
Kara, 19 juin (ATOP) – Des acteurs de la santé, des forces de sécurité, des collectivités territoriales et des médias de la Kara ont été sensibilisés sur le commerce illicite des produits du tabac, le jeudi 18 juin à Kara.
L’initiative est portée par le Programme national des addictions aux produits psychoactifs (PNAPP) avec l’appui technique et financier de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Elle entre dans le cadre d’une campagne nationale de sensibilisation sur le phénomène sous le slogan « Démasquons les tactiques de séduction, luttons contre la dépendance à l’égard du tabac et contre l’addiction nicotinique ».
L’objectif est de renforcer la compréhension des parties prenantes sur les méfaits du tabac et les conséquences du commerce illicite du tabac. Il s’agit aussi d’améliorer les connaissances des acteurs en rappelant les responsabilités de chacun dans la lutte contre cette pratique.
Le coordonnateur du PNAPP, Prof. Balaka Abago a, au nom du secrétaire général du ministère de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances, souligné que le tabagisme demeure l’un des principaux facteurs de risque des maladies non transmissibles, notamment les maladies cardiovasculaires, respiratoires chroniques et le diabète. Il a indiqué que le commerce illicite des produits du tabac favorise leur accessibilité, particulièrement auprès des jeunes et des populations vulnérables.
Présentant l’état des lieux du tabagisme au Togo, le représentant du représentant résident de l’OMS au Togo, M. Assigbley Éric a révélé que 5% de la population consomme du tabac fumé, selon les données de l’enquête STEPS 2021, avec une prévalence de 10 % chez les hommes contre 0,4 % chez les femmes. Il a souligné que les personnes âgées de 30 à 44 ans constituent la tranche la plus touchée, avec un taux de 14,2 % chez les hommes. La consommation est également plus importante en milieu rural (5,8 %) qu’en milieu urbain (3,8 %), a-t-il renchéri.
Chez les jeunes, dit M. Assigbley, les statistiques demeurent préoccupantes avec 5,9 % des garçons âgés de 13 à 15 ans qui utilisent des produits du tabac, selon l’enquête mondiale sur le tabagisme chez les jeunes (GYTS 2019). Le tabagisme passif touche aussi 12,9 % des jeunes à domicile et 17,6 % dans les lieux publics, ajoute M. Assigbley.
« Le Togo a fait des avancées significatives dans la lutte antitabac en étant parmi les premiers pays à ratifier la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac en novembre 2005 et adhéré au Protocole pour éliminer le commerce illicite des produits du tabac en janvier 2018. Le Togo dispose également d’un cadre législatif avec la loi du 31 décembre 2010 réglementant la production, la commercialisation et la consommation du tabac », a mentionné M. Assigbley.
Le directeur préfectoral de la santé de la Kozah, Dr. Alfa Abdel Kadère Médé, représentant le directeur régional de la santé, a insisté sur la nécessité d’une sensibilisation accrue des populations. Il a appelé les médias, les parents et les leaders communautaires à relayer les messages de prévention afin de protéger les enfants et les adolescents, de plus en plus exposés aux produits du tabac et aux nouvelles formes d’addiction favorisées par les réseaux sociaux.
La campagne a également permis aux participants d’échanger sur les stratégies visant à renforcer le dispositif national de lutte contre le commerce illicite du tabac, notamment, l’actualisation des textes juridiques, le renforcement des contrôles et l’examen de nouvelles mesures fiscales et règlementaires.
ATOP/AE/TAL/DHK






