
Kpalimé, 14 mai (ATOP) – La déforestation et la dégradation des terres représentent aujourd’hui une menace majeure pour les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire et la résilience des populations. L’alerte a été lancée, le lundi 12 mai à Kpalimé par le chargé du Bureau de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) au Togo, Dr Djiwa Oyétoundé, à l’ouverture d’un atelier d’échanges sur la restauration des paysages forestiers dans les Plateaux-Ouest.
Dr Djiwa a fait savoir que, plus de deux milliards d’hectares de terres sont actuellement dégradés à travers le monde, entraînant des pertes de terres cultivables, de biodiversité et de capacité de stockage de carbone. Face à cette situation, a-t-il précisé, le Mécanisme de restauration des forêts et des paysages (FLRM) mis en œuvre par la FAO accompagne les pays dans la restauration des espaces dégradés à travers des pratiques conciliant les bénéfices écologiques, sociaux et économiques des forêts et des arbres.
Le représentant de la FAO a également présenté l’initiative africaine de restauration des paysages forestiers (AFR100), lancée en 2015 pour restaurer 100 millions d’hectares de terres dégradées en Afrique d’ici à 2030. Cette initiative constitue, selon lui, le bras opérationnel africain du ’’Défi de Bonn’’, un programme mondial visant la restauration de 350 millions d’hectares de terres dégradées. Dr Djiwa Oyétoundé a rappelé qu’en Afrique, près de 65 % des terres productives sont dégradées tandis que la désertification affecte environ 45 % de la superficie du continent.
Au Togo
Le représentant de la FAO, indique qu’au Togo, « La situation reste également préoccupante. Entre 2002 et 2025, le pays a perdu environ 330 hectares de forêts primaires, soit une diminution estimée à 20 % ». Entre 2001 et 2025, poursuit-il, la couverture végétale nationale a reculé de plus de 130.000 hectares sous l’effet de la déforestation liée notamment à l’agriculture, aux infrastructures et à l’extension des zones d’habitation.
Les feux de végétation, précise le chargé du Bureau de la FAO au Togo, constituent aussi une menace importante pour les écosystèmes forestiers. Il a souligné que 772 alertes d’incendies ont déjà été enregistrées au Togo entre janvier et mai 2026 sur la base des observations satellitaires. Dr Djiwa précise que l’année 2013 demeure celle ayant connu le plus grand nombre d’incendies avec 2.846 alertes recensées.
Face à ces défis, souligne le représentant de la FAO, le Togo s’est engagé à restaurer 1,4 million d’hectares de terres dégradées d’ici à 2030 dans le cadre de l’initiative AFR100.
Pour atteindre cet objectif, Dr Djiwa Oyétoundé insiste sur le rôle stratégique des collectivités territoriales, notamment des maires, dans la mise en œuvre des actions de restauration des paysages forestiers et d’adaptation au changement climatique.
« Si l’ambition est grande, la réussite dépend largement de l’implication des acteurs locaux », a-t-il déclaré, appelant les communes à renforcer la concertation et la coordination des interventions.
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