
Par KPEMISSI Essohanam
L’Agence Togolaise de Presse (ATOP) célèbre le 5 mars 2025, ses 50 ans d’existence. Créée le 5 mars 1975, l’ATOP demeure, au fil des années, de l’avis de nombreux Togolais, une référence dans l’espace médiatique national avec une offre d’articles, de photos et de vidéos très variés et qui répondent aux attentes de ses lecteurs et internautes. De nos jours, avec la percée des réseaux sociaux, l’ATOP constitue une source crédible et fiable d’informations pour des milliers de Togolais. Que pense des autorités et acteurs de développement de ce média de proximité au service des communautés locales ? Témoignages et perspectives de l’ATOP dans ce dossier spécial.
ATOP, un média de proximité et un soutien aux organes de presse locaux
Depuis un demi-siècle, l’ATOP joue un rôle crucial auprès des populations locales pour le développement harmonieux du Togo, selon plusieurs observateurs. Avec ses six bureaux régionaux et centres installés dans les chefs-lieux des préfectures, l’ATOP se veut être un média de proximité par excellence. En effet, de par ses informations impartiales, indépendantes et crédibles diffusées en temps réel, l’ATOP contribue, non seulement, à l’information et à la sensibilisation, mais aussi, à la formation de la masse sur divers sujets.

Le préfet de Tchaoudjo, Tchimbiandja Yendoukoa Douti est convaincu qu’aujourd’hui, malgré les nombreux organes de presse qui proposent des sujets variés aux populations, l’ATOP a toujours sa place. « Il me souvient bien que lorsque nous étions des élèves, c’est au niveau de l’ATOP que nous allions pour chercher des informations sur la composition du gouvernement qu’il fallait connaître en éducation civique ainsi que sur d’autres sujets. L’ATOP a fait son bonhomme de chemin et nous pouvons aujourd’hui dresser un bilan du travail qui a été abattu depuis lors », a-t-il confié. Le préfet a félicité tous ceux qui ont animé cette institution depuis les ministres chargés de l’information jusqu’aux agents de terrain insistant que le travail est remarquable et a contribué énormément à sensibiliser, à éduquer, à divertir et à former les populations. « Nous pouvons dire qu’aujourd’hui, l’ATOP fait encore du bon travail de par la variété des thèmes qui sont développés sur le plan national et international, sa présence dans les coins et recoins du territoire national et aussi par la pertinence des sujets qui sont développés », a souligné M. Tchimbiandja.
Le 1er adjoint au maire de la commune de Tchaoudjo 1, Yérima Agrégna a, également, loué le formidable travail abattu par l’ATOP depuis 50 ans au service des communautés. « Nous avons connu l’ATOP lorsque nous étions encore très jeunes avec les informations de qualité publiées dans son bulletin et reprises par les radios nationales, la télévision togolaise et la Nouvelle Marche aujourd’hui Togo Presse ». Il a, aussi, apprécié les transformations opérées au fil du temps permettant aujourd’hui à cette agence de s’adapter aux mutations technologiques. « Cette adaptation permet à l’ATOP de continuer par être sollicitée prioritairement pour la couverture des évènements sachant que ces informations transmises en temps réels seront diffusées par les autres médias publics comme privés », a confié l’adjoint au maire. M. Yérima a encouragé les journalistes de l’ATOP à ne pas changer de cap, parce que, en plus d’être « un média de proximité, l’ATOP est aussi un média du peuple, car au service du peuple », a-t-il dit.
Idrissou Sakibou Lanta, président de l’ONG « Tous unis pour un monde meilleur », basée à Sokodé, est catégorique : « L’ATOP demeure le seul organe présent dans toutes les préfectures du pays et qui permet de relayer les activités ou préoccupations des structures étatiques et non étatiques et des populations locales tout en permettant à celles-ci de s’informer sur tous les sujets ». A l’en croire, l’ATOP est, sans nul doute, l’un des premiers médias auxquels les ONG et Associations font recours pour les couvertures médiatiques. « Etant une banque d’informations, ces organisations savent que leurs activités seront relayées sur d’autres organes de presse publiques et privées », a-t-il affirmé.
Quant au président de l’association Solidarités sans Frontières, Assima Tchazolam Sébastien l’ATOP a eu un vrai impact sur le développement des régions et partant du Togo à travers ses informations touchant tous les domaines y compris, la protection et la prévention des conflits. « Dans la région des Savanes, par exemple, en fournissant des informations officielles qui expliquent où les attaques terroristes ont lieu, quelles sont les zones sécurisées, où trouver de l’aide, ATOP donne des informations qui permettent aux populations de mieux se prémunir contre les risques qui les menacent », a dit M. Assima. « ATOP sert réellement d’instrument de développement du monde agricole en relayant aux producteurs toutes les informations utiles pour accroître leurs productions », a-t-il ajouté.
