
La capitale togolaise a abrité, les 3 et 4 juillet, les travaux de l’assemblée générale des actionnaires d’Africa50 et du forum infra for Africa consacrés au financement des infrastructures sur le continent. Le chef de l’Etat togolais, Faure Gnassingbé a officiellement ouvert les travaux qui ont réuni les dirigeants de plus de 70 pays dont 50 Etats africains, des représentants des institutions de financement, des partenaires en développement, des financiers et plusieurs spécialistes du continent.
Deux jours d’intenses travaux au cours desquels les différents acteurs ont réfléchi sur la mobilisation de ressources pour accélérer la réalisation des objectifs de développement durable, la lutte contre le changement climatique, les problèmes d’endettement et de déficits de financement des infrastructures sur le continent.
Ce forum, une plateforme d’investissement de premier plan dédiée aux infrastructures en Afrique est une occasion pour Africa50 de forger de nouveaux partenariats à travers la signature d’accords de co-développement et de co-financement de projets et une opportunité de mobilisation des ressources africaines pour les infrastructures. Il a été également une occasion pour le gouvernement togolais d’appeler les investisseurs et les financiers à miser sur la destination du Togo pour bénéficier de son climat d’affaire favorable.
Des solutions viables et innovantes sur la voie d’une Afrique unie

Dans son discours inaugural, le président de la République a indiqué que ces assises permettront de générer des solutions pertinentes pour répondre aux défis de la croissance et du développement du continent. Il a appelé les participants à rechercher des solutions viables et innovantes afin d’aider à progresser sur la voie d’une Afrique unie à la commande de sa destinée. « Mais il faudra aussi rester attentif à la nécessité de nouer des alliances internationales pour garantir la prospérité du continent au profit de nos concitoyens », a-t-il ajouté.
Le développement en Afrique entraine un immense besoin en infrastructures, a réitéré le président de la République. « Sans routes, sans ponts, sans ports, sans aéroports, sans hôpitaux, sans écoles, sans centrales électriques, sans réseaux d’électricité, sans réseaux de communication, sans approvisionnement en eau, il n’y a, évidemment pas, de développement possible », a relevé le chef de l’Etat. Il a souligné qu’en Afrique plus qu’ailleurs, les besoins d’infrastructures sont considérables et les chiffres, même approximatifs, sont impressionnants. Pour lui, il faut investir annuellement, plus de 100 milliards de dollars pour venir à bout de ces insuffisances.
Des panels et des signatures d’accords au cœur des travaux

Les travaux de ce forum sous le thème : « Bancable, évolutif, reproductible » sont axés, entre autres, sur des plénières relatives au « défi technologique de l’Afrique : connecter un milliard d’habitants ; La mobilisation des capitaux institutionnels : les investisseurs africains aux commandes ; Exploiter les partenariats pour la production d’énergie solaire en Afrique ; et Togo : la nouvelle star de l’Afrique ». D’autres panels ont abordé des thématiques comme « Le financement dans une nouvelle ère : naviguer dans l’incertitude et dans un environnement de taux d’intérêt élevés ; Renforcer les réseaux électriques en Afrique – l’investissement dans les PPP pour les lignes de transport d’électricité ; Transport et logistique – la base pour débloquer et réaliser la vision de la ZLECAf (Zone de libre-échange continentale africaine) et Une vision différente : l’avenir de l’Afrique, réimaginé ».
Le président du conseil d’administration d’Africa50, Dr. Akinwumi Adesina, président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a indiqué que les discussions ont porté sur « la question de savoir comment débloquer davantage de ressources à l’échelle mondiale pour accélérer la réalisation des Objectifs de développement durable, lutter contre le changement climatique, résoudre les problèmes d’endettement auxquels sont confrontés les pays et combler les déficits de financement des infrastructures dans le monde ».


« Nous pouvons faire beaucoup plus pour combler le déficit en infrastructures en Afrique qui la plupart ne sont pas encore construites, nous avons une excellente opportunité de construire des infrastructures vertes et de verdir celles existantes. L’Afrique dispose d’un énorme potentiel en matière d’énergies renouvelables », a poursuivi Dr. Akinwumi. Pour lui, l’Afrique aura besoin de 277 milliards d’USD par an jusqu’en 2030 pour atteindre ses objectifs en matière de financement de la lutte contre le changement climatique et stimuler la croissance verte, conformément aux contributions déterminées au niveau national. « Notre objectif principal est de contribuer à combler le déficit de financement des infrastructures en Afrique, qui est de l’ordre de 68 à 108 milliards de dollars par an », a-t-il dit.
En marge des travaux, plusieurs signatures d’accords sont intervenues entre Africa50, l’Etat togolais et des institutions du secteur privé. Le Togo a signé un accord sur le « Projet de recyclage des actifs : Route Lomé-Kpalimé ». Le directeur général d’Africa50 a paraphé d’autres accords relatifs au « Projet Recyclage des actifs du pont de la Sénégambie », aux Fonds d’accélération des infrastructures d’Africa50 et un protocole d’accord avec ISA (International Solar Alliance), une organisation intergouvernementale avec pour ambition de mobiliser plus de 1.000 milliards de dollars d’ici à 2030 pour le déploiement massif de l’énergie solaire. Un protocole d’accord est également intervenu entre Africa50 et la BOAD.
Un appel aux investisseurs à « miser sur le Togo »

