
Kara, 24 juil. (ATOP) – Sur tous les lieux des luttes traditionnelles « Evala », il est fréquent de rencontrer un homme chaussé traditionnellement, habillé de peau de bête, coiffé de chapeau traditionnel et tenant un bâton et ou un balai. Qui est cet homme remarquable et que fait-il dans l’arène ? M. Boulouféi Kébalo, l’escorte de l’un d’entre eux, en parle à l’envoyé de l’Agence togolaise de presse (ATOP).
« Tchodjo » ou le prêtre traditionnel
Selon M. Bouloufèi, cet homme ainsi décrit, est le prêtre traditionnel que le Kabyè appelle « Tchodjo ». Être mystérieux, celui-ci joue un rôle capital dans la tradition pour l’initiation des « Evala », des « Kondona » et des « Akpéma ». « Il suit et contrôle tout », confie l’escorte. « Tchodjo est choisi dans la même famille, la succession se fait de père en fils légitimé suite à une initiation. Si votre ancêtre n’a pas été prêtre traditionnel, jamais vous n’aurez la chance de le devenir », affirme-t-il.
Le Tchodjo est habillé très différemment des autres personnes. « Selon la tradition kabyè, c’est la peau du singe qu’on lui revêt et qui devient son pagne. Il porte en tout temps des chaussures traditionnelles, est constamment coiffé d’un chapeau traditionnel et tient toujours un bâton et ou un balai. Ce bâton est une branche du rônier. C’est le tout emballé avec la peau de la bête tuée pour lui et le balai qu’on lui donne le jour de son initiation », décrit-il. D’après la coutume, le bâton représente sa canne. « C’est pour éviter qu’il tombe mais si cela arrivait malgré tout, il faut chercher une chèvre et procéder à une cérémonie avant de le relever », a divulgué M. Bouloufèi, ajoutant que ce bâton et le balai lui servent également de protection spirituelle, soit pour attaquer ou se défendre.
Protecteur des « Evala »
Maîtrisant parfaitement tous les rites initiatiques et doté d’un certain pouvoir mystique, le prêtre traditionnel fait ces cérémonies de jour comme de nuit et sa présence sur les terrains de lutte protège spirituellement les « Evala ». « Assis ou debout, il couvre tout le monde du début jusqu’à la fin des luttes, veillant à ce que tout se déroule bien et que les « Evala » sortent sains et saufs des empoignades », dévoile-t-il.
Selon la croyance, des manifestations naturelles surviennent à son décès. « On remarque habituellement que le vent souffle plus fort et est parfois accompagné de pluies, ce signe indique aux chefs traditionnels que Tchodjo a cassé sa pipe », a-t-il signifié. M. Bouloufèi affirme que ce sont les Kondona (les Evala ayant terminé les trois années de lutte et accompli la deuxième étape d’initiation « Waah ») qui accompagnent le défunt prêtre à sa dernière demeure.
L’escorte précise que la succession de Tchodjo porte sur le fils légitime (préparé à l’avance) parmi sa progéniture. « On ne se précipite pas dans le choix, on se donne du temps pour chercher et fouiller avant de voir celui qui est en mesure de jouer valablement ce rôle), explique-t-il.
M. Bouloufèi a fait savoir que les prêtres traditionnels ont leur patron qui est le « Grand Tchodjo ». « Son apparition donne le ton au démarrage des cérémonies », précise-t-il.
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