M. Fofana Agoro Touré, un acteur de la société civile a, pour sa part, salué « le grand travail que fait ATOP pour apporter aux populations, une information à caractère national, plurielle, équilibrée. ATOP donne la parole à tous, sans distinction : pouvoir, opposition, femmes, jeunes, enfants, artistes, agriculteurs, commerçants, éleveurs, bref, au citoyen lambda».
Le directeur préfectoral de l’Environnement de Sotouboua, Capitaine Essodina Pidassa et le directeur exécutif par intérim de l’ONG RADAR, Sohou Joël ont salué le rôle de pionnier de l’information joué par l’ATOP dans le paysage médiatique togolais. « En 1975, lorsque les outils numériques n’existaient pas encore, ATOP était le seul média capable d’atteindre les contrées les plus reculées du Togo pour voir ce qui se passe et informer la population à travers son bulletin d’information quotidien, les radios et télévision nationales ainsi que la Nouvelle marche (Togo-presse aujourd’hui) », ont-ils témoigné.
Le coordonnateur des programmes de RADAR, Pochonessa Georges a apprécié la diligence de l’ATOP, dans la collecte, le traitement et la diffusion des informations.

Le maire de la commune de Sotouboua 1, Gnanguissa Plibam et le Directeur préfectoral de la santé (DPS) de Sotouboua, Dr Agbémadon Kokou Eliké ont, pour leur part, souligné qu’ils admirent l’Agence Togolaise de Presse par sa capacité à percer l’écoute des auditeurs à travers ses liaisons bien détaillées et bien agencées sur les radios Lomé et Kara. « ATOP est le seul média capable de nous suivre partout et de diffuser en temps réel, nos réalisations sur son site et dans son bulletin quotidien, ce qui permet de prouver à nos partenaires nos efforts dans le cadre du développement », ont-ils laissé entendre.
Le maire de la commune Blitta 1, Dazimwaï Yao Bassambadi a renchéri en soulignant que l’ATOP contribue, depuis sa création, à la visibilité des activités communales et des mairies elles-mêmes par ses couvertures médiatiques. « Je n’imagine pas nos régions, nos préfectures, nos communes, nos cantons et nos villages vivre sans l’ATOP », a-t-il martelé.

Le directeur préfectoral des Affaires sociales de Blitta, Donkor Flavien a témoigné sa reconnaissance à l’Agence Togolaise de Presse. Pour lui, cette agence a fait connaître davantage le service des affaires sociales de Blitta et toutes ses activités y compris celles menées par le cadre de concertation des acteurs de protection des enfants.
Le directeur exécutif de l’ONG Défis et Développement (2D), Tchirou-Gbèlè Bassirou apprécie le contenu diversifié des publications en ligne de l’ATOP via son site www.atop.tg et ses comptes Facebook, WhatsApp et X (auparavant twitter).
M. Baragou Kossi, professeur de français à la retraite, a exprimé sa satisfaction en ces termes : « Grâce à l’ATOP, je suis au parfum des informations régionales et nationales. Je ne m’ennuis pas malgré que je sois au repos ».

Pour le maire de la commune Tchamba 1, Katafara Ousmane, l’utilité de l’Agence n’est plus à démontrer d’autant plus qu’elle est la génitrice de tous les systèmes de presse au Togo. « ATOP est le relayeur principal de l’information à la base. Là où les télévisions, radios et autres communications audio-visuelles n’arrivent pas, ATOP est présente. C’est l’organe le plus proche de l’Etat et des populations. Il nous accompagne dans tous les coins pour couvrir nos activités et le travail est impeccable », a confié le maire.
Le directeur de l’Ecole primaire publique (EPP) de N’tchourou, dans la commune Tchamba 1, Pirali Akizou, a abondé dans le même sens. Pour lui, ATOP est et continue d’être le canal d’informations le plus proche des populations. « Elle est l’organe le plus accessible en tout temps et en tout lieu. Grâce à ATOP, les associations et ONG surtout des zones rurales, arrivent à passer les informations sur leurs activités, ce qui leur donne une visibilité à long terme sur le terrain », a-t-il précisé.
M. M’Gbamou Santo, enseignant à l’IEPP Tchamba ouest, s’est, quant à lui, appesanti sur la collaboration entre l’ATOP et les radios nationales. « C’est grâce à vous que nous qui sommes dans les fermes, nous sommes informés de ce qui se passe un peu partout dans le pays. Personnellement, je ne rate presque jamais les journaux régionaux des Radio Lomé et Kara dans lesquels les correspondants des préfectures font des liaisons pour nous servir, et c’est toujours avec joie que j’allume mon poste à ces heures », a-t-il indiqué.
