Lomé, 10 sept. (ATOP) – La 6e édition du forum continental sur la Justice transitionnelle (JT), sous le thème « Justice transitionnelle et capital social en Afrique » a pris fin, le vendredi 9 septembre à Lomé, après trois jours de travaux.
Organisé par le département des Affaires politiques, Paix et Sécurité de la Commission de l’Union africaine et le Centre d’études sur la violence et la réconciliation (CSVR) en collaboration avec le Haut-commissariat à la réconciliation et au renforcement de l’unité nationale (HCRRUN), ce forum a permis aux participants de faire deux recommandations aux pays membres afin que la justice transitionnelle soit effective en Afrique.
La première demande aux pays qui s’engagent sur la voie de la JT, de mettre en place les instruments adéquats qui soient des plus efficaces pour permettre à cette stratégie de justice transitionnelle de pouvoir prospérer et d’atteindre les objectifs.
La deuxième recommandation est relative à la mise en place des instruments pour la JT. Elle exhorte les pays engagés à mettre les moyens à disposition pour permettre d’aller plus loin dans cette initiative pour atteindre les objectifs.
Le Togo a été félicité pour avoir mis en place sa politique de JT ou de mécanisme de réconciliation. Les autorités ont également mis en place des moyens permettant d’amorcer un des débuts de solution à ce qui est arrivé à un moment de son histoire et c’est ce qui fait la particularité du Togo, un pays salué par tous et dont son exemple devrait servir aux autres pays qui veulent s’engager sur cette voie de la promotion de la justice transitionnelle.
« Nous disons que la JT est quelque chose d’extraordinaire parce qu’elle permet à tous ceux, qui d’une façon ou d’une autre, ont été soit victimes, soit responsables de ce qui est arrivé ou qui à un moment n’ont pas pris leur responsabilité de pouvoir s’asseoir ensemble pour tirer les leçons et voir comment ils peuvent corriger cette situation mais surtout faire en sorte que des situations similaires ne puissent pas revenir », a confié M. Calixte Mbari, directeur, Gouvernance et prévention des conflits au Département des affaires politiques, paix et sécurité de la Commission de l’Union Africaine. Il a mis l’accent sur la garantie de non répétition qui est l’un des piliers de la politique de justice transitionnelle. « Pour accompagner ses Etats membres dans ce sens, l’UA a mis en place sa politique de JT qui a été adoptée par les chefs d’Etat et de gouvernement en février 2019 et qui sert aujourd’hui d’instrument aux Etats dans le travail qu’ils font », a précisé M. Mbari.
Plusieurs sujets débattus
Le forum a débattu de plusieurs sujets, depuis les causes, les fondements aux raisons qui justifient qu’un pays puisse aller vers une justice transitionnelle, à savoir les conflits et les crises. Le forum a évoqué également le rôle des acteurs, des politiques et des instruments qu’il faut mettre en place pour garantir l’efficacité de ces politiques et surtout leur pleine réalisation mais également des mécanismes permettant une prise en compte réelle des victimes. « Il est aussi important d’apporter une correction nécessaire aux causes de ces conflits ou crises afin d’assurer la garantie de non répétition et c’est en cela qu’on dit que la justice transitionnelle joue un rôle de prévention de conflits », a dit le directeur Gouvernance et prévention des conflits de l’UA. D’après lui, une autre voie de prévenir les conflits est d’administrer une bonne gouvernance permettant une certaine inclusivité afin d’éviter les causes qui pourraient conduire à des crises et nécessiter la mise en place de la justice transitionnelle, a poursuivi M. Mbari.
« Nous sortons très satisfaits des discussions, des débats, des présentations, des interventions et nous sommes convaincus que ces participants au 6e forum repartent dans leur pays et organisations respectifs pour continuer ce travail de sensibilisation et d’accompagnement des Etats membres pour la mise en place de leur politique, programme, stratégie de justice transitionnelle pour permettre au peuple africain de vivre dans la paix, la stabilité et la réconciliation », a-t-il conclu.
Le ministre des Droits de l’Homme, de la Formation à la Citoyenneté, des Relations avec les Institutions de la République, porte-parole du gouvernement, Trimua Christian a transmis les chaleureuses félicitations du chef de l’Etat aux participants pour l’excellence des travaux qu’ils ont abattu pendant ces trois jours pour trouver des pistes permettant de consolider le capital humain et social dans une Afrique appelée à construire des sociétés plus paisibles et respectueuses des droits humains malgré les menaces qui se dressent devant les Etats. Il les encouragés à poursuivre, au-delà de ces trois jours, la réflexion qu’ils ont entamée, de continuer à réfléchir et à partager l’expérience de chacun de leurs pays. Le ministre a convié les participants à conserver leur lien indéfectible pour permettre d’avoir des compétences permanentes dans lesquelles chacun des Etats peut puiser les acquis nécessaires lorsqu’il veut s’engager dans un processus de justice transitionnelle.
La présidente de HCRRUN, Awa Nana-Daboya et Mme Annah Moyo du CSVR ont pris part à la cérémonie de clôture.
ATOP/TD/AJA






