
Lomé, 30 déc. (ATOP) – Le bilan des activités de 2023 de la branche togolaise de la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté (WILPF-Togo) en lien avec le 12ème round de la campagne contre les robots tueurs (armes létales autonomes) s’est révélé positif lors d’une réunion de synthèse des cadres de discussion et d’échange sur robots tueurs le vendredi 29 décembre à Lomé.
Cette rencontre a permis aux membres, aux points focaux présents à Lomé et des membres des organisations de la société civile partenaires, de partager les réussites et difficultés rencontrées sur le terrain afin de prendre les dispositions qui s’imposent pour l’atteinte des objectifs. Il s’agit aussi d’accentuer les démarches de plaidoyers auprès des institutions de la République, en l’occurrence auprès des députés, afin que le Togo puisse adhérer à la coalition des pays qui sont déjà en discussion pour mettre sur pied le traité qui conditionne la fabrication, le stockage, le développement et la vente de ces armes létales autonomes.
La présidente de WILPF-Togo, Mme Bassiratou Idrissou-Traoré épouse Djobo a rappelé que le Togo a signé le traité sur l’interdiction des armes nucléaires depuis le 20 septembre 2017, cependant ce traité n’a pas été jusqu’à ce jour ratifié, raison pour laquelle la tenue de cette campagne pour y parvenir, en sensibilisant les acteurs impliqués dans le domaine.
Mme Djobo a souligné que « le bilan de la campagne internationale sur les robots tueurs (le 12e round sur les robots tueurs) que nous avons piloté au Togo est satisfaisant. Nous avons mené des discussions avec des ministres, des parlementaires et surtout avec des personnes ressources des ONG traitant de la thématique paix. Vous savez que la paix est primordiale et essentielle pour notre survie c’est à ce titre que nous avons rencontré des gens individuellement ou par groupe et au niveau de certains ministères pour les sensibiliser sur notre plaidoyer. Aujourd’hui, ensemble avec des membres et des organisations avec lesquelles nous travaillons nous avons décidé d’observer un arrêt pour faire un bilan et tirer une conclusion afin de voir les actions à mener dans le futur ».
La présidente relève que la campagne contre les robots tueurs se justifie par le fait que les guerres se font de plus en plus de façon violente et virulente. « S’il n’y a pas ces armes létales autonomes appelées robots tueurs, il n’aurait pas de guerre. Ce sont les fabricants de ces outils de guerre qui sont les premiers tueurs puisque sans ces outils de guerre, il n’y aura pas de guerre c’est pourquoi il s’avère nécessaire de les combattre et les interdire surtout les armes de destruction massive. C’est en cela que nous sommes engagées dans la campagne mondiale contre les robots tueurs au niveau du Togo. Nous avons fait un plaidoyer vers les autorités afin de les amener à intégrer la coalition des Etats qui sont en guerre contre ces robots tueurs soit pour, dans un premier temps, les mettre sous contrôle humain significatif c’est-à-dire ne plus laisser ces robots tueurs faire des dégâts de par le monde et ensuite les interdire. Notre plaidoyer est toujours ouvert à tous ceux qui veulent nous apporter un appui. Le chemin est long pour arriver à interdire ces armes ». Elle affirme que les relations avec l’Etat sont bonnes : « nous avons toujours les portent ouvertes quand nous nous présentons dans un ministère pour prendre un rendez-vous et ils prêtent une oreille attentive à nos préoccupations. Ce sont les contextes dans lesquelles nous sommes, » après ces multiples attaques dans la région septentrionale du Togo, qui ont freiné un peu nos sorties vers les ministères pour écouter nos doléances afin de faire avancer notre plaidoyer.
Le respect de la dignité humaine
Mme Djobo précise que toute décision de recourir à la force doit être prise avec beaucoup de soin et de respect de la valeur de la vie humaine. « D’un point de vue moral, le pouvoir de prendre une telle décision devrait appartenir à des humains, car ceux-ci possèdent une raison et un jugement prudentiel, la capacité d’appliquer les grands principes et de l’expérience passée à des situations particulières.
Etant donné que l’exercice du jugement prudentiel ne dépend pas uniquement de l’analyse numérique des données relatives aux attaques licites et illicites, il serait très difficile pour une arme entièrement autonome, quelle que soit la quantité de données qu’elle peut traiter, d’exercer ce genre de jugement. On ne peut pas compter sur des systèmes d’armes autonomes pour respecter le droit international humanitaire ou les droits humains. Les robots programmés pour tuer pourraient accidentellement tuer des civils en interprétant mal les données. Ils manqueraient également du jugement humain nécessaire pour évaluer la proportionnalité d’une attaque, distinguer la population civile, des combattants et respecter les autres principes fondamentaux des lois de la guerre. De nombreux techniciens roboticiens et chercheurs juristes pensent que nous ne serons jamais capables de programmer des robots pour faire une distinction précise et cohérente entre les soldats et la population civile en temps de conflit.
Bien que des progrès soient probables dans le développement de capacités sensorielles et de traitement, distinguer un combattant actif d’un civil ou d’un soldat qui est blessé ou qui se rend, nécessite plus que de telles capacités. Elle dépend également de la capacité qualitative à évaluer l’intention humaine, qui implique une interprétation de la signification d’indices subtils, tels que le ton de la voix, les expressions faciales ou le langage corporel, dans un contexte spécifique.
Les « Robots Tueurs » sont des armes létales autonomes, c’est-à-dire sans présence d’hommes à côté pour les manipuler.
ATOP/TD/SED






