
Lomé, 29 jan. (ATOP) – Un forum des médias sur les maladies tropicales négligées s’est ouvert, le jeudi 29 janvier à Cotonou, autour du thème : « De la négligence à la mise en lumière : faire avancer l’agenda africain pour l’élimination des MTN ».
Cette rencontre continentale de deux jours, organisée par le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN) entend amplifier les voix africaines, transformer les récits et donner aux médias les moyens de placer les MTN au rang des priorités nationales, afin qu’elles ne soient plus négligées.
Ce forum regroupant près de 70 journalistes issus de 35 pays africains vise à « renforcer le repositionnement des MTN comme une priorité politique, financière et de développement, en donnant aux journalistes africains les moyens de produire une couverture médiatique à forte visibilité, qui mette en valeur les succès, souligne les défis et stimule des actions et investissements concrets », a relevé le président de cette organisation, Youssouf Bamba.

Ce forum en mode hybride s’ouvre à la veille de la célébration de la journée mondiale de lutte contre les MTN. Il a donné l’occasion à Mme Françoise Sybille Assavedo, directrice adjointe du cabinet du ministre de la Santé du Bénin, d’interpeller l’Afrique à travers les différents acteurs sur la capacité de s’affirmer, de définir des priorités et de mobiliser des ressources internes. « La dépendance aux ressources extérieures n’est ni suffisante, ni soutenable, nous devons renforcer les financements domestiques, diversifier les sources et bâtir des partenariats innovants et responsables », a déclaré Mme Assavedo.
Les maladies tropicales négligées regroupent plus de 20 maladies transmissibles qui touchent de manière disproportionnée les populations les plus vulnérables. Parmi elles figurent la filariose lymphatique, l’onchocercose (cécité des rivières), la schistosomiase, les géohelminthiases et le trachome.
Les différentes interventions ont relevé qu’aujourd’hui, plus d’un milliard de personnes sont exposées au risque d’au moins une MTN, dont plus de 40 % en Afrique. Ces maladies touchent surtout les communautés pauvres et isolées, renforçant le cercle vicieux de la pauvreté et de la marginalisation. En 2025, 56 pays ont réussi à éliminer au moins une MTN et en 2023, plus 860 millions de personnes ont bénéficié d’un traitement préventif dont la chimiothérapie. Ces succès prouvent que l’élimination est possible grâce à une action collective et soutenue, a affirmé Mme Assavedo.
Trois panels sont inscrits au programme pour permettre aux professionnels des médias de mieux cerner la problématique de ce forum qui bénéficie du soutien de Speak Up Africa et d’autres partenaires. Il s’agit de : « État des MTN en Afrique : données, progrès, défis et opportunités » ; « Équité, innovation et sport au service des communautés pour l’élimination des MTN » ; « Rôle des médias africains dans le plaidoyer sanitaire et la mobilisation des ressources ». Au-delà des panels et d’un atelier consacré à l’élaboration d’un projet de plan d’action média, l’agenda des travaux sera centré sur une visite de terrain au Centre de dépistage et de traitement de la lèpre et de l’ulcère de Buruli de Pobè, ville au sud-est du Bénin, dans le département de Plateau. Le clou de ce forum sera la cérémonie des Awards du REMAPSEN « Prix Michel Sidibé », pour récompenser les meilleurs journalistes dans le domaine de la santé et de l’environnement.
Avancées récentes en Afrique
Ces dernières années, l’Afrique s’est affirmée comme leader mondial dans la lutte contre les MTN. Plus de 24 pays ont éliminé au moins une MTN. Le Togo est devenu en 2022, le premier pays au monde à éliminer quatre MTN (maladie du ver de Guinée, filariose lymphatique, maladie du sommeil et trachome). Le Bénin et le Ghana ont chacun éliminé trois MTN au niveau national.
Ces succès sont soutenus grâce au programme de dons de médicaments au monde dont l’industrie pharmaceutique s’est engagée à fournir 28 milliards de traitements entre 2021 et 2030, couvrant 20 types de médicaments produits par 12 fabricants. Ces avancées illustrent non seulement des progrès sanitaires, mais aussi des victoires en matière d’innovation, d’engagement politique et communautaire.
ATOP/AJA/KYA






