
La rétrospective de la santé au Togo, permet d’analyser l’évolution du système de santé, les défis rencontrés et les progrès réalisés au cours de l’année 2024 au Togo et à l’international. L’année 2024 a été marquée par l’acquisition de matériel médical pour l’amélioration des soins de santé ; le lancement des travaux de construction d’un centre de traitement du cancer ; du Centre national de santé digitale (CNSD) et du nouveau service de néphrologie et d’hémodialyse. Outre le lancement des travaux de construction de ces infrastructures, il y a eu des rencontres de haut niveau des praticiens et organisation de la santé sur la propagation de la variole de singe ou Mpox dans certains pays. À cela s’ajoute également des actions d’information et de sensibilisation et des célébrations des journées dédiées à certaines pathologies.
Sur le plan national
Dans son ambition d’offrir des soins de qualité aux populations, le gouvernement a réceptionné le jeudi 1er août, un important lot de matériel médical. Ces équipements médicaux modernes estimés à près de 20 milliards de FCFA, devraient permettre d’améliorer la qualité des offres de soins et les conditions de travail des agents de santé, et de renforcer la résilience des populations. Ils sont composés de 15 appareils de radiodiagnostic mobiles numérisés et accessoires, 150 lits d’accouchement modernes, 100 tables d’accouchement mécaniques et 80 tables d’accouchement, 6742 lits d’hospitalisation mécaniques et 200 lits d’hospitalisation, 500 lits d’hospitalisation électriques, 7 ambulances médicalisées pour 07 hôpitaux du pays, 2 colonnes d’endoscopie digestive, 12 automates d’hématologie, 25 tables d’examen, 15 fauteuils de prélèvement, 120 chariots de soins 50 chariots brancard, 50 microscopes optique binoculaire, 15 autoclaves de paillasse et 75 aspirateurs de mucosités,
A cela s’ajoutent 50 hémoglobinomètres, 60 hémoleucometres à huit touches, 50 détecteurs de pouls fœtal, 150 glucomètres et bandelettes et 200 tensiomètres et stéthoscopes, 15 réfrigérateurs de laboratoire, 15 réfrigérateurs à 2 compartiments, 100 glacières isothermes, 1 automate d’immunologie cobas au vidas, 12 centrifugeuses de paillasse, 2 systèmes CPAP pour nouveau-né, 40 tables de soins, 15 visionneuses de veines, 150 potences et paniers, 12 automates de biochimie, 3 échographes doppler sur chariot (multifonctions), 25 moniteurs de surveillances multiparamétriques, 80 postes d’oxygénothérapie mobile,
Ces équipements répartis dans les formations sanitaires du pays, contribueront au renforcement de leurs plateaux techniques en vue d’améliorer significativement des soins de santé délivrés aux populations.
Toujours dans l’optique d’offrir des soins de qualité aux malades, le Centre des maladies infectieuses (CMI) de Kara a bénéficié le 6 juin, d’un important lot de matériels médicaux. Ce don, d’une valeur de 260 millions FCFA (400 000 euros), est offert par la République fédérale d’Allemagne (KFW). Il est composé d’équipements de réanimation, de stérilisation, de froid pour la conservation des corps, du matériel informatique et bureautique ainsi que des mobiliers médicaux. L’initiative s’inscrit dans le cadre du programme de renforcement du système sanitaire, notamment dans les domaines de la santé reproductive et droits sexuels (Pro Santé) mis en œuvre par la GIZ-Togo. Outre celui de Kara, le Togo dispose de neuf centres, spécialisés dans la prise en charge rapide des maladies épidémiques (en cas d’épidémie) dans les autres régions du pays.
Lancement de travaux de construction, visite de chantier

Le vendredi 15 novembre, le Premier ministre, Mme Victoire Tomégah-Dogbé, a procédé à la pose de la première pierre de la construction d’un centre de traitement du cancer, avec un focus sur la radiothérapie et la médecine nucléaire en présence du ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Prof. Tchin Darré, et du président de l’Assemblée nationale, Sevon-Tépé Kodjo Adédzé.
D’une superficie de 1600 m², ce centre est situé dans l’enceinte du Camp du 1er Bataillon d’Intervention Rapide (BIR) dans la commune d’Agoè-Nyivé 1. Il sera équipé de technologies de pointe pour offrir des traitements modernes aux patients. Ce centre contribuera à renforcer les capacités du réseau de santé national, spécifiquement dans le diagnostic, le traitement et la réadaptation des patients atteints de cancer. Le projet est soutenu par Association Médicale d’Entraide (AME) International, un partenaire autrichien dont l’objectif est de rendre les services de traitement du cancer accessibles à un plus large public, tout en réduisant le taux de mortalité lié à cette maladie au Togo.
