
Lomé, 20 jan. (ATOP) – La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a organisé, le mardi 20 janvier à Lomé, un atelier de renforcement de capacités de ses membres et de son personnel sur les mécanismes de la médecine légale pour des enquêtes plus crédibles.
Cette formation vise à renforcer les capacités des participants sur les fondements et pratiques de la médecine légale, afin d’améliorer la documentation, l’analyse et le suivi des violations graves des droits de l’homme en cohérence avec les engagements internationaux, régionaux et nationaux. Il s’agit aussi de présenter aux participants les notions de base de la médecine légale et son rôle dans la protection des droits humains ; de leur expliquer l’importance de la documentation médico-légale dans la lutte contre la torture et les violences ; de les outiller sur les techniques de collecte, de conservation et d’analyse des preuves médico-légales. Il est aussi question de sensibiliser les participants à l’utilisation du Protocole d’Istanbul comme instrument de référence international et de favoriser une meilleure collaboration entre la CNDH, les médecins légistes et les autres acteurs judiciaires et sécuritaires.
Deux modules ont meublé la rencontre. La « médecine légale et droits humains : concepts et cadre normatif », introduit les participants aux principes fondamentaux de la médecine légale et à son rôle essentiel dans la protection des droits humains. Il permet de comprendre comment le médecin légiste contribue à la prévention, à la documentation et à la dénonciation des violations des droits fondamentaux.
L’autre module porte sur le « Protocole d’Istanbul, un document de référence international » est crucial pour les acteurs de la prévention de la torture, et définit les lignes directrices pour mener des enquêtes efficaces sur les mauvais traitements. Il fait référence à la « collecte et gestion des preuves médico-légales » vise à renforcer les compétences pratiques des participants en matière de collecte, de conservation et d’analyse des preuves médico-légales.
Le président de la CNDH, Me Kwao Ohini Sanvee a souligné que cette initiative s’inscrit dans le mandat de protection de l’institution. « Dans l’exercice de notre mission, nous sommes constamment saisis de requêtes portant sur des allégations de violations graves. Le traitement de ces dossiers nécessite des investigations pour la manifestation de la vérité. N’ayant pas toujours les compétences techniques requises, le recours à la médecine légale devient un outil indispensable pour éclairer nos enquêtes », a-t-il déclaré. Il a indiqué que cette formation doit permettre de bâtir un système de protection fondé sur « la compétence, l’éthique et la responsabilité ».
Le directeur général du Centre hospitalier universitaire – Sylvanus Olympio (CHU-S.O), Dr Agbobli Yao Apélété, spécialiste de la médecine légale, du travail et de la médecine du sport, a précisé que la médecine légale constitue le « bras droit » de la justice. Il a expliqué que l’objectif n’est pas de transformer les commissaires en médecins, mais de leur donner les clés pour comprendre quand et comment solliciter cette expertise. « Pour établir des faits dès lors qu’ils portent sur l’homme, on a besoin de preuves. Le médecin légiste examine, relève les indices et fait la lumière sur les causes réelles d’un incident », a indiqué le Médecin-Colonel Agbobli. Celui-ci a notamment cité des cas concrets tels que les décès en milieu carcéral, les violences lors de troubles à l’ordre public ou encore l’examen de corps repêchés, afin de distinguer scientifiquement un crime d’un accident.
ATOP/SED/BA/KYA






