
Tchamba, 31 mars (ATOP) – L’Association des femmes musulmanes pour l’éducation et le développement (AFMED) a clôturé la célébration, en différé, de la journée internationale des droits de la femme, par un meeting, le lundi 30 mars à Kri-Kri, dans le canton d’Adjéidè (commune de Tchamba 1). Cet évènement a été une occasion de solliciter un appui pour l’obtention des certificats de naissance et de nationalité aux femmes.
Placée sous le thème : « Mortalité maternelle et infantile : causes et conséquences », la célébration vise à promouvoir l’égalité des sexes et mobiliser les femmes pour leur droit dont celui à la santé. L’éclat de cet évènement a été réhaussé par la présence des autorités civiles et militaire au-devant desquelles la ministre chargée des Solidarités et du genre, Mme Moni Sankaredja-Sinandja.
La directrice de l’ONG AFMED, Aridjatou Ali-Tagba a fait savoir que dans les communautés, les femmes sont au cœur de la famille, de l’agriculture, du commerce et de l’éducation des enfants. Raison pour laquelle, dit-elle, aucun développement durable ne peut se faire sans la pleine participation des femmes. L’oratrice a évoqué les actions de son organisation pour combattre les mariages précoces dans la localité. Elle a appelé à une synergie d’actions en vue d’éradiquer ce fléau et œuvrer pour la scolarisation et le maintien des filles à l’école.

Le maire de Tchamba 1, Titipkina Hamza a exprimé sa gratitude à la ministre pour sa présence à cette célébration, témoignant ainsi de la solidarité du gouvernement face à la perte douloureuse d’une mère et son enfant survenue récemment dans la localité. Il a exhorté les femmes et les filles à mûrir des idées pour l’acquisition de leurs droits.
Le préfet de Tchamba, Issaka Laguebande, a attiré l’attention sur le taux élevé des mariages précoces dans le canton. Il a interpellé les autorités traditionnelles et religieuses à proscrire cette pratique qui sape les nombreux efforts déployés par le gouvernement et ses partenaires pour promouvoir les droits de la fille dont ceux relatifs à l’éducation et à disposer de son corps.
Des défis persistants malgré les avancées
La ministre Sankaredja-Sinandja a rappelé les actions du gouvernement et de ses partenaires pour promouvoir et défendre les droits de la femme, tout en reconnaissant que malgré les efforts déployés des défis persistent. La ministre a promis de prendre en compte les préoccupations exprimées en aidant les femmes dans l’obtention des pièces de naissance et de certificat de nationalité. Elle s’est également engagée à agir davantage pour mettre fin aux mariages précoces dans toutes les localités concernées dans le pays dont le canton d’Adjéidè. Mme Sankaredja-Sinandja a relevé les avantages d’une fille éduquée pour sa famille, sa communauté et son pays. Elle a sensibilisé contre les trafics d’enfants et encouragé les parents à saisir l’opportunité de la gratuité de l’école, la réduction des frais de scolarité pour les filles au secondaire et la suppression des frais d’examen pour scolariser leurs enfants y compris les filles. La ministre a insisté sur le maintien de ces dernières à l’école jusqu’à l’achèvement de leurs cursus scolaires.
Démarrée le 28 mars, la célébration a été marquée par une opération de salubrité, une caravane de sensibilisation et une table ronde avec la chefferie traditionnelle sur le thème de la journée. Une émission radiophonique a également permis de sensibiliser les femmes sur la santé sexuelle et de reproduction.
Créée en 2007, l’ONG AFMED œuvre en faveur des femmes en générale et celles musulmanes en particulier. Elle promeut l’éducation, la santé maternelle, l’amélioration des conditions socio-économiques des femmes et le développement communautaire. Présente sur toute l’étendue du territoire, cette organisation s’investit également dans la lutte contre les mariages précoces et le trafic d’enfants.
ATOP/TAA/MEK/BA






