
Tchamba, 20 mars (ATOP) – Vingt-trois cas d’abus de différentes formes sur les enfants ont été enregistrés durant ce premier trimestre dans la préfecture de Tchamba. Ces cas ont été passés en revue par les membres du cadre de concertation pour la protection de l’enfance au cours d’une séance dénommée « Conférence de cas », le mercredi 19 mars à Tchamba.
La Conférence de cas est une activité du projet « Renforcement de la société civile pour la lutte contre les violences de genre au Togo ». Ce projet est mis en œuvre à Tchamba par l’ONG Programme d’appui à la femme et à l’enfance déshéritée (PAFED) avec le financement de Plan International Togo.
Les participants ont passé en revue les différents cas d’abus tout en relevant les difficultés et défis liés à leur gestion. Ils ont également planché sur les voies et moyens pour une lutte plus efficace contre ces abus et pour une meilleure gestion des différents cas.
La présentation des cas est faite par le directeur préfectoral de l’Action sociale, Abotchi Kwaku, président du cadre de concertation. Il est assisté par M. Adamou Awal de l’ONG PAFED. Les orateurs ont relevé un cas d’abus sexuel, 3 grossesses sur mineures, un rapt de 2 filles et 5 cas de négligence, dont 4 concernant des filles. 6 enfants dont 5 filles ont été victimes de traites. En outre, le cadre a recensé 3 cas de violences, dont 2 physiques et un psychologique et 3 cas d’enfants dits sorciers.
Quelques cas d’abus
Agée de 17 ans, une jeune fille a subi la pression de sa mère pour aller en aventure au Koweït. Soupçonnant un mariage arrangé sans son consentement, la jeune fille a saisi les services sociaux qui ont interpellé et mis en garde la maman. Le projet est avorté et la fille continue ses études.
Trois enfants âgés de 10, 13 et 15 ans, accusés de sorcellerie par des proches parents, ont été confiés à un charlatan pour être exorcisés. Des démarches ont été faites par l’ONG Creuset Togo pour leur réinsertion dans leurs familles.
Deux filles de 14 et 16 ans ont été enlevées et gardées pendant un mois dans un village par 2 jeunes hommes. Après les recherches faites par la gendarmerie en collaboration avec la chefferie traditionnelle, les mineures ont été retrouvées et les auteurs déférés en prison.
Les échanges révèlent que les différents abus restent liés aux normes et croyances qui influencent la vie sociale. D’autres difficultés ont été abordées, notamment la dénonciation tardive des cas au niveau des communautés et la complexité de la gestion des cas d’abus sexuels dû à plusieurs facteurs. Les acteurs ont, toutefois, dressé un bilan positif de la collaboration qui a régné entre eux dans la gestion de ces différents cas. Ils ont défini de nouvelles stratégies pour renforcer les sensibilisations afin de réduire ces abus.
Le cadre de concertation est créé en 2011 par arrêté du ministère de l’Action sociale, avec l’appui de l’UNICEF. Il existe dans toutes les préfectures du Togo sous la coordination des services de l’Action sociale et est composé des représentants de tous les services étatiques et des membres des organisations de la société civile qui œuvrent en matière de protection des enfants.
ATOP/JK/MEK






