorale transfrontalière apaisée et stabilité sociale au Sahel (MOPSS). Cette activité vise à renforcer la sécurisation du commerce transfrontalier du bétail à travers la mise en place d’un mécanisme concerté de traçabilité des transactions, de vérification des documents et de traitement des alertes relatives aux animaux suspects.
Les participants ont planché sur l’expérience du dispositif de traçabilité mis en place au marché à bétail de Cinkassé ainsi que sur les pratiques en vigueur dans les marchés burkinabè concernés. Ils ont identifié les insuffisances et les ruptures de traçabilité entre l’admission des animaux sur les marchés, leur vente et leur contrôle au passage de la frontière.
Les travaux ont également porté sur la clarification des documents commerciaux, administratifs et sanitaires utilisés dans les deux pays, leurs modalités de délivrance et de vérification, ainsi que sur les rôles et responsabilités des gestionnaires des marchés, courtiers, organisations professionnelles, services vétérinaires, douanes, administrations territoriales et forces de défense et de sécurité.
A l’issue des travaux, les participants ont défini une procédure bilatérale de vérification des documents et de traitement des alertes. Ils ont identifié des points focaux dans les deux pays et déterminer les marchés et axes transfrontaliers devant accueillir l’expérimentation du mécanisme pilote. Une feuille de route précisant les actions prioritaires, les responsables, les échéances et les modalités de suivi a été également adoptée.
Le gouverneur de la région des Savanes, Atcha-Dédji Affoh a rappelé l’importance du commerce transfrontalier du bétail entre le Togo et le Burkina Faso, en particulier à travers le marché stratégique de Cinkassé. Il a souligné que face aux défis liés au vol, à la fraude et au blanchiment de bétail, la traçabilité des animaux ne se limite pas à une simple formalité administrative, mais constitue un instrument indispensable pour sécuriser les transactions, protéger les acteurs et consolider la confiance mutuelle.
D’après le directeur exécutif de l’ONG GEVAPAF, Yatombo Tadanlenga, la rencontre a permis d’analyser les causes des dysfonctionnements relatifs aux blocages d’animaux et d’établir une feuille de route claire et partagée pour fluidifier le transport du bétail et prévenir de futurs problèmes.
Le coordinateur du RECOPA, Boubacar Maïga a expliqué que face à la dégradation du contexte sécuritaire et à l’insécurité qui a envahi le milieu des éleveurs, de nombreux doutes et soupçons pèsent sur l’origine des animaux provenant des villages et des campements, d’où la nécessité de cet atelier.
La traçabilité consiste à suivre un animal depuis son campement ou sa naissance jusqu’à sa destination finale. Elle permet d’identifier le marché de vente, le livreur qui y a acheminé l’animal, ainsi que les différents acteurs impliqués dans toute la chaîne de commercialisation.
ATOP/TKA/JK/MG






