
La difficulté des populations à l’accès à l’eau potable est un phénomène récurrent dans la majorité des localités reculées du pays. Au quartier Agotimé-Adéticopé dans la commune Agoè 6, dame Kossiwa, la quarantaine est confrontée au quotidien à la corvée d’eau.
Bassine noire en plastique sur la tête, dans une robe fleurie longue, renforcée à la taille par un pagne, Dame Kossiwa, sur une ruelle jonchée de feuilles desséchées du quartier Agotimé-Adéticopé est en quête d’eau potable. Elle est accompagnée de ses deux filles tenant chacune une bassine en main et de son garçon, poussant une brouette remplie de plusieurs bidons jaunes. Etant en saison sèche, toutes les feuilles craquent sous leurs pieds dans leur progression. Des fois la quête d’eau peut durer toute une journée.
Tôt le matin et chaque soir après le retour des enfants de l’école, Kossiwa, revendeuse de nourriture fait le tour des différents points d’eau du quartier à la recherche de l’eau pour les besoins domestiques et ceux des activités commerciales.
« C’est le calvaire que nous vivons dans ce milieu presque toute l’année. Il s’accentue en saison sèche. En cette période, tous les puits tarissent. Seuls les premiers arrivés aux différents points d’eau se servent du peu d’eau qui a pu monter la nuit. Pour cela, les matins à 5h déjà, mes enfants et moi commençons à faire le tour pour être parmi les premiers et essayer de nous approvisionner afin de réduire un peu les dépenses liées à l’achat de l’eau au niveau des forages », explique d’un air désabusé. Elle précise que dans le cas contraire, il n’est plus possible d’avoir de l’eau jusqu’au petit matin. « La population est obligée d’aller quémander de l’eau dans les maisons où les puits disposent encore d’eau au nom de la solidarité. », regrette Kossiwa.
« Ce problème de manque d’eau m’amène dès fois à aller à l’école sans me laver. Je nettoie juste les pieds et les parties essentielles. Avec la chaleur, les journées deviennent insupportables et la concentration en classe difficile », confie John, 14 ans, garçon de Kossiwa.
Benjamine, 20 ans, fille ainée de Kossiwa sollicite l’aide du gouvernement pour l’accès des populations de cette localité à l’eau potable car, « l’eau c’est la vie ». Elle regrette que même les branchements de la Togolaise des eaux (TdE) à l’entrée du quartier ne sont pas fonctionnels à cause du débit.