Un autre centre verra également le jour avec le lancement le jeudi 10 octobre à Lomé, des travaux de construction à la travers la pose de la première pierre par le ministre de la Santé, Tchin Darré. Il s’agit du Centre national de santé digitale (CNSD), une première en Afrique de l’Ouest. Financé par le PNUD à hauteur de 2 millions de dollars, soit près de 1,2 milliard FCFA, ce centre permettra de réduire la mortalité infantile et de mieux gérer les épidémies. L’initiative vise à faciliter l’accès aux soins, notamment pour les populations vivant dans des zones rurales et reculées, grâce aux solutions de téléconsultation, de téléexpertise, de télésurveillance et de télé-échographie. En outre, elle devrait servir de plateforme pour le développement de solutions numériques en santé et permettra une meilleure mise en œuvre de l’Assurance maladie universelle (AMU).
Une autre cérémonie de pose de la première pierre pour la construction du nouveau service de néphrologie et d’hémodialyse a eu lieu le vendredi 22 novembre au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Kara. Financé à environ 485.600.000 FCFA par le Groupe Ecobank et le PNUD en partenariat avec le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, le projet de construction de ce service, est une réponse aux besoins des patients souffrants d’insuffisance rénale dans les régions des Savanes, de la Kara et de la Centrale. Son opérationnalisation permettra de réduire la pression sur le CHU Sylvanus Olympio de Lomé et d’offrir un accès plus équitable aux soins vitaux. Il servira également de site d’apprentissage pour les étudiants en médecine et les apprenants des écoles paramédicales.
Le lundi 15 janvier, 60 formations sanitaires réhabilitées ont été réceptionnées. Ces centres de santé permettront selon le gouvernement, de renforcer tous les dispositifs sanitaires sur l’ensemble du territoire national dans l’optique d’une meilleure mise en œuvre de l’Assurance maladie universelle (AMU).
Des rencontres d’échanges, d’informations, de sensibilisation et de planification
L’année 2024 a démarré avec une mission d’échanges et d’information des autorités locales et les populations sur le démarrage effectif de l’Assurance maladie universelle (AMU) le 1er janvier 2024 ainsi que des conditions et mécanismes pratiques de sa mise en œuvre. Cette mission a été effectuée par une délégation ministérielle courant le mois de janvier.
Du 29 février au 1er mars 2024, le Togo a accueilli une mission de haut niveau de Gavi Alliance. Cette mission composée de GAVI, l’OMS, l’UNICEF et de la Banque mondiale est dirigée par M. Thabani Maphosa, directeur général des programmes pays Gavi. Au cours de son séjour, la mission a échangé avec les autorités togolaises, les équipes du programme élargi de vaccination et la société civile sur les questions liées à la vaccination et la santé en général.
Parlant de grandes rencontres, la capitale togolaise a accueilli du 17 au 19 avril, une importante rencontre dédiée à la révision des protocoles d’enquête sur les foyers de grippe hautement pathogènes en Afrique. Organisée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), elle a rassemblé des experts venant de 47 pays.
Les participants ont examiné la situation de la grippe aviaire hautement pathogène dans leurs pays respectifs et évalué les outils d’investigation, dans un esprit de partage d’expérience. L’objectif est de permettre aux pays de renforcer leurs dispositifs de surveillance et d’améliorer leur réactivité afin de protéger leurs communautés. Cette réunion qui s’inscrit dans le cadre de la préparation et de la lutte contre les infections par le virus de la grippe aviaire, aboutira à l’élaboration de stratégies de luttes communes qui seront soumises à l’OMS en vue de financement.
La capitale togolaise a aussi abrité du 15 au 17 mai, le 12ème congrès de la Société Africaine Francophone d’Hématologie (SAFHEMA) et le 1er de la Société togolaise d’hématologie, d’immunologie et de transfusion sanguine (SoTHI-TS). L’événement a réuni les hématologues autour du thème : « Hémopathies malignes, Drépanocytose, Pathologies de l’hémostase, Transfusion sanguine et Immunologie des tumeurs et des infections ». Il s’est agi pour ces experts de procéder à des partages de connaissances sur les avancées dans le diagnostic et la prise en charge des maladies du sang, dont la première thérapie est la transfusion sanguine.

Le 23e Forum pharmaceutique international s’est tenue du 04 au 06 juillet. Il a réuni près de 1500 participants du secteur pharmaceutique autour du thème : « Accès universel aux soins, défis, enjeux et perspectives pour le secteur pharmaceutique ». Il a été question de renforcer les capacités de ces acteurs de la santé afin de garantir à chaque citoyen un accès universel à des services de santé de qualité et à des médicaments efficaces et abordables.
