
Lomé, 10 mars (ATOP) – Des experts et consultants de quinze pays membres de l’Union Africaine (UA) se forment du 10 au 12 mars à Lomé, sur les instruments internationaux pertinents liés à la conservation de la biodiversité aquatique et à la gestion de l’environnement.
Cet atelier continental est organisé par le Bureau Interafricain des Ressources Animales de l’Union africaine (UA-BIRA) en collaboration avec le gouvernement togolais. Il s’inscrit dans le projet « Conserver la biodiversité aquatique dans l’économie bleue africaine » soutenu par l’Agence suédoise de coopération internationale pour le développement (SIDA).
L’atelier permettra d’outiller les participants pour une meilleure compréhension des instruments juridiques dans le cadre de la conservation de la biodiversité aquatique. Ces instruments sont, entre autres, le Cadre mondial de la biodiversité (FBM) de Kunming-Montréal, la Convention sur la diversité biologique (CDB), l’Accord des Nations Unies sur les stocks de poissons et celui portant sur les mesures du ressort de l’État du port visant à prévenir, contrecarrer et éliminer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée. Il s’agira également d’œuvrer à une harmonisation des législations afin de lutter efficacement contre la pêche illicite et non réglementée.
Au cours des travaux, les participants seront entretenus, entre autres, sur les stratégies de l’économie bleue africaine, les procédures, défis, avantages et instruments relatifs à la pêche et à l’aquaculture. Ils seront instruits sur le rôle des organismes régionaux dans la coordination entre les Etats membres de l’UA en ce qui concerne la ratification. Les experts vont également partager les expériences en matière de transposition dans le droit national et la mise en œuvre du processus.
Le directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture, de la Pêche, des Ressources animales et de la Souveraineté alimentaire, Konlani Dindiogue, a relevé que malgré les multiples efforts des communautés économiques régionales, des partenaires techniques et financiers en matière de sensibilisation, de renforcement des capacités institutionnelles et de promotion des processus transfrontaliers pour la gestion de la biodiversité, les écosystèmes aquatiques africains continuent de faire face à de nombreux défis, notamment le changement climatique, la dégradation des habitats, la pollution et la surpêche qui menacent les ressources dont dépendent des millions de personnes pour leur alimentation et leurs emplois.
La protection de ces écosystèmes, dit-il, notamment à travers d’efforts conjoints pour la gestion des eaux transfrontalières, demeure capitale pour une économie bleue durable en Afrique. M. Konlani a exhorté les participants à des échanges constructifs et à des analyses pertinentes qui permettront d’identifier les meilleurs mécanismes de mise en œuvre des accords internationaux auxquels États sont parties, dans le but de garantir la souveraineté alimentaire et économique des populations.
Le représentant de la directrice du l’UA-BIRA, M. Phillipe Ouédraogo, a fait savoir que par le biais du projet SIDA, I’UA-BIRA a renforcé les capacités des États membres du Comité des pêches du Golfe de Guinée centre-ouest, dont la République du Togo est membre constitutif, en matière de systèmes de suivi, de contrôle et de surveillance afin de lutter efficacement contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, de la dissuader et de l’éliminer. Cette pêche dit-il constitue un problème majeur dans le Golfe de Guinée et continue de menacer la durabilité des stocks de poissons et, par conséquent, les moyens de subsistance des populations de cette grande région. Pour M. Ouédraogo, l’enjeu est d’œuvrer pour une exploitation responsable et durable des ressources disponibles en Afrique tout en conservant la biodiversité.
Pour Mohamed Seisay, consultant à UA-BIRA, ces instruments internationaux sont juridiquement contraignants et une fois ratifiés, les Etats devraient procéder à leur mise en œuvre afin d’éviter toute sanction. Il urge aussi de mieux comprendre ces instruments afin de les ratifier », a-t-il précisé.
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