
Lomé, 12 mai (ATOP) – « La dette, lorsqu’elle est maîtrisée et orientée vers des investissements productifs, est un levier de croissance », a soutenu le gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO), Jean-Claude Kassi Brou, le lundi 12 mai à Lomé, lors de la table ronde axée sur l’agenda africain de gestion de la dette publique.
« Mal gérée, la dette devient un piège pour les générations futures », a relevé M. Brou au cours d’un panel organisé dans le cadre de la conférence de l’UA sur la dette qui se déroule du 12 au 14 mai à Lomé.
Ce panel a été animé par Claver Gatete, secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), Georges Barcola, ministre de l’Économie et des Finances du Togo, Cheikh Diba, ministre des Finances du Sénégal, Jean-Claude Kassi Brou, gouverneur de la BCEAO, Serge Ekue, président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) et Victor Hugo Guilherme, ministre de la Planification de la République d’Angola.
Ces panelistes ont abordé plusieurs thématiques notamment l’exacerbation des vulnérabilités liées à la dette, l’alourdissement du service de la dette, l’accès limité aux marchés et la contraction des apports de capitaux auxquels le continent est confronté. Ils ont mis en exergue la nécessité d’une attention et d’une action immédiate pour faire face aux pressions pesant sur la liquidité afin d’éviter une nouvelle aggravation des vulnérabilités, tout en intensifiant les investissements en faveur de la croissance économique et de la résilience climatique, dans la perspective de la réalisation des aspirations de l’Agenda 2063.
D’après les intervenants, le paysage économique de l’Afrique a connu une transformation majeure au cours des dernières décennies, s’accompagnant de son lot d’opportunités et de défis. Au cœur de ces défis, disent-ils, se trouve l’escalade de la crise de la dette dans la région, qui s’est généralisée à l’ensemble du continent, entraînant de profondes conséquences économiques, sociales, humaines et écologiques où 22 pays sont actuellement soit en situation de surendettement, soit exposés à un risque élevé de surendettement.
Pour le président de la BOAD, Serge Ekue, il y a « un problème d’indiscipline fiscale en Afrique mais si nous nous mettons dans de bonnes conditions on peut éliminer 1,6 milliard de F CFA de dette par jour ». Il a soutenu que l’Afrique a des moyens pour se développer mais tout porte à croire que les acteurs se penchent seulement sur des extractions de ressources.
Le ministre en charge de l’Économie au Togo, Georges Barcola a souligné que la question de l’endettement ne doit pas être un sujet de « honte » en Afrique. « Nous ne sommes pas les plus endettés au monde. Le problème, c’est le coût de la dette. 15% des finances publiques vont dans le payement de la dette. Avec ça, il ne reste rien », a-t-il souligné. Il a martelé que cette rencontre constitue une opportunité stratégique pour l’Afrique de défendre une position commune sur la gestion de la dette publique, de proposer des mécanismes novateurs de restructuration et de renforcer la voix du continent sur la scène internationale.
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