Du 22 au 24 octobre, le Togo a accueilli la 5ème réunion annuelle de la Communauté de Pratique. Elle est placée sous le thème : « Intensifier la mise à échelle de l’intégration de la Planification familiale du post partum (PFPP) à la Santé Maternelle, Néonatale et Infantile-Nutrition (SMNI-N) et la synergie d’action entre partenaires pour l’atteinte des Objectifs de 2030 dans les pays francophones de la région Africaine ». Cette rencontre offre une plateforme unique de partage d’expériences, de leçons apprises. Elle permet de mobiliser les parties prenantes de la Santé Maternelle, Néonatale et Infantile-Nutrition SMNI-N à s’engager davantage pour relever le défi de passage à l’échelle, dans les pays francophones de la région Africaine. Le Togo abrite cette importante réunion pour la 2eme fois, après celle de 2022.
Pour une meilleure prise en charge des malades mentale, un nouveau plan stratégique de santé mentale a été validé le vendredi 27 septembre. Cette nouvelle feuille de route, articulée autour de plusieurs axes en lien avec la politique nationale de santé (PNS) et le Plan national de développement sanitaire (PNDS), couvrira la période 2024-2027. Elle permettra d’améliorer la prévention, la prise en charge et l’intégration des personnes souffrant de troubles mentaux. Il devra également renforcer la formation des professionnels de santé spécialisés en santé mentale, et promouvoir une meilleure sensibilisation auprès du grand public afin de lutter contre la stigmatisation associée à ces troubles.
Le premier plan stratégique, mis en œuvre sur la période 2015-2019, avait permis de créer une filière de formation des cadres intermédiaires de santé à l’Université de Lomé et l’opérationnalisation des unités régionales de santé mentale dans toutes les régions sanitaires du pays.
Le secrétariat permanent du Conseil national de lutte contre le SIDA et les IST, en partenariat avec le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a organisé les 11 et 12 juillet à Lomé, les 4èmes journées scientifiques sur le VIH et le SIDA. Ces journées ont eu pour thème : « Bâtir des interventions à partir des évidences scientifiques ». Elles se proposent de documenter et diffuser les évidences scientifiques dans le pays et dans la sous-région afin de hâter la marche commune de toutes les parties prenantes vers l’atteinte des objectifs 3×95 en 2026, préalable à l’atteinte de l’ODD 3 en 2030. Elle a pour objectif de faire le point sur les leçons apprises dans la réponse nationale dans le cadre du post COVID 19 ; diffuser les résultats des recherches récentes effectuées au Togo, dans la sous-région africaine et dans le monde.

Le centre Diabeobe a organisé en collaboration avec des associations de lutte contre le diabète, courant juillet, des campagnes de sensibilisation pour renforcer la compréhension des populations sur le diabète et ses complications en décrétant, ce mois « mois » des enseignements sur cette maladie et ses complications.
Le 13 août 2024, le Togo et ses partenaires ont lancé la carte de score de la santé de la reproduction, maternelle, néonatale, infantile et de l’adolescent, (SRMNIA). La carte de score est un outil de Suivi -Evaluation qui est utilisé pour renforcer la redevabilité dans les pays et augmenter la redevabilité en s’intégrant facilement dans les structures de redevabilité existantes afin d’améliorer la prise de décision pour conduire l’action.
« L’outil de la carte de score pays fournit une vue instantanéité de la performance des structures sanitaires, des districts, des régions, voire du pays. Il permet à travers les fonctionnalités qu’offre la plateforme, de faire une analyse et d’identifier les goulots d’étranglement ou insuffisances. Il peut être facilement intégré dans les cadres de coordination existant à tous les niveaux (réunions de monitorage district et région etc …). L’outil contribue à une meilleure prise de décision car requiert l’implication de tous les acteurs » a déclaré, Dr Abdel Aziz Mohamed Boubacar, chargé de la santé reproductive, maternelle et néonatale au bureau de l’OMS au Togo.
Le mercredi 20 novembre, un projet novateur intitulé ” Promotion de la survie du nouveau-né par des dons de matériels d’oxygénothérapie pour la réanimation néonatale” a été lancé à l’hôpital de Bè. Ce projet initié par la Ligue togolaise pour la protection de l’enfance (LTPE) s’inscrit dans la droite ligne de l’axe 1 de la feuille de route gouvernementale 2020- 2025 qui vise à renforcer l’inclusion et l’harmonie sociales, à travers la promotion de la survie des nouveau-nés en situation de détresse respiratoire dont les parents sont démunis. L’objectif du présent projet est donc de favoriser davantage l’inclusion sociale, renforcer la protection de l’enfance et la promotion de la santé néonatale en assurant un accès équitable aux soins d’oxygénothérapie pour les nouveau-nés issus de familles démunies.
