
Lomé, 17 fév. (ATOP) – Les travaux du 4e forum des médias sur le VIH en Afrique de l’Ouest et du Centre ont été restitués aux journalistes le vendredi 17 février à Lomé.
Cette restitution organisée par la branche togolaise du Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN) a permis à la coordinatrice de ce réseau, la représentante du Togo à ce forum, Mme Ambroisie Mêmèdé de partager avec les professionnels des médias, les grandes lignes de ce forum tenu du 8 au 10 novembre 2022 à Dakar en République sénégalaise.
Au total 43 journalistes et étudiants de 17 pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre ont participé à cet atelier sous la thématique : « Média, VIH, genre et droits humains dans un contexte de covid-19 en Afrique de l’ouest et du centre ». Le forum, d’après la coordinatrice locale du réseau, vise à impliquer les médias dans le repositionnement de la lutte contre le Sida et d’approfondir les connaissances des journalistes dans la lutte contre les inégalités, la prévention du VIH, la discrimination, la stigmatisation, les droits humains et le genre en période de Covid-19.
En organisant cette activité, explique Mme Mêmèdé, le REMAPSEN entend remettre au centre de l’actualité médiatique africaine, l’ensemble des préoccupations définies dans le rapport actualisé de l’ONUSIDA qui révèle qu’en 2021, « 650.000 personnes décès évitables ont une cause liée au sida, soit 1 décès par minute ». Dans sa présentation, elle a indiqué que le rapport mondial actualisé de l’ONUSIDA affirme que les personnes vivant avec le VIH sont plus vulnérables à la Covid-19, mais que « le creusement des inégalités les empêche d’accéder aux vaccins contre la Covid-19 et aux services de lutte contre le VIH ».
A travers ce forum, dit-elle, « il s’agit de remettre la question de VIH sur le tapis, d’éveiller la conscience des populations et des médias parce que si nous ne communiquons pas assez, si nous n’invitions pas au changement de comportement, nous allons perdre les acquis de la lutte contre le VIH ». Aujourd’hui, poursuit-elle, il est inadmissible qu’on puisse continuer par enregistrer des bébés infectés du VIH. Si ces cas se produisent encore, regrette-t-elle « c’est qu’en amont, des mamans ont échappé à la prise en charge à cause de la discrimination ou la stigmatisation qui continue ». Mme Mêmèdé a interpellé les médias dans leur rôle, « nous sommes les personnes responsables de la sensibilisation, apporter la bonne information, la vraie information et aussi lutter contre l’infodémie qui accompagne la pandémie ».
Le chargé de communication au Secrétariat permanent du conseil national de lutte contre le Sida et les infections sexuellement transmissibles (SP CNLS-IST), Eddi Keoula a présenté également le rapport de la revue à mi-parcours du Plan stratégique national (2021-2025) du pays. « La pandémie a créé un flou autour de la lutte contre le VIH, ce qui fait qu’on n’attend plus parler de cette maladie et nous craignons vraiment que les indicateurs ne virent au rouge. Nous parlons de la Covid 19 mais n’oublions pas que le sida est toujours là et les gens sont en train de se livrer à des comportements inadéquats et peuvent contracter le VIH », a dit M. Keoula. Il a exhorté les professionnels des médias à faire des émissions au quotidien pour parler encore plus de la lutte du VIH dont le taux de prévalence est de 2,5 % dans le pays.
Le représentant du ministre de la Communication et des médias, M. Yidi Comlan Justin a invité aussi les journalistes à renforcer la sensibilisation sur cette thématique dans les différents médias et plaidé pour l’organisation d’un atelier au profit des journalistes sur ce sujet sensible. Il a émis le vœu que les actions ne se limitent pas à cette restitution mais qu’il soit plutôt le déclic à d’autres activités.
Le REMAPSEN, une organisation professionnelle des médias africains, présent dans une vingtaine de pays, a vu le jour en juin 2020. Son ambition est d’outiller les journalistes pour une contribution efficace à la lutte contre les problèmes de santé en Afrique et lutter à réduire le déficit de communication entre les décideurs et les populations.
ATOP/AJA/KYA






