
Kara, 16 oct. (ATOP) – Plus de 242 conflits ont été identifiés dans les régions des Savanes, de la Kara et de la Centrale, selon une étude de cartographie des conflits dont le rapport provisoire a été validé le jeudi 15 octobre à Kara. Les résultats doivent aider à mieux prévenir les tensions et à renforcer la cohésion sociale face à la menace de l’extrémisme violent.
L’étude a été menée par la branche togolaise du Réseau ouest-africain pour l’édification de la paix (WANEP-Togo), en partenariat avec ASCNA-HO. Elle s’inscrit dans le cadre du projet « Résilience économique face à l’extrémisme violent, Continuité », financé par Pain pour le Monde (PPLM).
Outre les conflits répertoriés, les résultats révèlent des griefs non résolus et des mécanismes de gestion des différends fragilisés. Ils soulignent également des vulnérabilités liées aux interactions entre l’extrémisme violent et la criminalité transfrontalière. La cartographie entend ainsi fournir aux autorités et aux acteurs locaux des données utiles pour mieux cibler leurs interventions, prévenir l’aggravation des tensions et renforcer durablement la paix dans les régions concernées. A l’issue des échanges, les participants ont élaboré une feuille de route pour la diffusion et l’exploitation des résultats. Ils se sont également engagés à vulgariser le document final afin de favoriser une gestion pacifique des conflits dans leurs communautés respectives.
Le préfet de la Kozah, Colonel Bonfo Faré, a rappelé que les conflits fonciers, les tensions entre agriculteurs et éleveurs, les différends liés à la chefferie et les tensions intercommunautaires peuvent fragiliser la cohésion sociale. Il a également souligné que la vulnérabilité des jeunes face aux discours de recrutement peut favoriser l’expansion de l’extrémisme violent lorsque ces problèmes ne sont pas traités à temps. Le préfet a estimé que l’initiative répond au besoin de disposer de données fiables et adaptées aux réalités locales pour améliorer les mécanismes de prévention et renforcer la résilience communautaire.
Le commissaire divisionnaire de police Tchendo Kpatcha, conseiller du ministre de la Sécurité et de la Protection civile, a fait savoir que « cette démarche témoigne de la nécessité d’un dialogue constructif, dans lequel les compétences et les expériences des différents acteurs se complètent dans la production de connaissances utiles à la compréhension des enjeux de sécurité au service de l’intérêt général ».
De son côté, le membre du conseil administratif de WANEP-Togo, Logossou Kokou, a insisté sur le rôle de la paix dans le développement des communautés. Il a appelé à une mobilisation collective pour prévenir les conflits et consolider la cohésion sociale, notamment dans les zones exposées à l’extrémisme violent.
Les participants ont formulé des observations pour améliorer le document avant sa validation définitive.
ATOP/TAL/AO






