
Lomé, 04 nov. (ATOP) – Au Togo, la mobilisation des ressources financières locales demeure un défi structurel, alors même qu’elles pourraient contribuer de manière significative à la fourniture de services sociaux de base, à la réduction de la pauvreté et au développement des infrastructures locales, a fait savoir le directeur de cabinet du ministère en charge de l’administration territoriale Bakai Baoubadi, à l’ouverture de l’atelier régional de partage d’expériences et de bonnes pratiques en matière de gestion budgétaire des collectivités territoriales le lundi 3 novembre à Lomé.
Selon, M. Bakai la mobilisation des ressources communales est une condition essentielle au développement local et à l’amélioration des conditions de vie des citoyens. Elle est également essentielle dit-il, pour le financement des projets communaux et la gestion performante des services de base. « L’élaboration et le vote du budget communal constituent une obligation annuelle pour les exécutifs locaux. Son élaboration et exécution répondent à un ensemble de principes fondamentaux (annualité, unité, universalité et équilibre) qui encadrent la gouvernance financière locale. Ces règles, loin d’être purement techniques, garantissent la transparence, la prévisibilité et la responsabilité dans l’utilisation des fonds publics », a-t-il indiqué.
Le directeur de cabinet a insisté sur le fait qu’une mobilisation accrue des ressources nationales permettrait de soutenir les efforts de la sous-région en garantissant les services de santé et une éducation de qualité, réduire l’extrême pauvreté et les inégalités, et développer les infrastructures de base nécessaires à une croissance inclusive.
La mobilisation des recettes, un défi majeur
La mobilisation des recettes locales reste un des défis majeurs pour les collectivités territoriales. La trésorière de la Faîtière des communes du Togo (FCT), Mme Agbaglo Adjo, relève notamment une forte dépendance des communes vis-à-vis des institutions chargées de la gestion de leurs ressources, accentuée par un déficit de collaboration et de communication. À cela s’ajoutent des transferts financiers insuffisants de la part de l’État, une faible maîtrise de la chaîne d’imposition fiscale et des mécanismes de transfert, autant de facteurs qui limitent l’autonomie de gestion des collectivités, précise-t-elle.
Les dépenses de fonctionnement, notamment les achats de biens et services ainsi que les charges salariales, représentent une part importante des budgets communaux, réduisant ainsi les marges consacrées à l’investissement. Les salaires et indemnités du personnel constituent, selon Mme Agbaglo, « un fardeau financier considérable » pour de nombreuses collectivités.
Face à ces contraintes, Mme Agbaglo plaide pour une coopération renforcée entre les collectivités, afin de partager les expériences et les bonnes pratiques en matière de mobilisation des ressources, de gestion financière et de reddition des comptes. « Il est essentiel que les communes se réunissent entre pairs pour échanger sur la manipulation des ressources et améliorer la qualité des actions au bénéfice des populations », a-t-elle affirmé.
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