La détérioration progressive de l’environnement dans la préfecture de l’Anié, notamment la déforestation, la dégradation du couvert végétal, la pollution des rivières contribue fortement aux changements climatiques. Cette situation s’explique par l’action de l’homme sur l’environnement. Pour remédier à ce problème environnemental et sauver la population, il s’avère nécessaire d’instituer une collaboration entre les différents acteurs impliqués dans la lutte contre les changements climatiques.
Au Togo, le gouvernement a jugé important de mener des actions concertées avec les communautés à la base et les partenaires techniques et financiers pour créer et développer des forêts communautaires et par ricochet lutter efficacement contre les changements climatiques. « Cette action gouvernementale est mise en application dans la préfecture de l’Anié dont les autorités ne ménagent aucun effort pour la sauvegarde de l’environnement », a confié le préfet, Ezoula Agoro Balabawi.
Selon les données statistiques de la direction préfectorale de l’Environnement de l’Anié, depuis les années 1960, la préfecture de l’Anié était une zone forestière et riche en faune. La population pratiquait une agriculture traditionnelle sans effet néfaste sur l’environnement. « A partir des années 1990 à nos jours, cette zone forestière est en dégradation continue du fait de l’action de l’homme sur l’environnement. Le constat est très alarmant : on note, entre autres, la disparition progressive de la faune d’Akaba d’une superficie d’environ 12.000 hectares, la dégradation des sols, la rareté des pluies, la durée prolongée de la sècheresse, l’élévation des températures, les mauvais rendements agricoles, le tarissement des rivières », souligne le directeur préfectoral de l’Environnement, Capitaine Tagba Lakassa.
Pour le directeur régional de l’Environnement, les différents problèmes rencontrés dans cette zone ne sont rien d’autres que les conséquences des changements climatiques. « Il s’avère donc nécessaire voire impératif de sensibiliser davantage les populations et de les amener à changer de comportement et à s’engager à préserver l’environnement. Ce changement de comportement doit commencer par le contrôle de l’action humaine sur l’environnement », a-t-il poursuivi.
Actions de l’homme sur l’environnement
Le capitaine Tagba relève que les pressions anthropiques (humaines) exercées sur l’environnement à Anié se manifestent notamment par le déboisement intensif, le développement de l’agriculture extensive, l’utilisation abusive des intrants notamment des herbicides non homologués, les feux de végétation incontrôlés, la surexploitation des terres cultivables disponibles, l’extraction abusive du sable dans les rivières. Ces comportements de l’homme vis-à-vis de la nature conduisent à une dégradation accélérée des forêts et des terres dont les conséquences immédiates sont la baisse de la productivité agricole, la sécheresse, les vents violents ainsi que les incendies.
Actions des autorités locales et de la direction de l’environnement
Pour inverser cette tendance les autorités locales en collaboration avec la direction préfectorale de l’environnement ont pris très tôt des initiatives pour promouvoir la politique de reboisement instituée par le gouvernement depuis les années 1977.
Selon les données de la direction préfectorale de l’Environnement, 39 hectares des berges de la rivière Anié ont été restaurés courant les années 2020 et 2021. Des reboisements ont été également faits dans les lieux publics, les réserves administratives, les services et les écoles. Soit au total, 2.760.000 de plants ont été mis en terre au cours de cette même période. Des sensibilisations des populations sur les conséquences de la déforestation, des feux de brousses ont été faites pour un changement de comportement. « L’ambition des autorités d’Anié est de redonner à Anié ses lettres de noblesses zone riche en faune et en flore avant les troubles socio-politiques des années 1990 » précise le préfet.
Les autorités et la direction préfectorale de l’environnement prévoient et envisagent des actions tant au niveau de chaque commune qu’au niveau préfectoral. Au-delà de la pédagogie de conscientisation, d’éducation et de sensibilisation, les responsables entendent mettre en œuvre des actions et projets de promotion et de développement des forêts communautaires, la promotion de l’agroforesterie, la subvention des planteurs privées et des pépiniéristes. « Il faut aussi primer les meilleurs planteurs de chaque année et aussi envisager une compétition entre les communes de la préfecture de l’Anié sur le reboisement. Il faut par ailleurs inciter chaque quartier, village et voire même chaque famille à disposer d’une forêt. Une autre mesure est de mettre en œuvre le projet, Un village, une forêt », a précisé le préfet.
Appui des partenaires techniques et financiers
Pour la réussite de toutes ces ambitions, les autorités locales comptent sur le soutien des partenaires tel que le PNUD, la GIZ, les Etats-Unis d’Amérique, l’UE pour la création des forêts communautaires. « A travers cet appui les autorités pourront avec le concours du ministère de l’Environnement sensibiliser, réorienter et financier les groupements organisés, les hommes et femmes des communautés qui n’ont que pour activité la coupe du bois et la fabrication de charbon. Elles pourront également initier et développer le projet, Un village, une forêt », a affirmé M. Ezoula.
Concours des acteurs de l’environnement
Au cours d’une visite de terrain dans le cadre de la campagne de reboisement 2021 sur les berges de la rivière Anie, le directeur préfectoral de l’environnement, le capitaine Tagba a expliqué les efforts du gouvernement pour la promotion et la protection de l’environnement. Il a indiqué que l’ambition du gouvernement est de reboiser un milliard d’arbres à l’horizon 2030 afin de faire du Togo un pays vert et lutter contre les changements climatiques. Il a fait comprendre que pour atteindre ces objectifs un quota de reboisement de 1.666.676 plants par an a été recommandé à chaque préfecture.
Le préfet a loué les efforts du gouvernement en matière de la protection de l’environnement et invité tout le monde à s’impliquer et à se sentir concerné par le problème de l’environnement. Il a rendu un hommage au chef de l’Etat, Faure Gnassingbé pour son leadership et son combat pour assurer aux Togolais des meilleures conditions de vie tant sur le plan social, sanitaire, économique que environnemental.
Pour le maire de la commune Anié 1, Victor Atara Tfaraba, il est question d’amener les communautés à la base, à mettre fin à la coupe anarchique des arbres, à protéger les forêts communautaires et surtout à pratiquer l’agroforesterie et l’apiculture. « Pour ce faire, il faudrait signer des engagements entre les autorités locales et la communauté à la base mentionnant la cessation systématique de l’exploitation des forêts », a conclu le maire.
Par Koundjima K.Tougouma






