Kantè, 14 juin (ATOP) – Des chefs traditionnels et religieux de la préfecture de la Kéran ont été sensibilisés sur les mariages forcés et précoces de la jeune fille par l’ONG ALAFIA le lundi 13 juin à Kanté.
Cette activité a été placée sous le thème « Lutte contre les mariages précoces pour l’autonomisation de la jeune fille ». L’objectif de l’ONG ALAFIA est d’intensifier la sensibilisation auprès des garants des us et coutumes et des leaders religieux, en vue d’obtenir leur soutien dans la lutte permanente contre les pratiques traditionnelles néfastes de violences faites aux femmes et aux filles. Il s’agit également de renforcer les capacités des leaders d’opinions de la localité sur le besoin important d’éradiquer toutes les formes de violences faites aux femmes et aux filles y compris les mariages précoces.
Durant la rencontre, les garants des us et coutumes participants ont été sensibilisés sur les différents aspects des mariages forcés et précoces et sur les conséquences de ce phénomène, notamment les conflits entre les familles, les perturbations sur le cursus scolaire et professionnel de la jeune fille, les humiliations, les complications et infections liées aux grossesses à risques pouvant exposer la jeune fille immature à la mort. Les chefs traditionnels et religieux ont déploré ces pratiques et se sont engagés à jouer leur partition pour mettre fin à toutes les violences faites à la gente féminine, notamment les mariages précoces de la jeune fille
Les membres de l’ONG ALAFIA ont, par la voix des chefs traditionnels et religieux, invité les parents à s’investir davantage dans l’éducation, à travers un suivi régulier de la scolarité de leurs enfants et particulièrement celle des jeunes filles. Pour eux, il est important pour les parents d’accompagner leurs enfants pour un suivi régulier dans leur évolution scolaire et professionnelle, afin de préserver les jeunes filles de ce fléau de mariages forcés et précoces.
En ouvrant cette sensibilisation, le secrétaire général de la préfecture, Bello Séfiou a salué cette initiative de l’ONG ALAFIA qui permet d’accompagner des leaders communautaires dans la lutte contre le fléau des mariages forcés et précoces. Il a invité tous les participants à tirer meilleur profit des échanges pour une lutte efficace contre ce phénomène qui va à l’encontre des principes de l’émancipation de la jeune fille et des femmes en général. « Le mariage forcé et précoce implique une violation du droit à l’éducation de la jeune fille. Il occasionne des perturbations sur son cursus scolaire et professionnel, exposant la jeune fille victime et sa famille à des conséquences telles que la grossesse non désirée et à risque, l’abandon de l’école ou de l’apprentissage, ainsi que la pauvreté », a précisé Bello Séfiou.
Selon la directrice exécutive de l’ONG ALAFIA, Mme Tatey Adzoavi Nyuito, la lutte contre le phénomène des mariages forcés et précoces est un impératif pour sa structure dans l’atteinte des objectifs fixés, afin d’accompagner les efforts du gouvernement pour l’émancipation de la jeune fille et de la femme. « Notre combat contre toutes les mauvaises pratiques à l’endroit de la jeune fille et de la femme s’inscrit dans le projet ‘’Eradication des pratiques coutumières néfastes du veuvage par des plaidoyers à base communautaire au niveau des autorités locales’’ des 7 préfectures de la région de la Kara », a indiqué la directrice. Elle a souligné qu’il s’agit, à travers cette lutte, d’éradiquer les pratiques traditionnelles constituant des formes de violences faites à la gent féminine, notamment les mariages précoces par des enlèvements, des échanges ou par des remises discrètes des jeunes filles contre de l’argent par certains parents. ATOP/PAP/AR






