
Par BOULISSATOM Hessoucoma Honoré
L’Assurance Maladie Universelle (AMU) au Togo a démarré depuis le 1er janvier 2024. Elle prend en compte toutes les couches et catégories sociales. Cette réforme sociale voulue par le chef de l’Etat, Faure Gnassingbé porte sur beaucoup d’innovations et initiatives destinées à favoriser sa mise en œuvre efficace et efficiente. Parmi ces multiples innovations, vient en bonne place le décret pris en conseil des ministres en fin de l’année 2023, confiant la conduite de ce nouveau dispositif à l’Institut National d’Assurance Maladie (INAM) et à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS).
Depuis l’adoption de ce décret, ces deux entités, conformément aux orientations du gouvernement ont engagé, chacune en ce qui la concerne, des dispositions pratiques et opérationnelles pour faciliter la tâche aux populations, notamment en matière d’enrôlement, de cotisation et d’accès aux soins de santé, ainsi que la digitalisation du système et d’éducation de masse.
Alléger la tâche aux populations, une responsabilité des organismes gestionnaires
Lors des échanges avec les leaders locaux de la région de la Kara sur la mise en œuvre de l’AMU, le ministre de la Fonction publique, du Travail et du Dialogue social, Gilbert Bawara a expliqué que le souci du gouvernement et la responsabilité qu’ont les organismes gestionnaires est de faciliter la tâche à la population en prenant toutes les dispositions pour faire en sorte que les distances et les difficultés soient réduites, y compris les contenus d’enrôlement et payement des cotisations. « Nous savons que de manière générale, nous devons travailler avec la CNSS et l’INAM pour que les formalités et les contenus d’enrôlement, de paiement des cotisations et d’accès aux soins de santé soient facilités pour la population. Il faudrait éviter que, en arrivant dans un centre de santé, un parent paysan ou un artisan, qu’on lui poser des tas de questions », a-t-il relevé. Pour le ministre, les organismes gestionnaires doivent surtout travailler étroitement avec les prestataires de soins aussi bien les centres de santé que les pharmacies pour répondre à l’exigence de simplification et de rapidité des formalités et des procédures ordonnées par le gouvernement.
Dans cette dynamique de bien faire les choses, il appelle à la confiance entre acteurs de l’assurance maladie et à une utilisation responsable et raisonnable des services de santé sur le territoire national. « Nous pouvons imaginer les situations dans lesquelles certains prestataires de soins peuvent se retrouver : avoir le sentiment que quand quelqu’un vient et paye son médicament, ou à la consultation et paye immédiatement, c’est beaucoup plus facile pour lui. Mais si les prestataires de soins se comportaient de cette manière-là, ça veut dire qu’ils sont en train d’entraver ce que nous sommes en train de faire », a déploré le ministre Bawara. Il a invité néanmoins, la population à suivre les procédures établies pour bénéficier de cette ambitieuse réforme qui conduit à un renforcement et à une modernisation considérable du système de santé togolais.
La digitalisation et la simplification des procédures de gestion de l’AMU, l’INAM et la CNSS s’y attèlent
La digitalisation et la simplification des procédures de gestion ne sont pas des sujets moins importants sur lesquels les organismes gestionnaires reflètent une vision très avancée. Depuis 2012, l’institut national d’assurance maladie assure la prise en charge des agents publics et assimilés en activité et à la retraite. Aujourd’hui son champ d’intervention a été élargi aux personnes vulnérables conformément au décret de l’AMU.