Comme eux, de nombreux autorités et acteurs de développement touchés ont reconnu que l’Agence Togolaise de Presse est le seul média de proximité couvrant tout le territoire national et en plus d’accès facile. Ils ont démontré l’importance du travail de l’ATOP dans le pays et ont souhaité sa pérennisation.
Tous les intervenants ont souhaité un joyeux anniversaire à l’ATOP. Pour eux, 50 ans, ce n’est pas facile. Ils estiment que le chemin a été long et que si l’agence est toujours présente, cela veut dire que les journalistes et techniciens accomplissent un travail valeureux.
Pour la bonne marche de ses activités et dans l’optique de mieux servir les populations, les orateurs ont fait des propositions pour permettre à l’ATOP de relever les défis.
Perspectives
Le préfet Tchimbiandja souhaite une revalorisation de l’ATOP. « Lorsque vous prenez beaucoup de préfectures, les bureaux ne sont plus çà, ailleurs ils sont en location ou bien ils partagent les bureaux avec d’autres services ce qui n’est pas bien pour l’information donc il faut d’abord revaloriser et reconstruire les agences togolaises de presse dans les préfectures », a-t-il expliqué. Il demande également de revoir le format présenté. « Le papier est resté le même depuis des années, çà n’accroche pas, il faut qu’on change le format, qu’on change le papier pour que ce soit beaucoup plus attrayant », a-t-il recommandé. Se fondant sur l’adage selon lequel qui trop embrasse mal étreint, M. Tchimbiandja propose que ATOP fasse des choix sur ce qu’il y a lieu de publier. Pour lui, cela permettra à l’agence de s’adapter aux temps nouveaux et de continuer pendant longtemps à jouer son rôle de pionnier sur la scène nationale et internationale.
M. Fofana dit espérer l’équipement des bureaux régionaux et centres préfectoraux en matériels de travail et roulants ainsi que leur dotation en connexion wifi permanente et à haut débit pour améliorer la qualité et l’efficacité de ses services.
Le maire de Sotouboua 1, M. Gnanguissa a souhaité une redynamisation des liaisons avec les Radios nationales pour assurer plus de visibilité des activités préfectorales et communales. Il explique que le citoyen du 21e siècle n’a plus le temps de lire ni suivre la télévision.
Le directeur exécutif de l’ONG 2D, Tchirou-Gbèlè Bassirou appelle l’ATOP à s’adapter aux mutations du paysage médiatique, notamment à travers l’intégration des technologies numériques et la diversification de ses contenus.
Le maire Katafara rappelle qu’à l’heure de la digitalisation, l’ATOP se doit d’être à la page pour ne pas être dépassée par les autres médias dans un contexte de concurrence. « Il faut renforcer le digital pour que les reportages soient disponibles en temps record sur le site de l’Agence et les réseaux sociaux, afin de permettre aussi aux autres médias de pouvoir les exploiter également à temps », a-t-il préconisé. Le maire dit espérer qu’un partenariat puisse se tisser entre l’ATOP et la municipalité pour qu’elle soit abonnée aux bulletins quotidiens.
M. M’Gbamou, enseignant à l’IEPP Tchamba ouest, dit attendre, tout comme le maire, que les informations soient diffusées le plus tôt possible pour que les populations à la base sachent en temps réel ce qui se passe dans le pays.
Le directeur de l’EPP de N’tchourou, M. Pirali exhorte l’Etat à renforcer le personnel dans les centres pour permettre aux agenciers d’être sur tous les terrains aux mêmes heures.
Le 1er adjoint au maire Yérima recommande à l’ATOP de vendre en bonne et due forme ses dépêches pour continuer à se moderniser. « Les Togolais achètent les presses et écoutent les radios et télés alors que c’est vous qui donnez les informations aux directeurs de ces organes mais vous vous ne vendez rien. Il faut voir dans quelle mesure, ces médias peuvent apporter quelque chose pour vous aider », a-t-il proposé.
A la célébration de ce jubilé d’or, l’ATOP a de quoi être fière de son bilan en matière de services rendus aux populations locales pour le développement harmonieux du Togo. Elle a gagné le cœur des Togolais. L’agence s’appuie sur des fondations historiquement solides à travers son savoir-faire journalistique, sa notoriété et sa crédibilité. ATOP a joué, joue et continuera de jouer un rôle important de soutien aux médias togolais. L’agence constitue souvent la seule source d’informations nationale dans un pays où les médias sont surtout locaux. Les informations de cette agence sont beaucoup reprises, ce qui aide ces médias à dépasser la vision locale des enjeux de l’actualité. Inutile de rappeler que l’avenir d’une agence de presse se construit dans l’espérance suscitée quotidiennement chez ses lecteurs. Nul doute que les acteurs d’ATOP, depuis les pionniers, ont dû faire face à de nombreux défis pour finalement construire ce canal d’informations, de formation, de cohésion sociale et de développement que chacun sait reconnaître en cette agence.






