Lomé, 12 août (ATOP) – Vingt femmes de la région Maritime guéries de la fistule obstétricale et du prolapsus génital ont reçu des kits en nature de la branche togolaise de l’ONG Women in Law and developement in AFRICA (WiLDAF-Togo) pour leur insertion, le jeudi 11 aout à Lomé, à l’issue d’une formation de deux jours sur leurs droits et la gestion des activités génératrices de revenus.
La fistule obstétricale est l’une des lésions les plus graves et les plus dangereuses susceptibles de survenir lors d’un accouchement. Il s’agit d’une perforation entre le vagin et la vessie ou le rectum due à un arrêt prolongé du travail en absence de soins obstétricaux. Le prolapsus génital ou génito-urinaire communément appelé ‘’descente d’organes‘’, lui, se caractérise chez la femme par le glissement vers le bas, dans le vagin, d’un ou plusieurs organes pelviens situés dans le bassin. Ceux-ci appuient et déforment la paroi génitale jusqu’à s’extérioriser au-delà de la vulve.
Au Togo, nombre de femmes sont victimes de ces maladies mais éprouvent des difficultés à en parler ou à se faire prendre en charge. WiLDAF-Togo par ses actions de sensibilisation a amené des femmes à briser le silence. La branche togolaise de l’ONG a également mobilisé des partenaires pour la prise en charge des malades à travers une chirurgie appropriée. Au total, 700 femmes sont guéries de ces maux, et peuvent renouer avec leurs activités économiques.
Pour permettre la réinsertion des femmes en question et promouvoir leur autonomie financière, WiLDAF-Togo a initié le projet « Relance économique et leadership des femmes guéries de la fistule obstétrique et le prolapsus génital dans la région Maritime ». Celui-ci est financé à 10 milles Euros par le Fonds pour les femmes francophones dénommé en Ewé (XOESE) pour promouvoir l’autonomisation des femmes concernées.
Les kits en nature, selon les directives du bailleur, sont constitués de divers articles représentant l’activité que chaque femme bénéficiaire exerçait avant de l’arrêter pour raison de maladie. Ils sont composés, entre autres, de céréales, produits manufacturiers, des pagnes ou encore des vêtements, d’un montant uniforme de 50 000 Francs CFA. Les 20 bénéficiaires s’ajoutent à 300 autres déjà prises en charge par le ministère en charge de l’action sociale. Le reste devra patienter, le temps de trouver d’autres financements.
Renforcement des capacités des bénéficiaires
Avant de remettre les kits, WiLDAF-Togo a procédé au renforcement de capacités des femmes bénéficières. Le modules ont porté sur les droits humains et de la femme et sur la gestion des activités génératrices de revenus rentables. La finalité est d’amener ces femmes à jouir pleinement de leurs droits, de promouvoir leur autonomie financière et de faciliter leur réinsertion après la période de maladie qui les a coupées de toute activité économique. Les participantes se sont également familiarisées avec la problématique de l’équité du genre indispensable pour un développement harmonieux et durable.
La présidente du conseil d’administration de WiLDAF-Togo, Mme Dadjo Mawule épouse Balé s’est réjouie de la coopération et l’adhésion des femmes malades dans tout le processus ayant conduit à leur guérison. Elle a expliqué que les kits sont des prêts renouvelables par les bénéficiaires elles-mêmes avec un accompagnement de l’ONG à travers un suivi pour que le projet ne soit pas détourné de ses objectifs.
Mme Dadjo a également fait savoir qu’en octobre prochain, une nouvelle campagne sera lancée pour repérer des malades qui ne sont pas pris en charge. Elle a remercié les partenaires de WiLDAF-Togo pour leur accompagnement, se réjouissant, par ailleurs, des thématiques choisies pour la formation.
ATOP/TF






