
Par Yébovi Mawouli
« L’eau c’est la vie » dit-on souvent. Selon le chef section assainissement à la direction régionale de l’hydraulique, Wadja N’Lumba, elle représente 70% des composants du corps humain. L’eau véhicule les nutriments essentiels au bon fonctionnement de l’organisme et concourent également à la bonne gestion des activités des ménages.
Cette denrée indispensable connait aujourd’hui des crises de rareté ou de pollution qui ralentissent le bien-être de l’homme. Les populations de Haho, surtout celles du monde rural font entendre leurs voix sur la qualité de l’eau consommée et les menaces récurrentes liées à leur santé.
Au regard des dangers imminents à la crise de l’eau, des autorités locales ont eu recours à la sensibilisation sur la protection des sources d’eaux potables, des actions novatrices sur la lutte contre la défection à l’air libre et les mesures d’incitation à l’utilisation judicieuse de l’eau dans les ménages afin de conserver et protéger les ressources naturelles pour des générations futures. Quelle est l’origine de cette rareté, ses conséquences sur les ménages et les solutions immédiates ?
L’origine de rareté de l’eau et de sa pollution
M.Tegbere Joseph, directeur de la météorologie Haho explique que la rareté de l’eau est souvent due au manque d’une pluviométrie acceptable au cours de l’année. Ce qui fait que les cours d’eaux tarissent facilement justifiant le manque de retenue d’eau ou barrages dans la localité. Les robinets de la Togolaise des eaux (TdE) ne donnent que des jets d’air à certains moments.
Pour les agents de la protection de l’environnement, c’est plus l’action de l’homme qui est l’épicentre de la rareté de l’eau. Le directeur préfectoral de l’environnement Haho, Alédi Palakyeme estime que « les coupures anarchiques des arbres est la principale cause du manque d’eau. L’eau est rare à cause de la pluviométrie faible par ce que les arbres capables d’attirer les pluies sont souvent anéanties par les actions humaines ».
Le chef section assainissement à la direction régionale de l’hydraulique, Wadja N’Lumba, précise que « la rareté de l’eau potable est aussi liée à la pollution ». Il indexe l’homme dans son comportement irrationnel. Il est le principal auteur de la pollution de l’eau. « Autre que les coupures anarchiques des arbres, beaucoup se livrent à la défécation à l’air libre le long des nappes d’eau. D’autres encore y pratiquent des cultures et les irriguent avec des produits chimiques. Certaines personnes jettent des eaux usées dans le barrage. Il y en a qui font la pêche traditionnelle en éliminant les poissons avec des produits chimiques. » a-t-il soutenu.
Le chef d’agence de la TDE Haho, Ougane Nakoudja affirme que les eaux des ménages et les ordures que nous jetons dans des endroits inappropriés retournent dans les nappes par l’intermédiaire des eaux de ruissellement. Les clubs des mères de la Croix rouge togolaise section Notsè a relevé dans un sketch sur la pollution de l’eau que le phénomène est historique. Selon les acteurs, « Nos mères protègent les eaux recueillies dans les fontaines ou les rivières en n’y mettant des feuilles d’arbres or ces feuilles ou tiges contiennent des poussières et des microbes. De plus nos mamans reversent le reste de l’eau qu’elles ont bu dans le contenant. Ces pratiques se sont révélées problématiques en termes d’hygiène de l’eaux ».
Ces actes multiformes de rareté et de pollution de l’eaux n’ont-ils pas de graves incidences sur le bien-être des ménages et celui des populations ?
Conséquences sur les ménages
L’eau c’est la vie, mais l’eau pollué ne l’est pas, doit-on aussi reconnaitre. Le drame des eaux inappropriée dans les ménages se présente en grande partie sous forme de malaises pris sous des facettes. « Les eaux de surface comme les rivières et les barrages, et les eaux de souterraine comme des forages et les puits débouchent dans les ménages. En les consommant sans un traitement préalable expose les populations aux diverses maladies. » a confié Codjo Ruth agent de suivi évaluation de l’ONG belle-Porte de lutte pour la protection de l’environnement dans le Haho.
L’assistant médical du CMS Asrama, Kéwu Mawuko a indiqué que les maladies hydriques comme le choléra, la dysenterie, les maux de ventre, la fièvre typhoïde, les hépatites, les tumeurs et les cancers viennent des eaux polluées. Il a ajouté qu’elles affectent la vie des enfants, détruisent les activités économiques, socio-culturelle et régressent le développement. C’est qui fait, selon lui, que plusieurs bras valides sont malades et sont loin de vaquer à leurs occupations.
L’assistant a précisé que « Les eaux polluées créer un problème de traitement adéquat et augmentent les coûts pour les ménages. Ces eaux rendent les barrages et rivières impropres et donnent des odeurs nauséabondes tout en rendant l’environnement malsain ».
Le prêtre de l’église catholiques Saint Pierre et Paul de Notsè, Gbodza Prosper a souligné que la responsabilité revient aux acteurs de l’eau, d’éduquer des populations sur les techniques de protection des sources d’eau et les conditions nécessaires pour les rendre potables.
Les solutions immédiates
Les autorités communales de la préfecture de Haho sont conscientes du problème de l’eau et le phénomène de pollution des nappes. Le maire de Haho 4, Badombéna Wata a accusé les populations de Haho d’être responsables des actes de pollution de l’eau, lors de la journée mondiale de l’eau le 22 mars dernier. Il les a exhortés à proscrire de leur quotidien des comportements visant à polluer les nappes et à détruire les barrages. « Nous allons poursuivre la sensibilisation dans les coins et recoins de nos communes pour résoudre le problème de pollution », a-t-il dit.
Le responsable des ONG des communes de Haho, Assogba Kodjo a expliqué que la rareté de l’eau a pour racine, le manque d’équipements adéquats pour desservir les ménages. « Les attroupements autour des forages ou fontaines publiques et des transports sur de longues distances et dans des conditions inappropriées créent la crise et la pollution de l’eau », a-t-il poursuivi.
L’adjoint au maire de Haho 2, Attiogbe Akossiwa trouve que la résolution du manque d’eau passe fondamentalement par la mise en œuvre des projets d’assainissement, notamment la création des toilettes publiques et des forages de proximité pour les ménages afin de réduire la pollution et donc la problématique du manque d’eau potable.
La réalisation des forages et l’extension des branchements dans les ménages
La TDE Haho a réagi par la réalisation d’un château d’eau et des branchements dans les ménages pour lutter contre la pénurie d’eau dans les communes de Haho dans le cadre du projet : « Amélioration de la gouvernance urbaine et de l’ouverture sociale dans les communes de Haho ». Ce projet prévoit également les ouvrages d’assainissement pour la lutte contre la défécation à l’air libre afin de contribuer efficacement à l’éradication de la crise et pollution d’eau.
Le phénomène du manque d’eau et sa pollution interpellent tous les acteurs de l’action sociale et de protection de l’environnement. Les ménages seront toujours conscientisés tant que la crise perdure.






