
Kara, 11 juil. (ATOP) – L’édition 2024 des luttes traditionnelles initiatiques en pays kabyè dans la préfecture de la Kozah démarre le samedi 13 juillet pour une semaine de compétition. L’évènement a été annoncé dans l’après-midi du vendredi 5 juillet avec la descente officielle du souverain sacrificateur (Tchodjo) à Pya Lao.

Ainsi du 13 au 21 juillet 2024, selon le calendrier arrêté, les cantons de la préfecture de la Kozah et celui de Agbandé-Yaka dans Doufelgou qui font les luttes traditionnelles vont vibrer au son des chants et danses dans les différentes arènes aménagées pour les manifestions. Le coup d’envoi officiel sera donné le samedi à l’EPP Kagnalada à 9 h 30 dans le canton de Pya (commune Kozah 2), avec la confrontation entre Lao-Haut et Lao-Bas. A même moment les préliminaires se déroulent également dans les cantons de Yadé, Bohou, Sarakawa et dans celui de Yaka (Doufelgou).
Durant une semaine d’intenses vibrations, les populations locales, les autorités du pays, les visiteurs et spectateurs tous azimut vont vivre de belles manifestations spectaculaires de démonstration de force, de tactiques d’endurance, d’attaque, de ruse et d’agilité que vont livrer les jeunes initiés (Evala) et les plus jeunes (Ahoza) dans les arènes.


Déjà, toutes les dispositions sont prises pour garantir le bon déroulement de ces luttes traditionnelles, aux plans sécuritaire, hygiénique et alimentaire. C’est le cas par exemple de la rencontre du ministre en charge de la culture et du tourisme, Dr. Kossi Lamadokou Gbényo avec les opérateurs hôteliers et restaurateurs pour leur rappeler les normes règlementaires liées à l’accueil de la clientèle, à la gestion des réservations, à l’hygiène, la sécurité alimentaire et des personnes et de leurs biens, ainsi qu’aux techniques de services de guidage. L’on remarque également l’aménagement et la décoration des espaces verts, publics et des abords des routes, la création de nouveaux bras et buvettes, ainsi que des stands de ventes de divers articles (accoutrements Evala : castagnettes, kpandjama, éventail, flutes et autres). Le village Evala est déjà ouvert au public de Kara, le mercredi 10 juillet dans l’enceinte du site « Tilitu Lab » de Kara, face hôtel Kara.
Evala, le fraternel combat psychique

Selon l’Académie Kabyè, dans son document Evala 2022, en pays Kabyè, les luttes traditionnelles des Evala, que l’on peut qualifier de ’’fête annuelle de la force physique totale, de ruse et de l’endurance’’, constituent des plus grandes manifestations initiatiques spectaculaires et saisissantes des jeunes garçons. Ainsi, chaque année au mois de juillet, les jeunes hommes initiés se réunissent sur des places publiques dédiées pour éprouver leur force, leur agilité et leurs techniques. Loin d’être une guerre, c’est plutôt un combat psychologique.
Cette même source explique qu’à travers ces manifestations, les jeunes initiés de la même génération se découvrent, mesurent leur capacité physique de futurs défenseurs de la cité en cas d’agression. Durant des jours avant d’arriver à la phase visuelle et spectaculaire, plusieurs autres étapes sont franchies par ces jeunes appelés à lutter dont « Evalo » ou le nouvel homme (l’adolescent ayant bénéficié du rite d’initiation à l’âge de 18 ans).
L’initiation
Ce même document nous enseigne que le jeune enfant Kabyè, fille ou garçon, dès l’âge de 06 à 16 ans est préparé pour assumer dignement son rôle de père ou de mère. A 17 ou 18 ans, le garçon subit des rites initiatiques au cours d’une cérémonie appelée « Tozou» ou « faire manger de force ». C’est au cours de ces rites initiatiques bien entendus autorisés par l’oncle du jeune garçon, que les aînés lui apprennent les secrets de la vie qui lui permettront d’accéder à la classe des adultes. A partir de ce temps, le jeune garçon initié s’appelle « Evalou » et au pluriel, « Evala ».
Le jeune Evalou lutte pendant trois années consécutives en acquérant un nouveau statut chaque année. Il a alors intérêt à bien combattre pour sauver l’honneur de sa famille, son clan et sa visibilité sociale future dans la cité après le rite sacré de « Kondotou » (ou Kondona au pluriel) qui fait de lui, un Kondo à la 5ème année appelée ‘’Waa’’.
Somme toute, la période des luttes traditionnelles initiatiques en pays Kabyè, est un moment de retrouvailles et de communion avec les ancêtres, une occasion de rencontres entre filles et garçons du peuple kabyè qui reviennent au bercail.
Au-delà de l’aspect culturel, la période de luttes traditionnelles est un rendez-vous d’opportunités qui créent des richesses, contribuent au développement socioéconomique du pays et de la région Kara en l’occurrence. Ne vous laissez donc pas conter, venez voir de vos propres yeux.
ATOP/TAL/SG/TD






