
Kara, 14 juil. (ATOP)- Depuis la nuit des temps, le peuple kabyè a toujours accordé une importance capitale à l’initiation des tout-petits aux luttes. Très souvent, du temps leur est donné de faire leurs preuves dans les arènes après les empoignades entre leurs aînés. Quels avantages représentent l’entrainement des très jeunes enfants à ce rituel ancestral ? L’encadreur des Evala, Tagba Essohouna apporte un éclairage dans un échange, le lundi 13 juillet avec l’envoyé de l’Agence Togolaise de Presse (ATOP).
S’entraîner depuis l’enfance, la marque des champions
« Chez nous on dit qu’on n’attrape pas le chien le même jour pour le conduire à la chasse », c’est avec cet adage populaire en pays kabyè que l’encadreur a souligné l’intérêt de former les enfants, en bas âge, à la lutte. Il explique qu’il est judicieux de familiariser les très jeunes enfants à cet exercice pour qu’ils puissent être habitués, progressivement, à la pratique jusqu’à l’âge adulte. « C’est pour cela que nous les initions aux entrainements, depuis l’âge de 5 ans, pour qu’ils rivalisent avec leurs égaux », confie-t-il. Ces séances, selon lui, permettent également de corriger leurs erreurs jusqu’à l’âge mature, où ils sont performants pour pouvoir triompher de leurs adversaires dans l’arène.
Les enfants entrainés victorieux
D’après M. Tagba, les enfants habitués aux entrainements remportent, le plus souvent, la victoire lors des confrontations avec leurs camarades parce qu’ils maitrisent déjà des techniques, des ruses, et des habiletés que les autres ne connaissent pas. Il a affirmé que cette suprématie s’observe également à l’âge adulte. « Le jeune initié qui, depuis son enfance, subit des entrainements, a beaucoup plus d’atouts de son côté pour l’emporter sur le terrain de lutte face à son adversaire qui a juste attendu ses 18 ans pour subir les cérémonies, sans la pratique régulière des luttes », martèle-t-il. Raison pour laquelle, dit-il, il n’est pas rare de voir, fréquemment, un Evalou, (singulier de Evala), petit de taille et de forme, terrasser, paradoxalement, quelqu’un de plus grand que lui dans l’arène. D’après lui, cette victoire, étonnante, s’explique logiquement parce que le vainqueur a été très bien entraîné depuis le bas âge.
Autoriser les enfants à s’entraîner
Se fondant sur ces avantages, M. Tagba appelle les parents à autoriser leurs progénitures à participer aux entrainements depuis leur enfance. Il les rassure qu’aucune séance ne se déroule sans la présence de boîtes à pharmacie et d’un encadreur dont le premier souci est de garantir leur sécurité. « Nous disons aux parents que leurs enfants seront dans de bonnes mains parce que dans les lieux d’entraînement, les encadreurs sont toujours là pour veiller sur eux tout en leur dévoilant, au fur et à mesure qu’ils grandissent, les secrets des champions de lutte », a-t-il conclu.
ATOP/MEK/KYA






