Kara, 18 déc. (ATOP) – Un atelier régional de planification et de suivi des transhumants a regroupé les chefs peuhls, les rougas, les guides de la transhumance, les membres des comités de transhumance, les responsables des structures étatiques d’élevage et ceux de la société civile, le jeudi 17 décembre à Kara.
Cette rencontre a été initiée par la Plateforme Associative des Eleveurs et Pasteurs du Togo (PAEP-TOGO) en collaboration avec l’Organisation Internationale pour les Migrants (OIM) et l’appui technique et financier du Réseau Billital Maroobé (RBM). Elle s’inscrit dans la dynamique du gouvernement engagé dans la lutte pour une transhumance apaisée et sans violence au Togo.
En effet, la transhumance est une méthode d’élevage par laquelle les éleveurs accompagnent leurs troupeaux à la recherche de pâturages et points d’eau. Elle peut s’effectuer de façon interne à un pays ou entre plusieurs pays. Le changement climatique, la situation économique morose et la réduction des pâturages et points d’eau ont accentué le phénomène de transhumance depuis plus de vingt ans, poussant ainsi les transhumants à parcourir de plus longues distances.
Pour règlementer les mouvements des transhumants, des couloirs de passage sont aménagés chaque année pour faire place au passage des animaux dans les zones de cultures ou pour leur offrir un accès à l’eau. Malgré ces efforts, des conflits entre agriculteurs et éleveurs le long des couloirs de transhumance sont devenus récurrents. D’où la nécessité d’initier des rencontres régionales à l’instar de l’atelier de Kara pour amener les parties prenantes à s’accorder sur un certain nombre de principes à respecter afin d’éviter ou de limiter d’éventuels conflits entre transhumants et producteurs agricoles qui causent souvent d’énormes dégâts.
L’atelier régional de Kara a donc pour objectif de parvenir à créer un environnement sécuritaire et une mobilité apaisée de troupeaux bovins au Togo, à travers la mise en œuvre d’une cartographie des ressources pastorales. Il a été question d’identifier les couloirs de passage et les principaux points ou localités de regroupement dans lesquels des éleveurs transhumants sont constamment accueillis avec leurs troupeaux, de valider la liste des informateurs crédibles au niveau de ces localités ou de regroupement.
Au cours des échanges, les participants à l’atelier régional ont été édifiés sur l’étude cartographique, les techniques et outils nécessaires de collecte de données et leurs exploitations. Ils ont fait une cartographie physique des principaux points de repère des transhumances en termes d’identification des différentes zones de pâturages, de points de captation d’eau, ainsi que des marchés à bétails disponibles dans la région et pris connaissance du déroulement et de la collecte sur les localités et outils à utiliser.
Au terme des échanges, une cellule d’informateurs clés pertinents au niveau des localités et points de regroupements de mobilité des bétails a été mise en place. Cette cellule a pour mission de collecter les informations sur la mobilité du bétail sur le territoire afin de disposer d’un système de suivi plus systématique des mouvements de transhumance et de résoudre d’éventuels conflits potentiels.
Le point focal national de l’OIM, Oumorou Ibraïm, a au nom du président de la PAEP-Togo indiqué que bien que des acteurs travaillent sur un système de surveillance pastorale pour soutenir la prévention des crises humanitaires et nutritionnelles dans la pastorale sahélienne, la couverture géographique et les ressources sont limitées. Selon lui, le manque flagrant de données relatives aux mouvements de transhumance ne permet pas de mieux informer les politiques sur cette activité. Il a invité les parties prenantes à s’investir davantage pour aider à collecter des données fiables afin de parvenir à une gestion efficace de la transhumance au Togo. ATOP/BH/TAL/OAF