Le Premier ministre, Mme Victoire Tomégah-Dogbé a invité les investisseurs et les partenaires à « miser sur le Togo » lors du panel sur « Togo, la nouvelle star de l’Afrique ». La cheffe du gouvernement a exposé les atouts, les ambitions et les opportunités offerts par le pays pour la création de richesse et la relance de la croissance économique en Afrique de l’ouest.
Les secteurs prioritaires du Togo sont retracés dans la feuille de route gouvernementale 2020-2025 qui met l’accent sur un certain nombre de réformes clés et des projets structurants permettant de sécuriser les investissements. Les trois axes de cette feuille de route sont relatifs à l’inclusion sociale, la modernisation et la création d’emplois. Pour la cheffe du gouvernement, ce dernier axe est essentiel et prend en compte des secteurs comme l’industrie, l’agriculture et les infrastructures de soutien à la croissance.
Le Premier ministre a indiqué que le Togo se positionne particulièrement sur l’agroalimentaire et le textile. « Nous avons créé une plateforme industrielle pour offrir l’écosystème qu’il faut pour que les industries qui peuvent se délocaliser le fassent de manière aisée. Nous sommes convaincus que pour le faire, il nous faut une bonne assise, c’est-à-dire une politique industrielle cohérente adaptée à nos ambitions », a-t-elle mentionné. Dans la filière textile, dit-elle, sur les deux dernières années, il y a eu un peu plus de 2000 emplois pour les jeunes.
L’accord de recyclage d’actifs sur la route Lomé-Kpalimé
La cérémonie d’ouverture a été marquée par la signature d’accord de recyclage d’actifs sur la route Lomé-Kpalimé. Un accord paraphé par le directeur général d’Africa50, Alain Ebobissé, le ministre de l’Economie et des Finances, Sani Yaya et la ministre des Travaux publics, Zouréhatou Kassah-Traoré.
A travers cette entente public-privé, le Togo cédera l’exploitation et l’entretien de la route à Africa50 qui cherchera un partenaire technique pour la gestion de l’infrastructure. En contrepartie, « le pays se voit libéré, de tout ou partie, de la dette liée à la construction de la route. L’objectif poursuivi par l’exécutif est de dégager une marge de manœuvre budgétaire, en vue de la mobilisation d’autres financements ».
Pour le ministre de l’Economie et des Finances, le recyclage d’actifs « consiste à refinancer l’actif, qui existe déjà ou en cours comme c’est le cas de la route Lomé-Kpalimé et ayant été déjà financé par d’autres bailleurs. L’idée est d’apporter une ressource additionnelle à l’Etats pour pouvoir financer d’autres actifs ».
Le Fonds d’accélération des infrastructures d’Africa50

En marge des travaux, 17 investisseurs institutionnels du continent dont la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) du Togo ont signé avec Africa50, un accord relatif aux Fonds d’accélération des infrastructures.
Le Fonds d’accélération des infrastructures d’Africa50 axé sur le secteur privé vient compléter l’offre d’Africa50 en matière de développement et de financement de projets. Il met en œuvre une stratégie d’investissement conçue pour mobiliser des fonds auprès d’un pool d’investisseurs différent de la base d’investisseurs actuelle d’Africa50, ainsi que pour créer des synergies au sein d’Africa50. L’objectif est de lever 500 millions USD en plusieurs étapes, pour réaliser des investissements à travers l’Afrique.
Pour le directeur général de la CNSS, Mme Ingrid Awadé, à travers cette signature, son institution « amorce une nouvelle page de son histoire du fait que nous investissons pour la première fois dans une infrastructure étatique ». D’après elle, cette nouvelle orientation de la Caisse nationale de sécurité sociale du Togo relève de la volonté politique de l’Etat. La mission de la CNSS est de gérer le régime de sécurité sociale institué par la loi du 21 février 2011 portant sécurité sociale en République togolaise
Africa50 s’engage à relever le défi d’infrastructures sur le continent

Le directeur général d’Africa50, Alain Ebobissé a évoqué les trois piliers stratégiques de son institution qui sont : « Développer des projets bancables » ; « Financer les infrastructures » et « Mobiliser les capitaux en Afrique et à l’internationale pour le financement des infrastructures africaines ».
Africa50 en est à sa 6ème année d’opération. Sur cette période, l’institution a investi des fonds propres dans 21 projets d’infrastructures à travers 22 pays et la valeur totale de ces projets s’élève à plus de 6,6 milliards de dollars US. Africa50 compte aujourd’hui 31 pays et 3 investisseurs institutionnels africains.
Ces assises de Lomé ont permis à Africa50 de tenir l’assemblée générale des actionnaires. « L’avenir de l’Afrique se joue aujourd’hui. Notre continent abonde de ressources naturelles et humaines et Africa50 est prêt à relever le défi de créer les infrastructures nécessaires à la croissance du continent », a conclu le directeur général de l’institution.
Le président de la République a exprimé sa reconnaissance à l’équipe dirigeante d’Africa50. « A travers votre plateforme qui se distingue par l’efficacité et l’impact de ses interventions, vous administrez la preuve que notre continent est capable de générer des solutions endogènes, innovantes et pertinentes pour répondre aux défis de la croissance et du développement », a signifié le chef de l’Etat à cette institution continentale dont la mission est de combler le déficit de financement des infrastructures en Afrique.
ATOP/AJA/TD






