
Lomé, 13 mai (ATOP) – Un panel sur « Améliorer les notations de crédit en Afrique : Défis, opportunités et perspectives » a servi de cadre de discussion aux experts économistes et financiers lors du deuxième jour de la conférence de l’UA sur la dette, le mardi 13 mai à Lomé.
Cette thématique a permis aux acteurs intervenants dans le domaine, d’explorer la manière dont l’Afrique peut renforcer son écosystème de notation de crédit, le rôle de la future Agence africaine de notation de crédit, ainsi que l’impact des notations sur la viabilité de la dette et le financement du développement. Les échanges ont essentiellement porté sur le rôle des notations de crédit dans le développement économique de l’Afrique et la viabilité de la dette.
Les défis liés aux biais (détournement de fonds) et à la transparence des méthodologies de notation internationales ; le renforcement des agences nationales et régionales de notation ; le renforcement de la confiance des investisseurs grâce à une meilleure gouvernance et à des processus d’évaluation plus transparents ; les cadres réglementaires et leur rôle pour garantir des évaluations de crédit impartiales et réelles ont été abordés.
Il ressort de l’analyse des intervenants que les notations de crédit jouent un rôle essentiel dans l’accès de l’Afrique aux marchés financiers mondiaux et nationaux. Cependant, les panelistes soulignent que les entreprises et les Etats africains sont souvent confrontés à des défis, notamment des biais perçus, une capacité locale limitée en matière de notation ainsi qu’un manque de transparence dans les méthodologies utilisées par les agences de notation.
Pour Aurélien Mali, vice-président, Senior Credit Officer, Moody’s Sovereign Risk Group, il est nécessaire de répondre aux défis et aux exigences concernant la notation souveraine. L’évaluation de la solvabilité d’un État lors de son recours aux marchés financiers nationaux et internationaux se fait par le biais de la notation souveraine. « Elle a un impact sur le coût des prêts. Il est donc crucial d’améliorer et de préserver de bonnes notes souveraines pour gérer la dette publique et séduire les investisseurs », a-t-il fait savoir.
Mme Ejigayhu Tefera, Economiste senior, Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (APRM), a quant à elle, relevé que la notation de crédit représente une mesure de la capacité d’une entreprise, d’une institution financière ou d’un pays à honorer ses obligations de remboursement. Elle sert d’outil, a-t-elle ajouté, pour les décisions prises par les fournisseurs de capitaux. « Nous croyons qu’une stratégie axée sur le développement est cruciale pour accompagner les gouvernements dans le renforcement de leurs institutions, l’amélioration de leurs systèmes d’information et une collaboration efficace avec les agences de notation pour transformer la perception de la solvabilité en Afrique », a-t-dit.
Le représentant, S&P Global Ratings, M. Benjamin Young a indiqué que dans un environnement marqué par une volatilité croissante des marchés et des contraintes budgétaires, il faut réfléchir à d’éventuelles réformes immédiates du système d’évaluation de crédit en Afrique. « Il y a divers défis qui entravent l’obtention de notations exactes, notamment des problèmes structurels tels qu’un déficit de données, un manque de clarté méthodologique », a-t-il fait observer.
L’assistance a, également, suivi une présentation d’un document technique sur la dette publique dans les pays africains par l’Association des banques centrales africaines (ABCA). La présentation a été animé par le chargé de recherche au secrétariat de l’ABCA, Abdourahimoune Amadou Abdoulazid.
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