
Kpalimé, 8 mai (ATOP) – L’Agence nationale d’identification (ANID) a organisé, le jeudi 7 mai à Kpalimé, à une rencontre de sensibilisation et de consultation publique des populations sur le l’opération d’enregistrement biométrique. Elle a été couplée de la mise en place des comités communaux de gestion des plaintes dans la préfecture de Kloto.
Cette rencontre marque le lancement des préparatifs de l’opération d’enregistrement biométrique de masse des populations dans les préfectures des Plateaux-Ouest, dans le cadre du projet WURI-Togo. Elle a réuni, entre autres, autorités administratives, élus locaux, responsables des forces de sécurité, chefs traditionnels, représentants des associations de femmes, médias et organisations de personnes handicapées.
L’initiative vise à faciliter l’accès des populations aux services publics et privés, tout en renforçant l’inclusion sociale et l’intégration régionale.
« De nombreux citoyens vivent encore sans preuve d’identité reconnue, une situation qui constitue un frein à l’accès aux services essentiels », a rappelé le secrétaire général de la préfecture de Kloto, Bakaï Essolabina. Selon les données présentées au cours de la rencontre dit-il, « plus de la moitié de la population togolaise ne dispose pas encore d’une preuve d’identité reconnue. A l’échelle de la CEDEAO, environ 53 % des populations seraient également sans pièce d’identité officielle ».
Le projet WURI-Togo, porté par le gouvernement togolais, s’inscrit dans le programme régional d’identification unique pour l’intégration et l’inclusion en Afrique de l’Ouest. Il ambitionne d’attribuer à chaque personne vivant sur le territoire togolais une identité biométrique sécurisée à travers un Numéro d’identification unique (NIU).
Le représentant le directeur général de l’ANID, M. Séva Agbonon, a rappelé que cette identité numérique permettra de moderniser les services publics et de faciliter l’accès des populations aux prestations sociales, sanitaires, éducatives et financières. M. Agbonon a signalé que le projet comprend deux principales composantes : l’attribution de l’identité pour tous et la mise en place d’un registre social des personnes et des ménages. Ce registre, précise-t-il, devra permettre au gouvernement de mieux identifier les personnes vulnérables et d’orienter les aides sociales en fonction des besoins réels.
« L’attribution d’un numéro d’identification unique permettra d’affirmer juridiquement l’existence de chaque individu et de répondre de manière précise à la question fondamentale : qui êtes-vous ? », a déclaré Agbonon.
Les responsables du projet ont également insisté sur l’importance de la consultation publique afin de recueillir les attentes des populations et prévenir d’éventuelles contestations ou incompréhensions durant les opérations d’enregistrement. Ils ont également procédé à la mise place des comités communaux de gestion des plaintes qui seront chargé d’assurer un traitement rapide et adapté des réclamations susceptibles de survenir pendant le processus.
Le programme WURI, mis en œuvre avec l’appui de la Banque mondiale, implique six pays ouest-africains, notamment le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Niger et le Togo. Le financement global du programme est estimé à 395,1 millions de dollars, dont 72 millions destinés au Togo.
L’e-ID togolais reposera sur la collecte des données biométriques et biographiques des citoyens et résidents vivant sur le territoire national. Le document comportera un QR code facilitant la vérification de l’identité et l’accès aux services administratifs et sociaux.
A terme, le projet devrait contribuer à la lutte contre l’exclusion sociale et à une meilleure planification des politiques publiques.
ATOP/ER/AYH/BA






