
Kara, 28 nov. (ATOP) – Le projet de « Prévention et prises en charge intégrée du noma et des pathologies maxillo-faciales au Togo », initié par la Chaîne de l’Espoir (CDE), a été lancé le jeudi 27 novembre à Kara.
Dr. Agoro Sébabe, représentant le gouverneur de la Kara a présidé la cérémonie de lancement en présence des autorités administratives, sanitaires et scolaires de Lomé, Dapaong et de la Kara.
Ce projet, cofinancé par l’Agence française de développement (AFD), en partenariat avec l’ONG AED-Lidaw, structure locale de mise en œuvre au Togo, est le fruit d’un travail collectif et d’une volonté de faire reculer les souffrances silencieuses. Il vise à améliorer l’accès aux soins spécifiques pour les enfants souffrant de Pathologies maxillo-faciales (PMF), dont le noma, une maladie infectieuse grave et mutilante.
Il sera mis en œuvre par l’ONG AED Lidaw pour une durée de trois ans visant une réponse intégrée et durable à la prévention communautaire ; au dépistage précoce ; à la prise en charge médicale spécialisée et surtout au renforcement des capacités locales. Il intervient sur six axes majeurs : les missions chirurgicales, les formations médicales spécialisées, les transferts de patients et le renforcement des plateaux techniques s’appuyant sur l’expérience du Burkina Faso.
M. Prosper Adigbli, responsable de programme hospitalier à la CDE, a expliqué que ce projet cible les pathologies invisibles, mais profondément destructrices dont le noma et les PMF. Ces infections, a-t-il précisé, « bien que peu connues du grand public, ont des conséquences dramatiques sur la vie des enfants. Elles défigurent, isolent, marginalisent et parfois tuent. Elles sont le reflet des inégalités d’accès aux soins, du manque de sensibilisation et de la faiblesse des systèmes de santé dans certaines zones rurales défavorisées ».
M. Adigbli a exprimé sa gratitude au ministère en charge de la Santé, à l’ONG AED-Lidaw pour son engagement de proximité et aux partenaires techniques et financiers, tout en espérant que le projet deviendra un levier de transformation sociale, un modèle de collaboration multisectorielle et une source d’espoir pour les enfants les plus vulnérables.
Au lancement, Dr. Agoro a salué la venue de ce projet qui cadre avec la vision des autorités togolaises, visant à permettre à tout Togolais de se faire soigner où qu’il se trouve sur le territoire national sans barrière financière avec un accès aux médicaments de bonne qualité. Il a indiqué que ce projet qui est dans sa 3ème phase après les précédentes au Burkina-Faso va permettre à toute personne, enfant et adulte, touchée par le noma de bénéficier des soins de santé gratuits. Il a rappelé le contexte de prise en charge de cette maladie au Togo et ses manifestations, touchant particulièrement les enfants malnutris avec plus de 140.000 nouveaux cas par an dans le monde et un taux de mortalité de 70 à 80% si elle n’est pas traitée. La maladie cause environ 4 nouveaux cas par an au Togo.
Pour la présidente du conseil d’administration de l’ONG AED Lidaw, Mme Kpékpassi Somahalo, la mise en œuvre de ce projet renforcera la détection précoce et la mobilisation des communautés autour de la prévention. Elle a témoigné sa reconnaissance à la CDE pour la confiance renouvelée, ainsi qu’au partenaire financier pour son appui constant. Elle a lancé un appel à la population de signaler tôt les cas de noma constatés en vue d’une prise en charge adéquate. ATOP/KK/TAL/SED






