
Kpalimé, 20 jan. (ATOP) – La 7ᵉ édition du festival « Culture Connection » se tient du 19 au 24 janvier à Kpimé-Tomégbé, dans la commune Kloto 2. L’événement met à l’honneur la fusion de deux danses traditionnelles, le Jémélé de la Guadeloupe et l’Abrafo du Togo.
Placé sous le thème « Le vivant en partage », cette édition vise à contribuer à la sauvegarde de la mémoire de l’Abrafo, tout en faisant connaître ce concept au-delà des frontières togolaises. Elle se veut également un cadre de reconnexion pour les descendants d’esclaves, invités à revenir aux sources afin d’explorer les liens historiques et culturels qui les unissent à l’Afrique. Il s’agira aussi de renforcer la confiance des jeunes dans la construction de leur destin.
Après six éditions de maturation, « Culture Connection » franchit un nouveau cap en 2026, en rassemblant disciplines artistiques et publics divers, et en s’affirmant comme un véritable espace de rencontre culturelle reliant continents, mémoires et perspectives d’avenir. L’accueil de la compagnie Djok, dirigée par le chorégraphe guadeloupéen Romuald Sérèmes, illustre cette dynamique de mise en relation entre les racines africaines et leur héritage caribéen.

Au-delà des spectacles, ce festival propose un cadre d’apprentissage et de sensibilisation. Il est prévu notamment une activité de création autour de la « trilogie des corps combattants », fruit d’une recherche chorégraphique croisée entre l’Abrafo et le Jémélé, des ateliers de biodiversité à l’intention des enfants et des jeunes. Une nuit de l’oralité consacrée aux contes et à la parole sacrée est inscrite au menu. La restitution des activités artistiques constituera l’apothéose du festival, suivie d’un grand concert reggae avec Amen Jahlov et RTU Naty.
Selon Romuald Sérèmes, chorégraphe et chercheur, la collaboration entre la Guadeloupe et le Togo crée « un pont symbolique et vivant entre l’Afrique et les Caraïbes », où la danse, la musique, les gestes rituels et les récits partagés deviennent des langages communs porteurs d’une histoire de transmission, de résistance et de réinvention culturelle. Il a souligné que les créations proposées s’inscrivent dans une démarche contemporaine, nourrie par la mémoire et résolument tournée vers l’avenir.
Pour le responsable de l’espace culturel Alowonou qui accueille le festival, Besse Dodji, « Culture Connection » 2026 s’inscrit dans un contexte mondial marqué par des crises environnementales et identitaires. Il a indiqué que le festival ambitionne de réconcilier l’humain avec la nature tout en célébrant la diversité culturelle, en plaçant le respect du vivant, la transmission des savoirs ancestraux et l’ouverture à l’autre au cœur de sa démarche. Selon lui, l’ouverture à la Guadeloupe et aux Caraïbes confère désormais au festival une dimension de convergence culturelle, propice à l’invention de nouvelles manières d’habiter le monde.
La danse Jémélé est issue d’un métissage de danses africaines, indiennes et européennes, tandis que l’Abrafo est une danse traditionnelle togolaise exécutée lors des funérailles des rois ou des chefs traditionnels. Cette dernière est également considérée comme une danse des guerriers, à forte dimension mystique, culturelle et artistique.
ATOP/AYH/BV/KYA






