
Lomé, 15 août (ATOP) – Le réseau Faith to Action Network, une organisation de leaders religieux, a lancé une campagne interreligieuse de lutte contre le mariage des enfants, lors d’une conférence de presse, le jeudi 14 août à Lomé, sous le thème « Protéger l’enfance, c’est sacré ».
Dans sa déclaration liminaire, la représentante de Faith to Action Network, Mme Ayoko Bahun-Wilson a indiqué que cette campagne est née d’un constat selon lequel, au Togo, une fille sur quatre est encore mariée avant l’âge de 18 ans. Selon elle, derrière ce chiffre, ce sont des enfances interrompues, des droits bafoués, et des rêves sacrifiés. Cette pratique, a-t-elle ajouté, persiste et souvent justifiée, par des interprétations culturelles ou religieuses, et amplifiée par des récits dans l’espace public.
Eu égard à ces constats, le réseau Faith to action network a choisi de répondre autrement. « Nous choisissons la foi, la science, et la communauté comme leviers de transformation. Nous lançons une campagne qui ne condamne pas, mais qui dialogue, éclaire et mobilise ».
Cette campagne, Faith to Action Network a choisi de la faire sous forme d’expérimentation pionnière ; une première pour les institutions confessionnelles et une première mondiale dans la religion, basée sur la foi. Elle repose sur des outils inédits comme des avatars virtuels, capables de porter les messages dans les langues locales et d’interagir avec les réalités sociales et locales. Elle porte sur des voix clonées, synthétiques mais profondément humaines, qui transmettent les récits avec émotion et accessibilité. La campagne se base sur une écoute sociale, fondée sur l’analyse du débat public en ligne, pour comprendre comment le mariage des enfants est perçu, justifié ou contesté dans les conversations numériques. C’est aussi un travail d’équipe optimisé par l’Intelligence artificielle (IA), qui permet de co-créer, d’adapter et de diffuser les contenus avec rigueur et rapidité.
Au-delà de la technologie, cette campagne est un apprentissage collectif. Elle permettra de comprendre comment intégrer efficacement l’IA dans les communications fondées sur la foi, d’accroître la portée, et d’améliorer son impact. La particularité de cette campagne selon Mme Bahun-Wilson, c’est que les messages ne sont pas imposés aux populations cibles. « Nous venons ouvrir un espace de dialogue, où les leaders religieux, les familles, les jeunes peuvent repenser ensemble les récits liés au mariage précoce. Nous venons dire que protéger l’enfance n’est pas une rupture avec la foi c’est une élévation de ses valeurs les plus profondes », a-t-elle souligné. Pour Mme Bahun-Wilson, « la foi peut être un levier puissant de justice sociale. Et nous croyons que l’innovation, lorsqu’elle est enracinée dans les réalités locales, peut amplifier les voix du changement ». Elle a invité les professionnels des médias à s’approprier cette campagne, à en faire un outil de mobilisation, de sensibilisation et de transformation.
Mme Ayoko Bahun-Wilson était entouré du président du réseau, pasteur Godson Lawson et des responsables des autres confessions religieuses, musulmane, chrétienne et traditionnelle.
La campagne, pour cette phase expérimentale, couvre les régions de la Kara et Maritime. Les langues sollicitées sont le Kabye, le Mina, l’Ewe et le Français. La campagne prend fin en octobre prochain. ATOP/KYA/ DHK






