
Par MINLEKIB Diane
Le projet e-ID Togo, lancé le 13 mai dernier, mobilise des milliers de citoyens à travers le pays. Dans la troisième zone (préfecture du Golfe), l’affluence dans les centres d’enregistrement reflète un fort engouement, mais révèle aussi quelques défis logistiques.
Le Numéro d’identification unique (NIU) est au cœur du projet e-ID Togo, un projet initié par l’Agence nationale d’identification (ANID) et financé par la Banque mondiale sous le pilotage de l’Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques (INSEED). Ce projet gouvernemental vise à attribuer à chaque citoyen ou résident togolais un identifiant biométrique unique, sécurisé et interopérable. Il ambitionne de moderniser l’administration publique, faciliter l’accès aux services sociaux, et renforcer la gouvernance.
Avec les centres ouverts, la phase d’enrôlement est à l’étape de la préfecture du Golfe, notamment à Lomé, après la région des Savanes. Elle s’étendra progressivement aux autres régions.
Des centres d’enregistrement débordés à Lomé
Dès les premiers jours, les centres d’enregistrement de la capitale ont été pris d’assaut par les citoyens. Devant plusieurs sites, les files d’attente s’étirent dès l’aube. À Agbalépédo, dans la commune du Golfe 5, les frustrations sont palpables.
« Je suis venue dès l’aube pour éviter la foule. Mais malgré cela, je n’ai pas encore pu obtenir ma carte, alors que je dois me rendre au marché », se plaint Madame Adélaïde, revendeuse de pagnes au grand marché de Lomé.
Même son de cloche chez Kokou, entrepreneur dans le secteur des travaux publics : « J’étais venu hier aussi, mais c’était la même situation. Aujourd’hui encore, j’attends depuis deux heures sans succès. »
Un engouement accentué par un manque d’informations
Selon un agent recenseur ayant requis l’anonymat, cette affluence s’explique en partie par l’impatience des citoyens et le manque de compréhension du calendrier d’enrôlement.
« Beaucoup de personnes viennent des autres communes, voire d’autres régions, croyant qu’elles doivent forcément s’enrôler maintenant à Lomé. Cela crée une pression énorme sur les centres du Golfe », a-t-il dit.
Face à cette situation, les autorités appellent à la patience et rappellent que le processus est progressif et couvre l’ensemble du territoire d’ici les prochaines semaines.
Un enrôlement gratuit et accessible à tous
L’inscription est gratuite et ouverte à toute personne qu’elle possède ou non une pièce d’identité. Un nouveau-né peut être enrôlé, à condition qu’au moins l’un de ses parents ait déjà été enrôlé et obtenu son NIU, afin de prouver le lien de parenté. Au cas où le nouveau-né ne dispose d’aucune pièce justificative, il est également possible de recourir à deux témoins déjà enrôlés et titulaires d’un NIU pour attester de son identité. Cette procédure ne s’applique pas uniquement aux enfants, mais à toute personne ne disposant d’aucune pièce justificative.
Pour simplifier la démarche, les autorités ont mis en place une plateforme de préinscription en ligne via le site : https://prerinscription.anid.gouv.tg. L’opération se poursuit jusqu’au 19 juin 2025 dans la phase actuelle.
Un acte citoyen au service de la modernisation
Au-delà de son aspect technique, le projet e-ID Togo représente un acte de citoyenneté. Il constitue une base essentielle pour garantir le droit à l’identité, renforcer la participation démocratique et favoriser une administration publique plus performante.
Pour les citoyens, c’est aussi une opportunité d’intégration sociale et économique. Le NIU sera nécessaire pour accéder à divers services comme la santé, l’éducation, les aides sociales ou encore l’inscription sur les listes électorales.
Un projet ambitieux à accompagner
Si l’affluence observée dans les centres d’enrôlement témoigne d’un engagement massif des populations, elle souligne également l’urgence d’une meilleure communication et d’un renforcement logistique.
À l’échelle nationale, la réussite du projet e-ID Togo dépendra autant de l’organisation technique que de l’adhésion des citoyens. Un défi que les autorités togolaises semblent prêtes à relever.






