
Fez, 24 déc. (ATOP) – Au cœur de Fès, capitale spirituelle et artisanale du Maroc, un vaste complexe œuvre à la sauvegarde de savoir-faire menacés par le temps. Implanté sur une superficie de 8 201 mètres carrés dans le quartier de Fès Jdide, le Centre de formation et de qualification dans les métiers de l’artisanat a ouvert ses portes à une délégation de journalistes africains, le mercredi 24 décembre, à l’occasion d’une visite touristique et culturelle.
Le centre forme gratuitement des jeunes aux métiers de l’artisanat, en s’assignant la mission de faire revivre des métiers en voie de disparition. Tapisserie, broderie, couture traditionnelle, sculpture sur plâtre, arts de la terre, ferronnerie d’art, poterie, tournage du bois ou encore reliure de livres anciens figurent parmi les filières proposées.
« Il y a plusieurs métiers qui étaient en voie de disparition que nous avons réussi à faire revivre, comme la sellerie pour chevaux, la reliure d’ouvrages ou le tournage du bois », explique le directeur du centre, Ahmed Aboujafar.
Un projet social porté par le Roi

Réalisé par la Fondation Mohammed VI pour la solidarité, présidée par le Roi, le centre s’inscrit dans une vision sociale. « Le but essentiel est d’aider les jeunes en difficulté, vivant dans une situation précaire, à acquérir une formation qualifiante afin de trouver un emploi ou de créer leur propre activité », souligne le directeur.
Chaque année, entre 600 et 650 apprentis sont formés, pour des cursus allant d’un à deux ans, selon le métier. 80 % de la formation est pratique et 20 % théorique. Vingt-cinq artisans professionnels y assurent l’encadrement, dans des ateliers entièrement équipés, où la formation se fait directement par la production. Des artisans externes forment également les apprentis.
« Nous avons fait venir les artisans au centre. Ils disposent d’ateliers et de matériel pour produire, et en contrepartie, ils forment les jeunes. C’est un modèle gagnant-gagnant », précise Ahmed Abou Jaffar.
Insertion professionnelle et ouverture sur l’Afrique
Au-delà de la formation, le centre accompagne les apprenants vers l’insertion professionnelle. Une cellule dédiée, des organismes de microcrédit et des structures bancaires sont présents sur place pour soutenir la création de petites entreprises artisanales.
Le centre dispose également de deux salles d’exposition, permettant aux artisans de vendre leurs productions : articles en cuir, bijoux, meubles, poteries ou objets décoratifs…
Ouvert sur l’international, le centre réserve au moins 5 % des places à des apprenants venus d’autres pays africains, favorisant les échanges culturels et techniques. « Nous accueillons des jeunes de toute l’Afrique, sans frais d’inscription ni de formation », insiste le directeur.
Cette immersion au cœur de l’artisanat marocain s’inscrit dans le cadre du programme culturel mis en place à l’occasion de la CAN 2025, qui relie sport et culture à travers plusieurs villes hôtes, dont Fez. Un parcours destiné à faire découvrir un Maroc pluriel.
ATOP/ER/AJA






