
Kara, 12 juil. (ATOP) – Les hôtels de la ville de Kara et de ses environs affichent presque tous complet (pleins) à la veille des luttes traditionnelles Evala, édition 2024 (du 13 au 21 juillet). Les rares chambres encore libres peuvent se louer à des prix très élevés que le prix habituel.
Le taux d’occupation dans les hôtels oscille entre 95 et 100 %, après un tour dans une dizaine d’établissements. « C’est un très beau taux d’occupation », se réjouie Mme Essotom Clémentine, gérante d’un hôtel de la place.
« La majorité des gens ont réservé depuis déjà longtemps », indique Mme Essotom qui estime que les réservations sont faites « un mois, un mois et demi » à l’avance pour le temps des Evala.
La dizaine d’hôtels visités indique n’avoir que peu, sinon aucune disponibilité pour la période de cette cérémonie rituelle qui permet au jeune Kabyè de 18 ans de passer de l’adolescence à la classe des adultes, ce qui lui confère un statut social avec des droits et devoirs.
« Hormis la parenthèse de la Covid-19, les gens reviennent en nombre d’année en année. Ils savent qu’il faut réserver à l’avance et ils l’ont fait il y a environ un mois et demi », affirme Bazamani Gilbert, directeur du service de la clientèle d’un autre établissement hôtelier, complet depuis juin.
« Règle générale, la veille de la finale de Pya, c’est totalement plein », observe Marguérite Tchamdja, superviseure dans un hôtel, où il ne restait que deux chambres sur les 25 proposées.
Des prix très élevés
Le jeu de l’offre et de la demande s’active avec la rareté des chambres d’hôtel. Des locations pouvaient s’offrir exagérément au-delà du prix usuel, ce vendredi 12 juillet. Une chambre dans un hôtel se louant normalement à 5000 F pour la ventilée et 10000F pour la chambre climatisée. Les mêmes chambres coûtent maintenant 8000F et 13000F pour les mêmes conforts à la veille de l’ouverture des luttes. Certains endroits proposent leurs dernières disponibilités à 9000 et 14000 F.
« La plupart des hôtels, s’ils ne sont pas complets, vont l’être. A ce moment-là, moins il reste de chambres dans la ville de Kara et ses environs, plus les tarifs augmentent. Dès fois, ça peut inciter plus les gens à aller coucher à l’extérieur de la ville », relève Bazamani Gilbert.
Selon Tchéki Balakiyéme, directeur d’un hôtel, cet engouement s’explique par l’attachement extraordinaire du peuple Kabyè et de sa diaspora à sa tradition qui trouvent dans la célébration des Evala une belle occasion de retrouvailles et de divertissement ».
Un engouement qui va améliorer la trésorerie des hôtels
Le directeur se réjouit du business très lucratif généré durant cette période des luttes. « Sachant que les séjours sont payés à l’avance, cette fête va permettre de renflouer la trésorerie de nombreux hôtels qui peinaient à faire le plein les jours ordinaires », a-t-il conclu.
Les luttes traditionnelles Evala, sont l’une des célébrations initiatiques les plus importantes en pays Kabyè. Elles s’étalent sur 9 jours. Durant cette période de l’année, les fils et filles de la préfecture affluent en masse de tous les coins du pays pour renouer avec cette tradition qui attire également de nombreux touristes. Cet important flux migratoire vers Kara est une aubaine pour les hôteliers dont la presque totalité des établissements affiche déjà complet.
ATOP/MEK/TAL/TD






