
Anié, 9 mai (ATOP) – Un symposium des défenseurs des droits des femmes et hommes peulhs a réuni du 6 au 8 mai à Anié une soixantaine de leaders peulhs du Togo et du Bénin pour adopter une nouvelle norme sociale favorable à leur épanouissement.
Cette activité est initiée par le Consortium d’appui au développement économique des femmes du Togo et du Bénin à traves l’Association pour un développement durable dans un monde intégrant le milieu rural (A.D.D.I.M.I.R) basée à Anié. Elle a reçu l’appui financier et technique des partenaires allemands notamment le Ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et de l’ONG Action internationale contre l’excision « INTACT » dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Contribution à l’amélioration des conditions de vie et à l’autonomisation des femmes peuhls du Togo et du Bénin ». L’objectif est de sortir ces communautés de l’ignorance en adoptant une nouvelle norme sociale pour les aider à s’épanouir.
Les travaux ont permis aux participants de prendre conscience que la norme appliquée dans leur tradition, comportait de mauvaises prescriptions nuisant à leur épanouissement. A l’issue des débats et échanges une nouvelle norme sociale a été adoptée par ces différentes communautés peuhles à travers une déclaration solennelle. Il s’agit entre autres, de la scolarisation ou l’apprentissage pour tous les enfants peuhls ; plus de mariage précoce ou forcé aux filles, plus de trafic ou traite d’enfants ; toutes les femmes peuhles ont droit à l’héritage ; elles sont libres d’entreprendre une Activité génératrice de revenus (AGR) et de gérer leurs revenus ; aucun parent ne doit plus choisir le ou la partenaire à son enfant ; la femme peuhle est libre de s’exprimer dans son foyer ou en public. La femme peuhle et son mari décideront ensemble du nombre d’enfants à avoir dans le couple.
A travers cette déclaration, les participants ont approuvé l’abandon de l’ancienne norme sociale et ont pris l’engagement de s’investir dans les comités de suivi pour vulgariser cette nouvelle norme dans leurs campements et villages pour la pérennisation des acquis du projet.
Le directeur exécutif d’ADDIMIR, Kébé Alphousséyni a expliqué que l’adoption de cette norme consiste à abandonner tout ce qui était néfaste dans la tradition et nuisait au développement et à l’épanouissement de la communauté peuhle. Il a fait savoir que ce projet découle d’autres projets de lutte contre l’excision où les leaders peuhls ont émis le vœu d’avoir un projet à leur intention. « Notre ambition actuellement, c’est d’élargir ces sensibilisations dans d’autres campements qui n’étaient pas touchés par ce projet et qui continuent de pratiquer l’ancienne norme » a-t-il laissé entendre.
La secrétaire d’un groupement de tontine venue du Bénin, Mme Mouniratou Soulé, a exprimé sa joie pour avoir beaucoup appris lors de ce symposium. « Toutes les femmes présentes à ce symposium connaissent désormais leurs droits car nous avons été sensibilisées. Nous avons découvert le réel et nous souhaitons que de pareilles sensibilisations aient lieu dans toutes les contrées du Togo et du Bénin pour faire bénéficier aussi les autres communautés » a-t-elle précisé.
M.Touré Mouhamadou, chef de campement à Tchamba, a indiqué qu’à partir de ce symposium, il a compris les notions du droit de la femme pour son épanouissement. Il a souhaité que cette rencontre soit aussi organisée dans sa localité.
Au total 492 campements ont été déjà touchés par ce projet au Bénin et au Togo.
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