
Lomé, 27 mai (ATOP)- La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a renforcé les capacités de son personnel, le mardi 27 mai à Lomé, sur les enjeux de la lutte contre la corruption.
L’atelier organisé en collaboration avec la Haute autorité de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées au Togo (HAPLUCIA) entend contribuer efficacement à la prévention et à la répression des actes de corruption, ainsi qu’à la promotion de la transparence dans la gestion des affaires publiques.
Son intérêt est de renforcer les liens entre les deux institutions organisatrices, d’amener les participants a cerné le phénomène de corruption, ses causes et ses manifestations. Il est question aussi d’évaluer l’impact de la corruption sur la jouissance des droits humains et d’encourager la mise en place d’une cellule pro-lutte contre la corruption au sein de la CNDH.
Au cours de cette réunion d’échange, il a été présenté la HAPLUCIA au personnel de la CNDH ; son mandat, ses missions et ses réalisations. Les participants ont étudié la corruption sur toutes ses formes ; passé en revue la répression des actes de corruption et son impact sur la jouissance des droits de l’homme.
A l’ouverture des travaux, le président de la CNDH, Me Kwao Ohini Sanvee a défini la corruption comme un comportement pénalement incriminé par lequel sont sollicités, agréés ou reçus des dons, promesses ou présents, à des fins d’accomplissement, d’abstention d’un acte, d’obtention de faveurs, ou d’avantages particuliers. Il a montré la différence entre la corruption passive et active selon le nouveau code pénal. Selon lui, la corruption revêt plusieurs formes à savoir : les détournements de fonds, l’usage abusif des biens publics, l’enrichissement illicite, les rackets, les pots-de-vin, etc. Ce faisant, poursuit-il, la corruption est une entrave au financement des projets et programmes tout en induisant des coûts supplémentaires. « Elle décourage les investissements privés, nationaux et internationaux. Au-delà de cet impact direct, la corruption est entièrement destructive et constitue un frein au développement durable des pays », a indiqué le président. La corruption fragilise les économies déjà éprouvées et exacerbe la pauvreté, entraînant une recrudescence de la criminalité, de la violence, des risques de conflits et d’autres formes d’instabilité, a-t-il dit.
Me Kwao Ohini Sanvee a fait un lien entre le droit de l’homme et la lutte contre la corruption. Pour lui, le non-respect des procédures légales peut induire à la perte de revenu et ne facilite pas la réalisation des droits dont les droits économiques et socio-culturels. « La CNDH forme ses membres pour qu’ils pussent accomplissent mieux leur mission de défenseur de droit de l’homme et surtout, qu’ils portent l’information à nos partenaires avec qui nous travaillons. Là, nous aurons contribué à la lutte contre la corruption », a-t-il relevé.
Le président de HAPLUCIA, Aba Kimelabalou a affirmé avoir trouvé indispensable cette séance de renforcement de capacité, car, plus qu’une infraction, la corruption est une cause d’injustice systémique, un obstacle silencieux, mais puissant à l’effectivité des droits humains. « Quand un citoyen est contraint de verser un pot-de-vin par exemple pour avoir accès à des soins, à l’éducation, à la justice ou à un emploi, c’est non seulement une atteinte à sa dignité, mais aussi une violation directe de ses droits fondamentaux », a expliqué M. Aba.
Selon lui, la lutte contre la corruption et la protection des droits de l’homme ne doivent pas être conduites de manière isolée. Il faut donc prendre en compte, d’après lui, l’approche droits de l’homme dans la lutte contre la corruption et vice-versa puis s’inscrire dans une même logique de transformation de la gouvernance.
ATOP/MG/AR






