
Lomé, 9 juin (ATOP) – A l’occasion de sa tournée de supervision du démarrage des épreuves du BEPC 2026 dans certains centres d’examen du Grand Lomé, le mardi 9 juin, le ministre de l’Education nationale, Mama Omorou, a réaffirmé la volonté du gouvernement de promouvoir davantage l’enseignement scientifique afin de mieux répondre aux besoins de développement du pays.
Le ministre Omorou a expliqué que l’introduction progressive des sciences dès les premières années de la scolarité vise à offrir davantage d’opportunités aux apprenants sans les orienter précocement vers une filière déterminée. « Quand les enfants démarrent l’école, il faut leur donner toutes les chances de choisir. Il ne faut pas les orienter tout de suite dans une branche. C’est pourquoi nous voulons introduire les notions de sciences dès le préscolaire, puis au primaire », a-t-il indiqué.
Le ministre a précisé que l’ouverture prochaine des collèges scientifiques ne remet pas en cause la liberté de choix des élèves après le BEPC. Selon lui, ces établissements permettront plutôt de renforcer les compétences de base des apprenants avant leur orientation vers les différents parcours du secondaire. « Après le BEPC, l’élève reste libre de poursuivre dans un lycée scientifique, un lycée littéraire ou même dans l’enseignement technique et la formation professionnelle », a-t-il souligné.
Mama Omorou a rappelé que le regroupement de l’enseignement général, de l’enseignement technique et de la formation professionnelle au sein d’un même département ministériel répond à la volonté de créer un véritable vivier de compétences dès le premier cycle du secondaire. L’objectif est d’assurer un meilleur suivi des apprenants et de leur fournir des bases solides aussi bien en sciences qu’en littérature. Dans cette dynamique, il a annoncé l’ouverture, dès la prochaine rentrée scolaire, de classes de seconde littéraire d’excellence dans chacun des futurs lycées scientifiques du pays. « Nous aurons 39 secondes littéraires d’excellence à travers le pays. Cela figure dans la feuille de route du gouvernement », a-t-il précisé.
Le ministre a également justifié cette réforme par les déséquilibres observés dans les effectifs scolaires. Selon les statistiques présentées, les filières littéraires regroupent actuellement 55% des apprenants contre 45 % pour les filières scientifiques. Au sein de ces dernières, la série C représente moins de 1 % des candidats au baccalauréat. Il a aussi relevé la faible place occupée par l’enseignement technique, qui accueille moins de 7 % des effectifs scolaires, tandis que l’enseignement général concentre plus de 93 % des apprenants.
Dans les filières techniques, les spécialités tertiaires demeurent largement majoritaires au détriment des filières industrielles. Pour le ministre, ces déséquilibres constituent un défi majeur pour l’ambition de transformation économique du pays. « Si nous voulons industrialiser notre pays, il nous faut davantage d’ingénieurs, de mathématiciens, de physiciens et de techniciens qualifiés », a-t-il affirmé.
M. Omorou a insisté sur le fait que la promotion des sciences ne vise pas à marginaliser les filières littéraires, mais à rétablir un équilibre nécessaire pour répondre aux besoins futurs du développement national. Il a estimé que cette orientation contribuera à former des citoyens complets, capables d’accompagner la transformation du capital humain et la modernisation de l’économie togolaise.
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