Bassar, 7 avr. (ATOP) – Le nouveau bureau de la congrégation des tradipraticiens (charlatans) dénommée « B’bobi » en langue locale « N’Tcham » du canton de Bassar et de ses environs a été installé le lundi 4 avril.
Ce bureau a été élu il y a trois mois au palais royal de la ville de Bassar. Il compte treize membres et est dirigé par M. Koufam Labanté. Celui-ci, tout comme ses prédécesseurs, a un mandat à vie.
La cérémonie d’installation a été présidée par le chef du canton de Bassar, T’Ba Yawanké Bitémi-Waké Djintidja 2. Il a félicité les membres du bureau et les a appelés au sérieux dans l’exercice de leurs fonctions. Le chef Yawanké a relevé l’importance et le rôle des « B’Bobi » dans la communauté Bassar. Les B’bobi, a-t-il dit, sont « des prêtres, des prédicateurs traditionnels, capables de prédire l’avenir d’un homme ou d’un peuple dans leurs pratiques ancestrales ». Le chef a exhorté les B’bobi à sauvegarder la culture et la tradition Bassar pour un développement endogène.
Le nouveau chef a salué l’installation de son bureau, soulignant qu’elle leur donne le quitus pour démarrer véritablement leurs missions. M. Koufam Labanté compte mobiliser et sensibiliser tous les tradipraticiens pour un travail bien fait dans l’intérêt de tous.
Les tradipraticiens ou B’bobi sont seuls à danser « T’bol » ou la danse de feu qui s’exécute normalement dans la nuit de 22 heures jusqu’à 3 heures à l’aube autour et dans un grand feu fait de bois verts. Au cours de cette danse, les B’bobi prédisent souvent des malheurs ou des bonheurs qui pourraient arriver à un individu ; à une famille ou à une communauté. Ils sont aussi capables de prévenir des malédictions et de prendre des dispositions idoines pour la réalisation d’une bénédiction.
M.Koufam Labanté est le 4è président de cette congrégation. Il succède à M. Bougonou Kpapou décédé en 2001. Sexagénaire paysan, tradipraticien et guérisseur, Koufam Labanté est reconnu par les plus hautes autorités du pays. Il est membre de la Fédération Nationale des Cultes Vodous et Traditions du Togo (FNCVTT).
Il faut rappeler c’est des mésententes entre les membres de ladite congrégation qui ont empêché l’élection d’un nouveau chef après le décès de M. Bougonou en 2001.
ATOP/SKP/DHK






