
Kara, 20 juil. (ATOP) – La danse des Evala en pays Kabyè marquant l’initiation des jeunes garçons de 18 ans (Evalou) est une danse de joie. Elle diffère et a des spécificités suivant le canton dans lequel elle est exécutée. A Tcharè, la danse des Evala est marqué par un engagement physique, une technique et des messages. Ces spécificités amènent le chef de l’Etat, Faure Gnassingbé à la suivre chaque année.
Une danse d’engagement physique, technique et chorégraphique
Au cours de la danse de Tcharè, Evala, Ahoza (cadets), encadreurs et aînés, torses nus, les corps couverts de poudre, chantent et dansent durant des heures, en frappant le sol des deux pieds et en faisant vibrer tout le corps, au rythme de la musique. Dans leurs chansons, les danseurs remercient les mânes des ancêtres pour leur protection durant les empoignades. Ils expriment également leur gratitude au chef de l’Etat, Faure Gnassingbé, garant des traditions, et pour sa politique de paix, de sécurité, de développement.
Dans le canton de Tcharè, la danse est marquée par un fort engagement physique mais elle est aussi technique. M. Lèmou Ahèza, membres du comité d’organisation des Evala souligne que tout le corps est engagé dans la danse, ce qui est une expression de l’engagement intérieur du danseur qu’il extériorise et montre ainsi sa détermination. « Le Evalou indique ainsi qu’il est devenu majeur et prêt à affronter tout adversaire », a expliqué M. Lèmou. Cet engagement dans la danse est en réalité une démonstration de force, une défiance vis-à-vis de l’adversaire pour lui montrer la force, la volonté et la puissance par conséquent il a intérêt à se raviser rapidement pour éviter d’être attaqué et écrasé.
La danse à Tcharè est rythmée par les castagnettes, surtout et d’autres instruments tels que les flûtes, les harmonicas et les cors qui attisent le rythme. Sur ce plan, M. Lemou précise : « lorsque le rythme habituel tend à s’essouffler il y a le cor qui est sonné et le rythme se ravive. Ce ravivement s’explique en réalité par le fait que le corps appelle au combat et à la guerre. « Ceux qui sont prêts à s’engager dans ce combat, dans cette guerre, arborent des chiens tués pour la nourriture des Evala et expriment ainsi leur engagement, à travers la chorégraphie du corps qui associe l’art, la défiance et la puissance physique », a souligné M. Lemou.
Danse de joie pour les aînés
Sur le visage des danseurs, se lit la joie et la satisfaction d’avoir fini avec succès le cycle d’initiation. « Le succès ne signifie pas forcément avoir gagné tous les matchs de lutte mais le succès signifie qu’on est suffisamment préparé, outillé et désormais on est prêt à affronter les défis majeurs de la société, à protéger sa communauté, à affronter quelque ennemi que ce soit qui viendrait à exprimer quelque défiance que ce soit vis-à-vis de sa communauté ou de sa famille ou quoi que ce soit », a commenté M. Lèmou.
La danse de Tcharè est exécutée à tout moment de l’année et à n’importe quelle occasion festive. « Cette danse se répète même en dehors de la fête des Evala. A toutes les occasions où il y a un rythme, une occasion de danse, lorsque la danse de l’occasion particulière s’arrête la danse Evala s’invite immédiatement », a-t-il affirmé. Lors des cérémonies de dot par exemple, on joue le tam-tam traditionnel au son duquel tout le monde danse mais lorsque les batteurs traditionnels s’arrêtent et bien les jeunes enchaînent avec la danse Evala parce que c’est une danse de joie et de démonstration de force qui s’exécute à tout moment de l’année mais particulièrement dans la période des Evala.
Danse perpétuelle
La danse de Tcharè tire ses origines depuis les aïeux et personne ne saurait dire ce qui a motivé les premiers ancêtres à initier cette danse. Cependant, des générations se sont succédées mais la danse se pérennise car elle emballe tout le monde qu’on soit Kabyè ou non. « Les gens admirent vraiment et sont prêts à venir et revenir à Tcharè ne serait-ce que regarder danser les jeunes, les moins les jeunes, l’ensemble de la population ou du moins ceux qui se sont déjà préparés pour exécuter cette danse dans la joie et l’allégresse ».
La danse de Tcharè est un art marqué par un engagement physique, la technique et la chorégraphique. Elle attire beaucoup de touristes. Mais ne faut – il pas créer une école de danse traditionnelle à Tcharè ? ATOP/MEK/TAL/GKM






