Lomé, 24 juin (ATOP)- « L’évaluation de la pauvreté et le genre » a fait l’objet d’une conférence, le vendredi 24 juin, au 2e jour des journées portes ouvertes du groupe de la Banque mondiale au Togo.
Selon le rapport de la Banque mondiale intitulé « investir dans les pauvres et les vulnérables pour une prospérité inclusive : une évaluation de la pauvreté et de la situation du genre au Togo », présenté par Mme Aissatou Ouedraogo, l’incidence de la pauvreté au Togo en 2018/19 était estimée à 45,5% soit 3,6 millions de personnes.
Le rapport indique qu’il y avait en plus, 19% de la population qui était considérée comme susceptible de retomber dans la pauvreté, ce qui signifie que plus de 5 millions de Togolais au total sont pauvres ou vulnérables à la pauvreté.
L’Indice de Pauvreté Multidimensionnelle (IPM) du Togo, estimé à 0,21 était le plus faible de la région de l’UEMOA (pour référence, l’indice est de 0,22 pour la Côte d’lvoire et de 0,32 pour le Bénin). Cependant, les inégalités de revenus, mesurées par le coefficient de Gini (ou indice de Gini est une mesure statistique permettant de rendre compte de la répartition d’une variable), estimé à 38,1 pour le Togo, est parmi le plus élevé de la zone UEMOA, à l’exception du Burkina Faso où l’indice est de 38,6.
La performance économique globale observée entre 2011 et 2018/19 a probablement contribué à la réduction de la pauvreté. Le pays a enregistré une croissance économique relativement plus forte de 2011 à 2018/19 que de 2000 à 2010 (une moyenne annuelle de 3,2% et 1,2%, respectivement). Cette croissance a probablement profité aux pauvres en raison des fortes contributions des secteurs de l’agriculture et des services, qui emploient respectivement 65% et 25% des pauvres. En effet, les calculs effectués par le personnel de la Banque mondiale à partir des taux de croissance passés du Produit Intérieur Brut (PIB) par habitant et des agrégats de bien-être de 2018/19 montrent une diminution de l’incidence de la pauvreté d’environ 7 à 9 points de pourcentage entre 2011 et 2018/19.
Malgré les progrès enregistrés en matière de protection sociale, il existe de fortes disparités régionales. En effet, 2,7 millions des 3,6 millions de pauvres togolais résident dans les zones rurales. L’incidence de la pauvreté est significativement dans les zones rurales (58,7%, contre 34,3% dans les zones urbaines), et la région des Savanes affiche l’indice de pauvreté la plus élevée, suivie de la région de Kara. En plus de faire face à une incidence élevée de pauvreté monétaire, la population rurale présente un indice de pauvreté multidimensionnelle beaucoup plus élevé, estimé à 0,21 en 2018/19 au niveau national (0,31 dans les zones rurales). En conséquence, cette population est sujette à la fois à la pauvreté monétaire et aux privations non monétaires. Par exemple, 32% de la population rurale subit à la fois des privations dans les dimensions monétaire et d’éducation, contre seulement 9% parmi la population urbaine. En ce qui concerne la composition des ménages, les personnes appartenant à des ménages comptant une femme adulte, c’est-à-dire des ménages dont le seul adulte est une femme, affichent une incidence de pauvreté plus élevée que ceux dont le seul adulte est un homme (45,3% et 19,6%, respectivement).
Autres facteurs accentuant la pauvreté
Le rapport précise qu’il existe également d’importantes disparités entre sexes et les groupes d’âges dans l’incidence de la pauvreté. La profondeur de la pauvreté est nettement plus prononcée dans les zones rurales et au même moment le taux des femmes pauvres est plus élevé que celui des hommes.
Le Togo a connu des progrès dans les dimensions non monétaires du bien-être. Cependant, d’importantes disparités subsistent selon la situation géographique et entre les sous-groupes de population. Les preuves de progrès en termes de pauvreté monétaire se reflètent dans plusieurs dimensions non monétaires du bien-être, y compris le capital humain, mais sans s’y limiter, la mortalité infantile et des moins de cinq ans, le retard scolaire et la pauvreté d’apprentissage ainsi que sur l’accès aux services de base, y compris l’électricité, l’eau potable et l’assainissement. Malgré ces améliorations, l’accès varie considérablement selon les quintiles de richesse, en particulier dans l’électricité et l’eau potable.
Réduction durable et inclusive de la pauvreté au Togo
Pour réduire davantage la pauvreté à mesure que l’économie se remet de la crise de la COVID-19, il est urgent de mettre en place des politiques qui accélèrent la croissance des revenus ruraux, renforcent la résilience aux chocs économiques et climatiques et comblent l’écart entre les sexes.
La présentation du rapport a été suivie d’un panel qui a permis de revenir sur certains aspects clés devant permettre de réduire la pauvreté au Togo. Le panel était composé du directeur de l’Institut national de la statistique et des études (INSEED), Kouassi Koame, du coordonnateur sectoriel croissance équitable, finance et institution de la Banque mondiale, Andrea Coppola, du directeur général de l’Agence national d’identification, Silété Devo et de Mme Miriam Muller, sociologue à la Banque mondiale qui a réagi par visio-conférence.
ATOP/TD/AR






