Afin de limiter les risques de propagation de la pandémie liée à la COVID-19, en cette fin d’année, le gouvernement, après consultation du conseil scientifique et des acteurs socioéconomiques et politiques, a pris des mesures le vendredi 18 décembre. Pour comprendre le niveau d’application de ces mesures entrées en vigueur le dimanche 20 décembre, la correspondante locale d’Atakpamé de l’Agence Togolaise de la Presse (ATOP) a recueilli le point de vue du préfet de l’Ogou, Edoh Edmond Akakpo.
ATOP : En votre qualité de président du comité préfectoral de riposte à la COVID-19, que pensez-vous de ces décisions du gouvernement à la fin de l’année pour contenir la propagation de la Covid-19 ?
Edoh Edmond Akakpo : Je dis d’abord merci à Dieu pour sa protection sur la population et au chef de l’Etat ainsi que son gouvernement pour les mesures sincères rigoureuses, dynamiques prises au bon moment pour ces résultats appréciables et pour que la pandémie soit limitée au minimum.
ATOP : Quelles sont les attitudes adoptées par vos administrés ? Autrement dit comment les gens se comportent-ils dans les églises, rues, bars et restaurants ainsi que dans les marchés ?
Edoh Edmond Akakpo: Dès l’annonce de la pandémie au Togo, au mois de mars, tout le monde a pris peur. Puis après il y a eu un temps de relâchement. Mais aujourd’hui il y a une conscience aigüe de la population que le mal existe, la pandémie existe, le coronavirus tue. Et il y en a qui s’approprient les règles élémentaires de protection mais d’autres ne le font pas, parce qu’ils ont l’impression que le mal est loin d’eux. Aujourd’hui dans les églises, les bancs sont étiquetés, les distances sont respectées, les cache-nez sont portés et les églises mêmes ont une police interne qui gère l’ordre et le respect des mesures barrières. Je crois que les populations adhèrent à la politique de vigilance du gouvernement.
ATOP : Quel est l’état d’évolution de cette crise sanitaire dans votre préfecture ?
Edoh Edmond Akakpo : La préfecture de l’Ogou a connu son premier cas en juillet. J’avais eu à interdire à nos pratiquants de la religion traditionnelle de faire les cérémonies publiques. Parce que pour eux les cérémonies publiques empêcheraient le virus de faire son entrée dans la préfecture de l’Ogou. Et si on le faisait, les gens mettraient leur foi dans ces pratiques qu’ils refuseraient d’obéir aux consignes édictées par le gouvernement qui sont en lien avec les recommandations de l’OMS. Aujourd’hui nous sommes pratiquement à 30 cas confirmés.
Parmi ces cas, 28 ont été traités et guéris sur place. Guéris non pas parce qu’ils ont des moyens mais parce que l’Etat a mis à la disposition de tout malade et de tous ceux qui sont isolés pour cas de COVID-19, les moyens nécessaires à leurs soins, à leur guérison, y compris leur alimentation.
ATOP : Votre message à l’endroit de la population quant à ces mesures prises dans le cadre des fêtes de fin d’année.
Edoh Edmond Akakpo: Tout homme sensé doit prévenir. Nous voyons qu’au niveau central, le gouvernement est en train de réfléchir pour que ces fêtes ne soient pas des occasions de contamination et de propagation du virus.
Mais il faut reconnaitre que les mesures prises sont plus accentuées à Lomé qu’à l’intérieur du pays. Toutefois, qui dit Lomé, dit l’intérieur du pays car il y a cette fluidité dans le déplacement des populations. Ça nous concerne tous. Nous devons nous protéger et protéger les autres. Les bars sont ouverts mais ne dressent pas des tables et chaises aux visiteurs et consommateurs. Les gens peuvent acheter leurs boissons, retourner chez eux et boire. Les 24, 25 et 31 décembre ainsi que le 1er janvier 2021, les dispositions seront les mêmes. Les lendemains seront des jours de fêtes prolongés alors nous devons énormément faire attention et vivre les fêtes chez nous. C’est extrêmement important pour qu’à la sortie des fêtes nous puissions vivre et que nous connaissions une nouvelle année de vie.
ATOP : Quelles sont les mesures locales prises en lien avec les élus locaux, les leaders religieux et traditionnels, les tenanciers de bars et restaurants pour faire respecter strictement ces mesures ?
Edoh Edmond Akakpo : Les cultes de nuit doivent s’arrêter bien avant 22h, les veilles de fêtes doivent s’arrêter avant 22h parce que la population doit rentrer chez elles avant 22h, en ne faisant pas d’escales, il n’y aura pas de feux d’artifices. Tout ce qui est sonore pour apeurer une population, le gouvernement a dit non. Nous voulons que cela soit respecté. Les Forces d’appui à la lutte contre la pandémie COVID-19 (FOSAP) seront là non pas pour gêner quelqu’un mais pour faire respecter la rigueur que le gouvernement voudrait imprimer aux fêtes pour que nous nous en sortions sans aucun problème majeur.
Propos recueillis par Victoire Kpatsa,correspondante de l’Agence Togolaise de Presse à Atakpamé






