
Kpalimé, 12 sept. (ATOP) – A deux jours de la rentrée scolaire prévue le 15 septembre sur toute l’étendue du territoire togolais, la machine éducative est en pleine effervescence. Inscriptions, formations des encadreurs, rencontres avec les parents d’élèves, entretien des établissements, les préparatifs battent leur plein. Dans un entretien accordé au correspondant de l’Agence togolaise de presse (ATOP) le mardi 9 septembre, le directeur régional de l’éducation (DRE) Plateaux-Ouest, Mollah Kao Alpha, revient sur les avancées, les défis et les innovations qui marqueront l’année scolaire 2025-2026.
Depuis fin août, dit M. Mollah, les formations pédagogiques mobilisent inspecteurs, chefs d’établissements et enseignants afin d’harmoniser les pratiques et renforcer les compétences. Les comités de gestion des écoles et associations de parents d’élèves sont également impliqués pour que la rentrée se déroule sans accroc. « Nous ne voulons pas perdre une seule minute du temps d’apprentissage des enfants. Dès lundi, les élèves doivent entrer directement en classe et commencer les cours », insiste-t-il.
L’enseignement de l’anglais généralisé
L’enseignement de l’anglais au préscolaire et au primaire constitue la grande nouveauté de cette rentrée. Expérimentée depuis trois ans dans des écoles pilotes, cette réforme est désormais généralisée. « Dans les établissements expérimentaux, nous avons observé un grand engouement des élèves, curieux et motivés d’apprendre une nouvelle langue », souligne M. Mollah.
Pour cette rentrée, l’anglais sera enseigné dans toutes les écoles publiques comme privées, marquant un tournant majeur dans le système éducatif togolais.
« Pour toutes les écoles qui ne sont pas de la phase pilote, cette année, elles commencent avec le préscolaire et le cours préparatoire. Mais pour les écoles expérimentales, cette année, elles seront à la phase CM », précise le DRE.
Des avancées dans le système éducatif
Ces dernières années, le secteur éducatif a bénéficié d’investissements considérables. Selon les chiffres du gouvernement, entre 2020 et 2025, plus de 7 000 salles de classe ont été construites ou réhabilitées, 18 300 enseignants recrutés, 304 inspecteurs et conseillers pédagogiques intégrés et plus de 9 000 enseignants formés. « Quand on fait un recul de cinq ans, on note des avancées majeures notamment en infrastructures, en équipements pédagogiques ou en ressources humaines », confirme le DRE.
L’amélioration touche aussi la carte scolaire. Plusieurs collèges ont été transformés en lycées à cycle complet, notamment dans Wawa et Kpélé, afin de rapprocher l’enseignement des élèves et d’optimiser la gestion des enseignants. « C’est une façon de rationaliser les ressources humaines et d’éviter une dispersion qui entraîne souvent des manques d’enseignants », explique M. Mollah.
Gratuité et cotisations parallèles encadrées
La gratuité des frais scolaires, en vigueur depuis plus de dix ans au primaire et progressivement élargie au secondaire, reste d’actualité. L’inscription aux différents examens est gratuite. Mais certaines communautés maintiennent des « cotisations parallèles » pour financer des projets spécifiques, comme l’achat de matériel ou la réhabilitation de bâtiments. « L’Etat a encadré ces contributions pour éviter les abus. Elles ne doivent pas dépasser 3000 F CFA pour le secondaire 1 et 5000 F CFA pour le secondaire 2 », précise le DRE.
Engagement, discipline, esprit de responsabilité…
Le DRE Plateaux-Ouest adresse un message particulier aux enseignants. « Nous échangeons régulièrement avec eux sur la déontologie de leur métier, leurs droits et leurs devoirs. Leur rôle est central : sans leur engagement et leur discipline, tous les efforts de l’Etat risquent de perdre leur impact », affirme-t-il.
Appelant à un esprit de responsabilité et de collaboration, notamment avec les parents d’élèves, le directeur régional martèle : « Pour canaliser l’énergie des enfants, il faut une cohésion entre enseignants, parents et encadreurs. Les enseignants doivent être les premiers garants de ce climat de discipline et d’excellence ».
La rentrée 2025-2026 s’annonce ainsi sous le signe de l’innovation et de la consolidation des acquis, avec un objectif clair, celui de faire de l’école togolaise un lieu d’apprentissage inclusif et adapté aux défis du monde actuel.
Des solutions en termes de matériel roulant
Si les progrès sont indéniables, certains défis demeurent. Le manque de moyens logistiques pour les conseillers pédagogiques, qui peinent à assurer leur mobilité, reste un frein. « Nous espérons que des solutions seront trouvées rapidement, notamment en termes de matériel roulant », confie M. Mollah.
ATOP/ER/BA






