
Kpalimé, 30 sept. (ATOP) – Une réunion de réflexion sur l’appropriation et la gestion des services d’ophtalmologie au sein des hôpitaux s’est ouverte le mardi 30 septembre à Kpalimé. Pendant deux jours, directeurs d’hôpitaux, médecins-chefs et professionnels de la santé oculaire échangent sur les défis et les opportunités liés à l’organisation des soins ophtalmologiques dans le pays.
Organisée par le Programme national de santé oculaire (PNSO), avec l’appui du Christian Blind Mission (CBM) et le Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du développement (BMZ) à travers son programme Social Structure Fund, la rencontre réunit vingt-sept participants de différents établissements de santé. Elle vise à renforcer la gestion des services d’ophtalmologie afin d’améliorer la qualité des soins offerts aux populations.
Les travaux sont organisés autour de plusieurs sessions interactives. Elles portent notamment sur l’identification des besoins et défis des services d’ophtalmologie de niveau secondaire et tertiaire, la question de la pérennisation des acquis (construction, rénovation, maintenance des équipements), la mobilisation des ressources et la redevabilité.
Un accent particulier est mis sur l’intégration des besoins spécifiques des services d’ophtalmologie dans les plans d’action opérationnels des hôpitaux. Des présentations de cas pratiques et des échanges d’expériences permettront de capitaliser les bonnes pratiques et de formuler des recommandations concrètes.
Au terme des deux jours d’échanges, les participants devraient formuler des recommandations pour améliorer l’organisation et la performance des services d’ophtalmologie. Ces propositions viendront nourrir le plan stratégique du PNSO et appuyer la vision du ministère de la Santé, qui entend faire de la lutte contre la cécité évitable une priorité nationale.
Les soins oculaires, une priorité de santé publique
Dr Josée Nayo-Apétsianyi, directrice générale des études, de la planification et de l’information sanitaire, représentant le Secrétaire général du ministère de la Santé, a rappelé l’ampleur du défi : « Selon l’OMS, au moins 2,2 milliards de personnes à travers le monde sont atteintes de déficiences visuelles ou de cécité. Parmi elles, un milliard présentent une déficience qui aurait pu être évitée ou qui n’a pas encore été prise en charge ».
D’après Dr Nayo-Apétsianyi, le Togo n’échappe pas à cette réalité. « Une enquête menée récemment au nord et au sud du pays chez les plus de 50 ans révèle une prévalence de la cécité comprise entre 3,6 et 4,9 %, et des déficiences visuelles avoisinant les 40 %. Dans plus de 60 % des cas, la cataracte est en cause ». Face à cette situation, la responsable a souligné l’importance d’intégrer les soins oculaires dans les priorités de santé publique.
« La 73e Assemblée mondiale de la santé a invité les États à mettre en œuvre des soins de santé oculaires intégrés et centrés sur la personne. Notre pays s’inscrit dans cette dynamique avec l’élaboration du plan stratégique de santé oculaire 2025-2029, dont l’une des composantes clés porte sur la modernisation des infrastructures et équipements », a-t-elle dit.
Au nom de la directrice pays du CBM, Patrick Ekoué Kouevidjin a réaffirmé l’engagement de l’organisation : « Notre rôle est d’accompagner les unités d’ophtalmologie dans la gestion des services, des équipements et des ressources, afin de garantir des soins de qualité, en particulier aux personnes les plus vulnérables ». Pour lui, les défis sont nombreux, qu’il s’agisse d’infrastructures, d’équipements ou de financement et cette rencontre est l’occasion de réfléchir ensemble à des solutions durables.
Pour le directeur du CHP de Kpalimé, Mama Atchadé, cette réunion est une opportunité pour renforcer la gestion hospitalière : « Les services d’ophtalmologie, bien que faisant partie intégrante du paquet minimum de soins, méritent plus d’attention, tant en termes d’équipements que d’infrastructures ». À l’issue de ces assises, dit-il, « nous espérons que les capacités managériales et de gestion des directeurs et médecins-chefs seront renforcées, afin de rendre les services plus accessibles à nos populations ».
ATOP/ER/AYH/AJA






