
Lomé, 6 oct. (ATOP) – Le Conseil épiscopal justice et paix (CEJP-Togo) a initié une conférence sur le thème « Engager les institutions confessionnelles africaines pour garantir une reprise économique inclusive » le vendredi 6 octobre à Lomé.
Cette conférence a réuni 35 participants dont les leaders religieux et communautaires, des responsables des institutions de la République, des universitaires, des journalistes, des représentants de la société civile et des membres du secrétariat permanent.
L’objectif de la présente conférence est de renforcer les capacités des participants sur les notions de dette, de droits de tirage spéciaux et de gouvernance pour la contribution active à la relance économique post Covid-19. Il s’agit de faire des propositions sur la base des notions acquises pour une reprise économique, de créer un comité de suivi de l’utilisation efficience des droits de tirage spéciaux.
La conférence a été animée par le prof. Agbodji Akoété, enseignant chercheur à l’Université de Lomé. Celui-ci a abordé le thème sur le concept « Dépendance économique extérieure des pays en développement : un mal nécessaire ? ». L’orateur a exposé la dépendance économique sous ses différents aspects avant de proposer des approches de solutions.
La dépendance économique extérieure, un besoin pour les pays en développement
Le professeur explique que la dépendance économique extérieure des pays en développement est un mal nécessaire. Pour lui, l’économie des pays en développement est fragile d’où la nécessité de la dépendance extérieure. Il soutient que les Etats ont besoin les uns des autres et du reste du monde pour survivre, par la même occasion, il trouve que cette dépendance peut constituer un problème.
Les pays économiquement dépendants sont contrôlés
Le conférencier note qu’une dépendance économique oblige les pays en question à demander parfois des autorisations avant de prendre des décisions économiques. Il signale que la prise des décisions économique dans les pays en développement sont contrôlées par certaines institutions internationales prises comme gendarmes notamment la Banque mondiale pour contrôler les financements et l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour contrôler le commerce. Le professeur note que les pays en développement ont des dettes dues aux intérêts sur les financements, ce qui pousse les autorités politiques à chercher d’autres financements pour payer les dettes qui tirent à leur échéance. Il conclut que les pays en développement, donc économiquement dépendant, s’enfoncent davantage dans des dettes. Mais ces pays peuvent s’en sortir s’ils ont la volonté.
Des pistes de sortie de la dépendance extérieure.
Le conférencier a fait savoir que le modèle économique mondial est dominé par les occidentaux. « C’est aux pays en développement de se doter d’un modèle économique pour se développer à l’exemple de la Chine et de l’Inde », déclare-t-il. « Nous devons repenser nos économies en mettant un accent sur nos propres capacités à produire et à subvenir à nos besoins, à initier des politiques de nature à assurer une redistribution de la richesse et aller plus vers la protection sociale, ce qui fera de notre économie, une économie forte avec moins d’inégalités intérieures. Ce modèle fera de notre économie une économie compétitive avec le reste du monde » propose le professeur.
Le secrétaire général du CEJP-Togo, Sanvee Gustave a mentionné que les pistes de sortie de la dépendance extérieure doivent passer par la sensibilisation sur le développement endogène qui sera une source de motivation en termes de consommation locale. Il a invité les pays en développement « à croire plus à nos propres forces afin de nous assurer une bonne gouvernance, le respect des textes et de lutte contre la corruption ». Le secrétaire général a signalé que cette conférence permettra aux participants de comprendre mieux ce concept économique afin de prendre conscience et de faire des propositions aux dirigeants sur le suivi de droits de tirage spéciaux et de bonne gouvernance pour la contribution active à la relance économique.
Après cette conférence inaugurale, les travaux se sont poursuivis sous forme de deux panels pour permettre aux participants d’interagir avec le présentateur, de bien maitriser les contours de la thématique. Un comité de suivi est prévu pour l’utilisation efficiente des droits de tirage spéciaux.
ATOP/GMM/KYA






