
Lomé, 13 mars (ATOP) – Le ministre de la Sécurité, Col Calixte Madjoulba a indiqué, le vendredi 13 mars à Lomé lors d’un point d’information, que les situations examinées par la commission spéciale d’enquête sur les cas d’enlèvements ne relèvent pas d’actes criminels organisés.
Le point d’information fait suite à la communication sur les premiers résultats de cette commission présentée en Conseil des ministres le mercredi dernier. Il a été co-animé par le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits humains, Me Pacôme Adjourouvi, le ministre en charge de l’Administration territoriale, Col Hadabalo Awaté et celui de la Communication, Mme Yawa Kouigan. Son objectif est d’éclairer le public à travers les journalistes sur les premiers résultats de cette enquête.

Dans sa déclaration liminaire, le ministre Madjoulba a fait savoir que les travaux de cette commission (1er décembre au 28 février) révèlent que, sur 102 cas signalés dont un seul enlèvement présumé, 86 personnes ont été retrouvées (63 mineurs et 23 majeurs). Il a ajouté que seize personnes (14 majeurs et 2 mineurs) demeurent l’objet de recherches actives et d’investigations approfondies. Le ministre a souligné qu’une forte concentration des signalements (88) se retrouve dans le district autonome du Grand Lomé, zone urbaine la plus peuplée.
Le ministre a précisé que les enquêtes montrent que la majorité des disparitions sont liées à des conflits familiaux, des départs volontaires, à une insuffisance d’encadrement parental, à des situations de négligence ou de vulnérabilité. « A ce stade des investigations, aucun élément ne permet d’établir l’existence d’un réseau d’enlèvement de personnes sur toute l’étendue du territoire national », rassure-t-il.
Des mesures pour renforcer la sécurité
Le ministre de la Sécurité a rappelé que plusieurs mesures ont été prises pour prévenir de nouveaux cas et protéger la population. Il a cité notamment, le renforcement des patrouilles et du contrôle des flux migratoires, la sensibilisation des populations et de la jeunesse aux dangers des promesses de gains faciles et aux procédures de signalement, ainsi que la modernisation du laboratoire de criminalistique numérique pour lutter contre la désinformation.
Le représentant du gouvernement invite la population à privilégier la saisine des services de la police et de la gendarmerie ou à appeler le numéro vert 1014 pour signaler tout cas. Il a réitéré la détermination du gouvernement à assurer la protection des personnes et des biens sur toute l’entendue.
La sécurité, une affaire de tous
Me Adjourouvi a indiqué que l’Etat est mobilisé pour retrouver les personnes encore recherchées et prévenir ces situations. Selon le ministre Awaté, les causes telles que les tensions intrafamiliales, l’intensification des réseaux sociaux et la quête de l’autonomie, « nous interpellent à renforcer notre vigilance et notre responsabilité partagée ». Il a rassuré que le gouvernement compte renforcer la sensibilisation des autorités locales collectivités territoriales, les leaders communautaires et des chefferies traditionnelles.
La ministre Kouigan a convié les professionnels des médias à relayer les informations reçues aux citoyens à travers leurs publications dans le respect des règles régissant leur métier.
La commission spéciale sur les cas d’enlèvements a été mise en place le 24 janvier 2026 par le gouvernement pour enquêter sur des signalements d’enlèvements présumés et de disparitions inquiétantes, touchant notamment des adolescents et des mineurs depuis plusieurs mois. Ces cas, largement relayés et amplifiés sur les réseaux sociaux, ont suscité une vive émotion au sein de l’opinion publique et un climat d’inquiétude dans de nombreuses familles.
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