
Par Elisée Rassan
Paul Mamere ne porte ni crampons, ni maillot, mais son gilet de presse lui ouvre les mêmes portes que celles des reporters accrédités de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) Maroc 2025. A 24 ans, Paul Mamere, journaliste marocain atteint de trisomie 21, fait partie des visages qui marquent cette édition du tournoi continental. Caméra en main, micro prêt à l’emploi, il couvre la compétition avec professionnalisme.
Dans les couloirs des stades, Paul attire les regards. D’abord par curiosité, puis très vite par admiration. Son aisance, son sourire et sa détermination bousculent les idées reçues. A travers sa présence sur les terrains de la CAN, il incarne une réalité encore trop rare dans les médias : celle d’un journaliste en situation de handicap pleinement acteur de l’information sportive.
Premier Marocain atteint de trisomie 21 à poursuivre des études en journalisme, Paul Mamere s’est frayé un chemin dans un univers exigeant, souvent fermé aux profils jugés « atypiques ».
Son père, Nicolas Mamere, qui l’accompagne, revienrt sur son parcours : « Paul a été un enfant extraordinaire dès son enfance. Il s’est distingué par une ténacité hors du commun. Cela m’a encouragé à l’inscrire dans des établissements français », explique-t-il. Après l’obtention du brevet puis du baccalauréat, le choix du journalisme s’est imposé comme une évidence.
« Le journalisme est cette quatrième force capable de changer les représentations sur le handicap mental. C’est un combat citoyen, un combat d’humanité. Laisser les plus vulnérables de côté n’est pas acceptable », souligne-t-il.
Une voix pour l’inclusion
Au-delà des stades, Paul Mamere est aussi influenceur et militant. A travers ses réseaux sociaux et son engagement associatif, il plaide pour une meilleure représentation des personnes en situation de handicap et pour le respect de leur dignité. Son action lui a valu d’être désigné ambassadeur de l’UNICEF, en tant que jeune défenseur de la cause des enfants.
« Paul se bat pour que les enfants ne soient plus marginalisés, pour qu’ils aient accès à l’éducation, à la dignité et à l’égalité », affirme son père. Nommé également ambassadeur de l’inclusion à Bruxelles, Paul continue de mener son combat depuis le Maroc, son pays d’origine, où il a grandi et étudié, notamment à Rabat.
A 24 ans, Paul Mamere ne cherche ni la compassion ni le sensationnel. Il fait simplement son métier, avec passion. Et par sa présence sur les terrains de la CAN, il rappelle que le handicap n’est pas une limite au talent, ni à l’engagement, ni à la légitimité professionnelle.






