
Lomé, 12 juin (ATOP)- Pendant des années, la sous-région a considéré l’énergie comme un secteur, un positionnement que le président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), Serge Ekué, a qualifié « d’erreur », le mercredi 11 juin à Lomé.
« Quelle erreur ! L’énergie n’est pas un secteur. Sans énergie, il ne se passe rien. On ne peut pas mettre l’énergie au même niveau que les autres secteurs. L’énergie n’est pas un secteur », a martelé le président de la BOAD lors d’une conférence de presse devant les journalistes du Club de la presse de la BOAD et des professionnels des médias togolais, à la veille de l’ouverture de la première édition de « BOAD Development Days ».
Entouré de ses collaborateurs, M. Ekué a expliqué aux journalistes le contexte de cet événement placé sous le thème : « Financement de la transition énergétique et de l’agriculture durable : défis, opportunités et solutions ». Dans sa déclaration liminaire, il a justifié le choix de l’énergie et de l’agriculture, deux thématiques au cœur des engagements et de la stratégie de la Banque.
Cette rencontre de deux jours vise à permettre aux spécialistes et experts des domaines de l’agriculture et de l’énergie de débattre des enjeux liés à l’accès universel à l’électricité dans l’UEMOA, dans un contexte de transition énergétique, ainsi que du rôle de l’agro-industrie comme levier de souveraineté alimentaire dans l’espace sous-régional.
« L’énergie, c’est la mère de toutes les batailles. Il ne peut y avoir d’agriculture sans énergie. Il ne peut y avoir d’immobilier ou d’infrastructures de mobilité sans énergie. Il ne peut y avoir de santé ni d’éducation sans énergie. Donc, l’énergie, c’est l’alpha et l’oméga de tout », a estimé M. Ekué.
Le président a partagé avec les journalistes la vision de la Banque sur cette question énergétique, qui doit, selon lui, « redevenir le cœur de notre action, la première des priorités ». Pour y parvenir, a-t-il reconnu, il faut d’abord résoudre certaines conditions préalables, notamment l’accessibilité et la disponibilité de la source d’énergie.
« Une fois de plus, quand on sait que la moitié de nos concitoyens n’ont pas accès à la moindre source d’énergie, vous comprendrez que la priorité n’est pas la source d’énergie. La priorité, c’est l’accès à l’énergie ; ensuite, la question de la transition, et enfin, celle de la croissance durable, de l’énergie renouvelable », a-t-il soutenu.
Concernant l’agriculture, il s’est interrogé : « La Chine parvient à nourrir sa population. Peut-on continuer à dire que l’Afrique détient 60 % des terres arables du monde et que nous n’arrivons toujours pas à nourrir nos populations ? »
« Dieu a doté l’Afrique d’une qualité de terre exceptionnelle, d’un ensoleillement remarquable, et de ressources en eau abondantes. Comment faire en sorte de nourrir nos populations et d’atteindre la sécurité alimentaire ? », s’est-il demandé, tout en évoquant les enjeux liés à l’industrialisation de l’agriculture, à l’importation de produits alimentaires et d’engrais.
Pour le président et ses collaborateurs, « ces deux jours de discussion entre experts et spécialistes permettront de mobiliser toutes les forces vives de la société afin de trouver des solutions durables et innovantes aux deux secteurs, sous l’angle de la croissance et du développement durables ».
Près de 200 participants, venus de 25 pays, prendront part à cet événement unique, qui leur offrira l’occasion d’aborder des sujets transversaux au cœur du prochain plan quinquennal de la Banque.
ATOP/AJA/DHK