Fort de son expérience en matière d’assurance maladie et engagée dans la décomplexion du système, l’INAM s’est lancé depuis un moment, dans la digitalisation de ses services et est aujourd’hui à pied d’œuvre pour simplifier davantage les procédures pour les soins des assurés a indiqué le responsable communication de l’INAM, Tébié Valentin. « Nous allons accélérer le processus. Il aura très bientôt un portail qui sera déployé auprès des prestataires pour leur permettre de faire les prescriptions et la facturation en ligne ». Il a aussi promis que l’INAM va dans un bref délai passer en grade en matière du “E-conventionnement”, pour permettre aux prestataires de soins, aux pharmaciens ou prescripteurs, ainsi qu’aux formations sanitaires publiques comme privées de conventionner, quand ils veulent, derrière un portail électronique. « À travers cette innovation, ces acteurs vont facilement remplir les formalités en ligne et les envoyer à l’INAM qui se chargera de les traiter au lieu de se déplacer », a-t-il poursuivi. Par rapport aux inquiétudes des citoyens, celles relatives à la version électronique de la carte d’assurée, M. Tébié a rassuré qu’il aura bientôt une carte digitale d’assurée INAM qui sera mise en circulation. Toutefois, indique-t-il, la version physique sera maintenue pour permettre à ceux qui ne s’y connaissent pas en matière technologique de jouir de leur droit de couverture maladie.
A ce sujet, Dr. Assima Claire, Médecin-conseil à l’assurance maladie de la CNSS a indiqué que « La CNSS est très avancée, depuis quelques années, en matière de digitalisation ». Dans cette dynamique, précise-t-elle, la CNSS a déjà mis en place des outils de prise en charge en ligne telles que les feuilles de soins et les fiches de prise en charge de façon générale. Conçue pour remplacer les documents physiques, cette innovation simplifie considérablement les démarches administratives pour les patients et les professionnels de santé, a-t-elle fait remarquer. Mais vu que toutes les formations sanitaires sur le territoire ne soient pas encore équipées en la matière, Dr Assima affirme qu’ils vont « commencer en physique et progressivement en fonction des équipements nécessaires qu’auront les structures sanitaires, nous passerons en version digitalisée pour tous ». Elle a expliqué que la carte AMU-CNSS dont la confection est en cours, sera dématérialisée et physique. « Nous pouvons l’avoir sous forme d’image sur nos portables ou en physique en fonction de la zone où l’on se trouve », a-t-elle ajouté.
L’éducation assurantielle des populations, une nécessité pour réussir l’AMU
Les efforts pour asseoir un système de digitalisation des rapports entre les assurés, les professionnels de la santé et les organismes gestionnaires d’assurance maladie universelle ne sont plus à démontrer. Cependant, l’éducation assurantielle des populations, surtout en milieu rural, demeure un impératif à prendre en considération. Sur ce, des initiatives sont en train d’être prise tant au niveau du gouvernement que des organismes gestionnaires pour une véritable couverture maladie sans contrainte. Le gouvernement s’évertue, à cet effet, à mettre à profit tous les ingrédients nécessaires.
Au cours de la séance d’information à Kara, les émissaires du gouvernement ont indiqué que des initiatives d’information seront organisées dans les préfectures, cantons et même dans les formations sanitaires pour des discussions plus approfondies, afin de mieux expliquer l’AMU et susciter l’adhésion facile des populations à la base. « Nous reviendrons souvent sur le terrain pour avoir le même genre de dialogue et d’écoute avec les populations à la base pour mieux leur expliquer le bienfondé de l’AMU, comment ça va fonctionner et comment ça marche ; mais aussi pour les écouter et nous assurer que les suggestions et les idées qui sont exprimées nous aident à bien asseoir et à mettre en application cette réforme majeure que le chef de l’Etat a voulue pour que la cohésion et l’harmonie sociales continuent à se renforcer et à se consolider dans notre pays », a dit le ministre Bawara.
A en croire les initiateurs et organismes gestionnaires, les avantages de cette réforme sociale qu’est l’AMU sont très énormes. Faut-il encore que les actions et bons comportements des uns et des autres s’invitent pour la rendre plus tenace. C’est à ce titre que tous les Togolais vont se sentir, non seulement bénéficiaires mais également et surtout premiers acteurs de la mise en œuvre et de la réussite de l’assurance maladie universelle.