Le secrétariat permanent du Conseil national de lutte contre le SIDA et les IST, en partenariat avec le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a organisé les 11 et 12 juillet à Lomé, les 4èmes journées scientifiques sur le VIH et le SIDA. Ces journées ont eu pour thème : « Bâtir des interventions à partir des évidences scientifiques ». Elles se proposent de documenter et diffuser les évidences scientifiques dans le pays et dans la sous-région afin de hâter la marche commune de toutes les parties prenantes vers l’atteinte des objectifs 3×95 en 2026, préalable à l’atteinte de l’ODD 3 en 2030. Elle a pour objectif de faire le point sur les leçons apprises dans la réponse nationale dans le cadre du post COVID 19 ; diffuser les résultats des recherches récentes effectuées au Togo, dans la sous-région africaine et dans le monde.
Le centre Diabeobe a organisé en collaboration avec des associations de lutte contre le diabète, courant juillet, des campagnes de sensibilisation pour renforcer la compréhension des populations sur le diabète et ses complications en décrétant, ce mois « mois » des enseignements sur cette maladie et ses complications.
A l’international,
Les pénuries de personnels soignants constituent aujourd’hui un véritable défi à l’échelle planétaire. Afin de contribuer à relever ces défis, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a inauguré le mardi 17 décembre, sa première Académie à Lyon, en France, en présence de nombreux responsables politiques et sanitaires venus du monde entier. Ce nouveau centre de formation à vocation internationale va proposer des milliers de cours en ligne, à la pointe de la technologie, en s’appuyant sur l’intelligence artificielle et la réalité virtuelle.
Le 31 mai, la Soixante-Dix-Septième Assemblée mondiale de la Santé a indiqué être consciente que les changements climatiques constituent une menace imminente pour la santé mondiale, en adoptant une résolution dans laquelle elle souligne la nécessité urgente de prendre des mesures décisives pour faire face aux risques sanitaires profonds posés par les changements climatiques. La résolution, soutenue par les États membres, donne un aperçu de la menace existentielle que font peser les changements climatiques sur la santé humaine. L’Assemblée de la Santé affirme qu’une action radicale est impérative pour préserver la santé de la planète, soulignant l’interdépendance entre la durabilité environnementale et la santé publique à résolution, soutenue par les États membres.
Une étude publiée le mercredi 13 novembre dans la revue Lancet révèle que la fréquence du diabète a doublé dans le monde depuis une trentaine d’années, une tendance qui affecte en premier lieu les pays les moins riches. Sur le continent africain, plus de 24 millions d’adultes vivent avec cette maladie chronique grave. Un chiffre largement sous-estimé par manque de dépistage. Mais l’accès à l’insuline reste un problème majeur, notamment parce que la poignée de fabricants de cette hormone est en situation de quasi-monopole. Médecins sans frontières (MSF) appelle les géants pharmaceutiques à prendre des mesures urgentes indiquant que trois grandes sociétés, contrôlant la quasi-totalité du marché, font gonfler les prix et, par conséquent, restreignent l’accès des patients à l’insuline.
La 4ème conférence de l’Académie africaine de Neurologie a regroupé les 16 et 17 juillet au Sénégal, des neurologues et praticiens du continent pour échanger et se former sur les avancées dans le domaine des neurosciences. Cette conférence a permis aux participants de relever certaines inquiétudes de cette année dont les accidents vasculaires cérébraux (AVC) qui sont en hausse. Ils ont souligné que les AVC touchent désormais une population de plus en plus jeune, au point de parler de véritable problème de santé publique à l’échelle continentale.
Le jeudi 12 décembre dernier, le directeur général du Center for Desease Control (CDC) ou Centres pour le Contrôle la Prévention des Maladies en Afrique, Jean Kaseya a fait savoir que le continent a signalé depuis le début de l’année, 65.711 cas de Mpox autrefois variole du singe, dont 14.241 ont été confirmés, et au moins 1.237 décès. A la mi-août, le CDC Afrique avait déclaré que cette épidémie était une urgence de santé publique de sécurité continentale et peu après, l’OMS jugeait également qu’il s’agissait là d’une urgence de santé publique de portée internationale, activant son niveau d’alerte mondial le plus élevé pour la deuxième fois en deux ans.






