
Lomé, 22 août (ATOP) – Le Togo veut donner une nouvelle impulsion à sa coopération médiatique avec la Chine, en mettant l’accent sur la modernisation de son écosystème médiatique, le renforcement des compétences des professionnels et le développement de projets de coproduction, a indiqué la ministre de la Communication, Mme Yawa Ahofa Kouigan.
La ministre s’est exprimée lors d’un entretien audiovisuel accordé à China Global Television Network (CGTN), en marge du 7e Forum sur la coopération des médias sino-africains, organisé à Beijing du 19 au 21 août.
Pour Mme Kouigan, cette rencontre doit permettre d’explorer de nouvelles perspectives dans les relations entre les médias togolais et chinois, dans un contexte marqué par les mutations technologiques et l’évolution des pratiques professionnelles.
Trois priorités pour la coopération médiatique
Selon la ministre, le Togo entend faire évoluer sa coopération avec la Chine autour de trois principaux axes. Le premier concerne la modernisation de l’environnement médiatique, notamment du secteur public. Il s’agit, selon elle, d’adapter les outils et les pratiques aux transformations que connaît le secteur de l’information et de la communication.
Le deuxième axe porte sur le renforcement des capacités des professionnels. La coopération devrait ainsi bénéficier aux journalistes, techniciens, acteurs du numérique et autres professionnels de l’audiovisuel, à travers notamment le développement des compétences.
Le troisième volet concerne la coproduction de contenus. La ministre estime que la réalisation conjointe de productions médiatiques permettrait de croiser les regards et les approches sur des sujets d’intérêt commun.
« Le moment est venu de passer à une étape supplémentaire » dans les relations médiatiques entre la Chine et les pays africains, a-t-elle déclaré, estimant que cette nouvelle étape devrait notamment permettre d’élargir les domaines de coopération.
Pour un récit davantage centré sur une Afrique en action
Interrogée sur l’image de l’Afrique qui devrait être davantage connue à l’international, Mme Kouigan a plaidé pour une meilleure prise en compte des dynamiques positives à l’œuvre sur le continent. Elle a notamment évoqué une « Afrique qui agit », estimant que les crises, bien qu’elles constituent une réalité du continent, ne sauraient à elles seules en résumer l’image. La ministre a cité, parmi les sujets susceptibles d’être davantage mis en avant, la jeunesse, l’innovation, l’entrepreneuriat et les initiatives portées par les femmes. Cette approche rejoint, selon elle, la nécessité pour les médias africains de diversifier les récits consacrés au continent et de mieux rendre compte de ses transformations économiques et sociales.
Le numérique au cœur des échanges
La question technologique a également occupé une place importante dans l’entretien. Abordant les possibilités de coopération avec la Chine dans le domaine du numérique, la ministre a notamment évoqué l’open source comme une piste susceptible de contribuer à la réduction de certaines barrières technologiques. Elle a estimé que l’accès à des solutions ouvertes pourrait permettre aux acteurs africains de développer ou d’adapter des outils répondant davantage aux réalités locales, notamment en matière de langues et de besoins des populations. Pour Mme Kouigan, ces possibilités constituent un enjeu dans les efforts visant à réduire la fracture numérique et à favoriser une plus grande appropriation des technologies par les acteurs africains.
L’année 2026, consacrée aux échanges humains et culturels entre la Chine et l’Afrique, constitue également, selon la ministre, une occasion de renforcer les contacts entre les populations. « Le volet médiatique ne se superpose pas à la coopération. Il est au cœur de la coopération », a-t-elle déclaré, estimant que les médias contribuent à faire connaître les sociétés, leurs expériences et leurs réalités respectives. Dans cette perspective, la production et la diffusion de contenus sur la Chine et l’Afrique pourraient, selon elle, favoriser une meilleure connaissance réciproque et contribuer au rapprochement entre les populations.
Le 7e Forum sur la coopération des médias sino-africains réunit à Beijing des responsables et professionnels des médias autour des perspectives de collaboration dans un secteur confronté à d’importantes transformations technologiques, économiques et professionnelles.
ATOP/ER/KYA






