
Lomé, 20 oct. (ATOP) – Une cinquantaine de prestataires de santé, notamment des médecins généralistes, pharmaciens, paramédicaux, éducateurs du diabète et pairs éducateurs du Grand Lomé prennent part, du 17 octobre au 03 novembre à Lomé, à un atelier de formation sur l’éducation thérapeutique du patient diabétique de type 2.
La formation est organisée par l’ONG Mutualistes sans frontières, en collaboration avec la division de la surveillance des maladies non transmissibles. L’objectif est de permettre aux soignants de mieux accompagner les patients dans la gestion quotidienne de leur diabète.
L’activité s’inscrit dans le cadre du projet « Maison du diabète », qui est un dispositif d’accueil de patients atteints de diabète de type 2 et de type gestationnel. Le but de ce projet est de favoriser la prévention des risques sanitaires liés au diabète ainsi que de développer un parcours de prévention et d’accompagnement en collaboration avec les professionnels de santé et spécialistes français et togolais. Le projet « Maison du diabète » est porté par le Comité de développement de Bè, le Centre communautaire de Bè, les mairies du Golfe, la Maison du diabète et des risques cardiovasculaires des Alpes-Maritimes et Mutualistes Sans Frontières.
Durant ces jours de travaux, les prestataires vont comprendre mieux la physiopathologie et les facteurs de risque du diabète, maîtriser les protocoles nationaux de dépistage et de suivi, approfondir leurs connaissances sur l’Education thérapeutique du patient (ETP). A travers cette formation, ils seront bien outillés pour accompagner les communautés dans la promotion de modes de vie sains.
La formation est assurée par Dr Serges Kodjo, endocrinologue, diabétologue et nutritionniste au CHU Sylvanus Olympio et Mme Patricia Cohen Solal, infirmière diplômée d’Etat (IDE) et diététicienne de Nice (France).
L’éducation thérapeutique, une partie intégrante de la prise en charge du patient
Selon l’enquête STEPS 2021, au sein de la population de 18 à 69 ans, la prévalence du diabète est de 4,9%. Face à ce constat, l’éducation thérapeutique du patient diabétique s’affirme comme une stratégie centrale pour améliorer la prise en charge, favoriser l’autonomie des malades et prévenir les complications.
Pour Dr Serges Kodjo, l’éducation thérapeutique ne consiste pas seulement en un « cours » donné au patient, mais en un dialogue, en co-construction d’un projet de soin avec le patient, en prenant en compte ses priorités, ses contraintes, ses ressources. « Le prestataire de soins doit donner au patient des connaissances sur sa maladie (type de diabète, complications possibles, rôle de l’alimentation, de l’exercice, des traitements) et lui transmettre des compétences pour gérer sa vie quotidienne et surtout encourager une posture d’acteur de sa santé », indique-t-il.
L’ETP, renchérit Mme Patricia Cohen Solal, permet d’améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de diabète, de réduire le nombre de complications du diabète en améliorant l’équilibre glycémique et le suivi. « L’éducation thérapeutique c’est un outil incontournable de la prise en charge des maladies chroniques, nécessaire à la motivation et à l’acquisition de connaissances, de compétences et d’attitudes appropriées par le patient », a précisé Mme Cohen Solal.
La vice-présidente de l’ONG Mutualistes Sans Frontières, Mme Nora Mallem, a réaffirmé son engagement à renforcer les capacités locales pour une meilleure prise en charge des maladies chroniques, dans une approche humaine, solidaire et durable.
Le Pr Mofou Belo, chef division de la surveillance des maladies non transmissibles, a montré que la prévalence du diabète est en constante augmentation, en lien avec les changements de mode de vie, l’urbanisation rapide, la sédentarité et les habitudes alimentaires peu saines. Cette situation appelle une réponse urgente, coordonnée et durable, reposant sur la prévention, le dépistage précoce et une prise en charge adéquate des personnes atteintes, a-t-il recommandé.
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